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L'Atelier d'écriture de Villejean

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18 décembre 2018

Je me souviens de théâtre / Jean-Paul

Hélène Builly - 00 Couverture Théâtre des Célestins

Je me souviens qu’ «Au théâtre ce soir» les décors étaient de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell.

Je me souviens que «La dame de chez Maxim» avait un fil à la patte, que "Léonie était en avance" et qu’on lui disait «Mais n’te promène donc pas toute nue !» alors qu’au «Dindon» de la farce on ordonnait «Occupe-toi d’Amélie !». Tout ça c’était chez Georges Feydeau.

Je me souviens que Georges Feydeau est devenu fou à la fin de sa vie.

Je me souviens que le père Ubu d’Alfred Jarry avait un crochet à phynance, une spirale sur le ventre et qu’il disait toujours «Cornegidouille» et «Merdre».

Je me souviens du « Chapeau de paille d’Italie » et du « Voyage de Monsieur Perrichon » d’Eugène Labiche.

Je me souviens d’une émission de télé consacrée au théâtre et présentée par Paul-Louis Mignon et Max Favalelli. Elle passait le dimanche juste avant la première diffusion de « Thierry la Fronde» sur la télé en noir et blanc. C’est dire si ça ne nous rajeunit pas. (Vérification faite, elle s’appelait «Les trois coups»)

Je me souviens que la cantatrice chauve se coiffait toujours du même côté. Cette pièce d’Eugène Ionesco a été jouée des années durant au théâtre de la Huchette à Paris.

Je me souviens de la photo de Gérard Philipe en Cid campeador sur la couverture du petit classique Larousse.

Hélène Builly - 01 verso de Couverture Théâtre des Célestins à LyonJe me souviens de :
- Ôte-moi d’un doute. Connais-tu bien don Diègue ?
- Oui.
- Parlons bas, écoute.
Sais-tu que ce vieillard fut la même vertu,
La vaillance et l’honneur de son temps, le sais-tu ?
- Que m’importe !
- À quatre pas d’ici je te le fais savoir.
Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées
La valeur n’attend pas le nombre des années.
- Te mesurer à moi ? Qui t’a rendu si vain,
Toi qu’on a jamais vu les armes à la main ?

Je me souviens de Barillet et Grédy et de Smith et Wesson mais je ne suis pas certain qu’il y ait un rapport entre eux. Oui, je suis un drôle de pistolet.

Je me souviens qu’il existe une cérémonie au cours de laquelle on distribue des récompenses appelées «Molière» aux acteurs, actrices, metteurs en scène et professionnels de la profession. Et aux écrivains, on distribue des Proust ?

Je me souviens de Sarah Bernhardt. Elle avait, de son vivant, acheté un cercueil dans lequel elle dormait.

Je me souviens des pièces de Jérôme Deschamps et Macha Makéieff avant qu’ils ne créent la série "les Deschiens" sur Canal +. Elles avaient pour titres «Les pieds dans l’eau», «C’est magnifique», «les Frères Zénith», et surtout «Lapin chasseur» qui racontait la vie d’un restaurant en deux spectacles donnés à la suite l’un de l’autre. Le premier était vu côté cuisine, l’autre côté salle.

Je me souviens que le film «Huit femmes» de François Ozon est tiré d’une pièce homonyme de Robert Thomas.

Je me souviens de «Du vent dans les branches de sassafras» de René de Obaldia.

Je me souviens qu’à la bataille d’Hernani il n’y a eu ni gilets jaunes ni jets de grenades lacrymogènes mais que ça a fait du bruit quand même.

Je me souviens que Samuel Beckett a écrit «En attendant Godot». Godot n’arrivait jamais. Godard, si, hélas !

Je me souviens de n’avoir jamais vu de pièce d’Henrik Ibsen.

Hélène Builly - 57 Opening nightJe me souviens de «Je tâte votre habit, l’étoffe en est moelleuse», de «Couvrez ce sein que je ne saurais voir», de «J’ai beau être dévot je n’en suis pas moins homme» et de «Laurent serrez ma haire avec ma discipline !».

Je me souviens de « Nous partîmes cinq cents mais par un prompt renfort nous nous vîmes trois mille en arrivant au port ».

Je me souviens qu’il y avait un côté cour et un côté jardin pour que les acteurs s’y retrouvent entre les indications "à gauche" et "à droite" du metteur en scène mais je ne sais plus si le côté cour est à gauche ou à droite ni si le côté jardin est à droite ou à gauche.

Je me souviens du trou du souffleur, de la rampe lumineuse, du rideau de scène, du pompier de service.

Je me souviens que Samy Frey a interprété, en pédalant sur un vélo installé sur la scène, les «Je me souviens» de Georges Perec.

Je me souviens de «Plus le désir s’accroît, plus l’effet se recule».

Je me souviens que «Cosi van tutte» est un opéra de Mozart mais que ça n’a rien à voir avec Cosy corner, Cosima Wagner, le savant Cosinus ni avec Ludwig Van Beethoven. D’ailleurs Cosi, ce n’est même pas un prénom !

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12 décembre 2018

Consigne d'écriture 1819-12 du 11 décembre 2018 : Acrostiches de constellations

Les collages d'Hélène Builly

 

L'animateur distribue à chacun.e trois photos issues du programme 2018-2019 du théâtre des Célestins à Lyon. Les illustrations de ce livret sont des collages de l'artiste Hélène Builly.

Il est demandé d'en choisir une et  d'écrire un mot d'une dizaine de lettres inspiré par l'image. Ce mot est inscrit verticalement sur une feuille. On continue de se laisser inspirer par l'image et l'on écrit, à la façon d'un acrostiche d'autres mots.

Exemple :

M

usicien

O

nirique

T

rip

O

scar

C

osmos

Y

ehudi

C

oncerto

L

amentation

E

trangeté

T

arentelle

T

ranquillité

E

vasion

 On écrit ensuite un texte qui se rapporte au théâtre dans lequel on inclut ces mots. On peut aussi s'inspirer du titre de la pièce qui figure au verso de l'illustration.

11 décembre 2018

Elvire Jouvet 40, Oscar Detour 15

Hélène Builly - 23 Incertain Monsieur Tokbar

Le rideau se lève sur un coin de verdure où coule une rivière mais en fait c’est plutôt un fleuve puisqu’il s’agit du Rhône. On est en plein Lyon, pas loin de l’entrée du parc de la Tête d’or. Oscar a planté sa tente Quetchua dans un petit bosquet entre le Rhône et les deux pistes parallèles réservées, l’une aux cyclistes, l’autre aux piétons, les trottinettes, électriques ou pas, ayant le droit d’hésitation-transgression pour l’instant. Il est venu là sur une motocyclette antique dotée d’un habitacle latéral (side-car) dans lequel il a mis ses maigres bagages. Il a sorti sa valise mais ne l’a pas ouverte. Il a sorti d’un coffret rouge son vieux violon et le racle. La nuit est tombée car on est en décembre et on aperçoit, dans un ciel forcément sans nuages, des étoiles et un beau croissant de lune. Il arrête de jouer, se tourne vers le public et entame son monologue en regardant le sol devant lui.

- Et alors, mes sauterelles ? Vous êtes contentes de retrouver votre ami Oscar le musicien? Je n’avais pas prévu de venir vous voir mes belles mais tous les hôtels étaient pleins ! Il parait que c’est la Fête des lumières ces jours-ci à Lyon ! Et moi je voulais voir cet événement-là au moins une fois dans ma vie. C’est que voyez-vous, il y a trop de tranquillité dans les établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes. Pour tout dire et pour parler franc sans pour autant donner dans la lamentation, on s’y emmerde ferme. Très vite on n’a plus qu’une seule idée, faire le mur !

Et pour jouer la grande évasion, rien de mieux que ma vieille motocyclette ! Steve McQueen n’a qu’a bien se tenir !

Elvire ne sait pas que j’ai conservé une clé de ma maison. Elvire, c’est ma fille. Elvire Jouvet, née Detour. Epouse de Kevin Jouvet. Rien à voir avec Louis, le théâtreux qui trouvait bizarre que l’on dise bizarre !

Et justement, c’est très bizarre, les EHPADs ! Ils sont comme nos gouvernants, ils nous prennent un peu pour des cons là-dedans. Oui, c’est vrai, on est dépendants. On nous a mis là parce qu’on n’est plus en état d’aller faire les courses, de s’occuper de notre cuisine. Mais quel intérêt de cuisiner quand il suffit d’appeler Hubert Yeats ? Mais si vous connaissez, Hubert Yeats, le poète de la tambouille ! Le Yehudi Menuhin de la livraison de plats chauds à vélo. Mais il paraît que c’est payant tout ça et que ma petite retraite ne suffisait plus à couvrir mes caprices de consommateur. Moi vous savez, j’ai toujours été comme le Belge qui met sa carte bleue dans le distributeur et qui tire de l’argent liquide. Chaque fois que je gagne, je rejoue !

Mais je m’éloigne de mon sujet. On est dépendants mais on n’est pas cons. On sait encore lire et observer. J’ai bien vu comment faire pour se barrer tranquillement de leur hospice à la noix. D’autant que c’est comme le port-salut : c’est écrit dessus : « Tapez les quatre chiffres de l’année en cours suivis de la lettre A ». Une fois qu’on a fait ça la porte du sas s’ouvre. Yapuka entrer dedans et attendre qu’elle se referme. Et là on a la suite du mode d’emploi : «Tapez ABCD suivi de *étoile ».

Là c’est la porte extérieure qui s’ouvre sur le cosmos, sur la liberté retrouvée et hop, en route pour un road-movie dont on espère qu’il ne virera pas au mauvais trip. De toute façon ce ne sera jamais pire que la soupe à la courgette ou les cours de tricot !

Il reprend son violon.

Tiens je vais vous jouer un concerto de Vivaldi, les filles !

Il joue en fait quelques mesure d’une tarentelle puis il range son violon et son archet dans le coffret rouge.

Dépendant ! Dépendant ! Moi, vous avez vu, je ne suis même pas dépendant d’une partition ! Je le connais par cœur ce morceau. Et s’ils croient que j’ai du yoghourt dans les neurones, ils se gourent. Je l’ai retrouvé tout seul le chemin de la maison. Coup de chance, Elvire n’a pas encore réussi à la vendre. J’ai mis tout ce qu’il fallait pour un long voyage dans la valise, j’ai pris la tente au cas où et j’ai retrouvé Pétrolette dans le garage. La pauvre se morfondait dans l’étrangeté grise de cet abri désert. J’ai tout refermé derrière moi et on est allés faire le plein avant de filer sur la route. En route pour une promenade onirique ! Mais si vous saviez ce que c’est devenu cher l’essence ! Et en plus, tout le long du trajet, des travaux partout ! Je ne sais pas si c’est à cause du passage à 80 km/ h qu’ils modifient les carrefours mais sur tous les ronds-points y avait des travailleurs de chantier en gilet jaune !

(Rideau) ou (à suivre ?)

11 décembre 2018

Après les colères / Anne-Françoise

Elle est assise là, à même le sol

Et derrière elle quelque chose s’envole.

Elle est perdue au milieu de nulle part.

Il fait déjà nuit, il est déjà trop tard.

Son errance a pris fin,
Elle ne poursuit pas son chemin.

Dans la nuit, l’orage broie du noir.

Hélène Builly - 21 Elvira (Elvire Jouvet 40)

Elle ressent une lourdeur, un désespoir.

Elle ne cherche pas à s’échapper
Accepte le sort, le dos vouté.

Mise à nu, elle est profondément elle,
Sans artifice aucun, naturelle.

Seule en face de l’éternité,
Il lui faut être, en vérité.

Elle a devant elle un livre posé
Qui lui fait mal, la fait saigner
Un flot immense, rouge sang,
Porté par un vent puissant.

C’est le flot de ses colères
Qui est dans ce livre ouvert.

Des colères rouge foncé,
Celles qu’elle a trop rentrées,
Ses colères brutales quand elles éclatent,
Qui lui laissent le cœur à vif, écarlate,
Des colères assassines, rouge carmin,
Qui sifflent et crachent leur venin,
Des colères lancinantes, cramoisies,
Qui ont commencé et jamais fini.

Ses colères l’ont poussée sous ces cieux violents
Elle ne pouvait plus vivre sereinement.

Ses colères, le ciel d’orage s’en charge,
Il les prend, les emmène au large.

Elle devient pâle, le sang reflue,
Une lueur paraît derrière, menue.

Elle va pouvoir tourner la page,
Laisser derrière elle l’orage,
Retrouver sérénité,
Confiance et volupté,
Ecrire dans son livre une nouvelle histoire
Où il y aura place à l’espoir.

Ecrit à partir de l' image et des mots suivants : un mot évoqué par la photo (ENVELOPPER)
puis d’autres mots ajoutés en acrostiche de ce premier mot :
Etre – Naturelle – Volupté – Echapper – Lourdeur – Orage –
Perdue – Profondément – Errance – Rouge sang

Photo d'Hélène BUILLY tirée du programme 2018-2019 du Théâtre des Célestins de Lyon 

4 décembre 2018

Consigne d'écriture 1819-11 du 3 décembre 2018 : Le jeu du personnage

Le jeu du personnage 

 

Vous allez incarner sur scène un personnage qui n’est pas vous. Nous allons choisir par collecte de vocabulaire puis par attribution au sort à chacun.e :

le métier du personnage,
un trait de son caractère,
son costume,
un accessoire,
son défaut de langage (presque tous les mots qu’il prononce commencent par une même lettre),
le lieu où il se trouve,
la date à laquelle il s’exprime.

Vous écrivez son monologue.

Si vous avez le temps, vous créez ensuite un deuxième personnage de la même façon et vous les faites dialoguer ensemble dans une deuxième saynète.

AEV 1819-11 Comédien

 

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28 novembre 2018

Consigne d'écriture 1819-10 du 27 novembre 2018 : Cours, Kennedy, le vieux monde aura ta peau !

Cours, Kennedy, le vieux monde aura ta peau ! 

 

Le hula-hoop, le chewing-gum, Elvis Presley… Les Etats-Unis nous ont apporté des tas de choses, bonnes ou mauvaises. Il vous est demandé d’en dresser la liste sous forme de trois colonnes d’un tableau. A gauche (+) ce qui vous semble un apport positif. Au centre (-) ce qui vous semble une invention déplorable. A droite (=) ce qui vous indiffère un tant soit peu.

Vous développerez ensuite plus longuement votre rapport avec un ou plusieurs de ces personnages, objets ou événements de votre liste (ou de celle des voisin.e.s).

Vous imaginerez les éléments d’une « fête des Etats Unis » qui aurait lieu sur le cours Kennedy à Rennes et au Tambour (la salle de spectacle de l’Université de Rennes 2).

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27 novembre 2018

Hula hoop ! / Jean-Paul

Hula hoop ! 

Chez moi les choses sont très simples cette semaine. Le hula hoop fait certainement partie de ces objets qui nous sont venus des Etats-Unis, une fédération d’états que nous appellerons, à la suite de notre amie Joye, les Tazunis ou La Tazunie et dont les habitants sont appelés Tazunien.nes, Américain.e.s ou Ricain.e. s, surtout pour cette dernière dénomination, par Michel Sardou !

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Comme toute population colonisatrice et impérialiste plongée en milieu hostile (???) les Tazunien.ne.s ont un goût prononcé pour le port d’armes, pour le tirage dans le tas de tout ce qui ne leur ressemble pas et pour la diffusion mondialisée de leurs inventions ou productions culturelles. Pas tous et toutes, heureusement, mais ça a été longtemps comme ça et moi, si je suis manichéen, ce jour, c’est parce que j’ai trop regardé Walt Disney !

Maintenant vous êtes comme moi, vous êtes libres de ne pas vous filmer avec un hula-hoop autour du ventre, de ne pas consommer ce qui nous vient d’outre-Atlantique si ça ne vous agrée pas ou si ça vous barre fixe ! Et d’ailleurs il y a tellement à boire et à manger, à voir et à digérer ou pas dans les inventions tazuniennes que je me suis proposé de classer tout ça dans un tableau Excel à trois colonnes.

Je les ai nommées ainsi :

+ positif

J’aime ou j’ai aimé cela

- Négatif

Ce n’est pas vraiment ma tasse de tea party et encore moins mon verre de Coca-Cola

= indifférent

Ca m’est égal, pourquoi pas, tout le monde est libre dans le monde libre (en théorie !)

C’est évidemment complètement subjectif mais personne ne vous interdit de faire votre bilan personnel des apports tazuniens à votre environnement. La semaine prochaine, si c’est le mot «izba» qui nous est proposé on pourra faire la même chose avec les Russkofs !

+

-

=

Les Marx brothers

Le drive-in et ses dérivés

Le base-ball

Tex Avery

Le fast-food

Le jazz

Charlie Chaplin

La guerre au Viet-Nam

Le chewing-gum

Robert Altman

La bombe atomique sur Hiroshima et Nagazaki

La funk music

Walt Disney

Walt Disney

Walt Disney

Terry Gilliam

L’utilisation d’avions renifleurs pour trouver des armes de destruction  massives en Irak et aller y foutre le bordel

L’envoi dans l’espace de trois clampins qui ne ressemblent pas à Tintin avec pour objectif de les faire marcher sur la Lune

« O’ brother » des Frères Coen

Les gratte-ciel (je suis de plus en plus acrophobe)

Elvis Presley

Audrey Hepburn

Woody Allen

Superman

Marilyn Monroe

Le général Custer et les “guerres indiennes »

Robert Crumb

Billy Wilder (oui, je sais il est Autrichien de naissance)

La chaise électrique

Edward Hopper

Jerry Lewis

Donald Trump

Hollywood

Le western dans sa déclinaison B.D. européenne (Lucky Luke, Chick Bill, Teddy Ted, etc.)

Le rap

Le western dans sa déclinaison cinématographique y compris façon, spaghetti

Steve Warson chez Michel Vaillant (dans le même esprit)

 

The Grateful dead

Neil Young (oui je sais, il est canadien de naissance)

 

The Jefferson airplane

Emmylou Harris

 

Madonna

The Nitty gritty dirt band

 

Jimi Hendrix

The Ozark Mountain daredevils

 

Cassius Clay

Le concept du Festival de Woodstock

 

Janis Joplin

Le concept du juke-box

 

George W. (Whatelse) Clooney

Francis Scott Fitzgerald

 

 

Les Peanuts de Charles M. Schultz

 

 

Donald Westlake

 

 

Fredric Brown

 

 

Clifford D. Simak

 

 

La guitare électrique

 

 

Last but not least : Joye !

 

 

 

21 novembre 2018

Consigne d'écriture 1819-09 du 20 novembre 2018 : Treize escargots à la douzaine

Treize escargots à la douzaine

1) Insérez obligatoirement ces treize mots dans votre texte qui évoquera une saison les treize mots suivants:

assiette - buvard - apostrophe - écharpe - trier - renifler - opéra - multiplication - prétentieux - pression - option - forge saison.


2
(facultatif ou deuxième texte possible) Racontez cette même histoire en adoptant le point de vue d’un escargot ou d’une limace (un gastéropode)


3
(facultatif ou troisième texte possible) Insérez dans votre texte des mots entrés dans l’édition la plus récente du dictionnaire Larousse (liste jointe)

- mixologie n.f. (angl. mixology, de to mix, mélanger). Art de confectionner des cocktails et, spécial., de créer ou d'adapter des recettes, par des assemblages de boissons complexes et originaux. 

- écotoxique adj. Qui contamine l'environnement et, de ce fait, a des effets nuisibles sur les êtres vivants, y compris l'espèce humaine.

 - boboïsation n.f. Fam. 1. Transformation d'un lieu (quartier, partic.) populaire par l'arrivée en nombre de bobos ; gentrification. 

détox n.f. (abrév.). 1. Fam. Processus de détoxification du corps humain.

 - geekette n.f. Fam. Jeune fille geek.

 - liker v.t. (de l'angl. to like, aimer). Signifier qu'on apprécie ou qu'on approuve un contenu (texte ou image) sur un site Web en cliquant sur le bouton dédié: Liker une vidéo.

 - rançongiciel n.m. (de rançon et logiciel). Logiciel malveillant qui prend en otage des données personnelles en les chiffrant, puis demande à leur propriétaire d'envoyer de l'argent en échange de la clé permettant de les déchiffrer. (On rencontre aussi le terme anglais ransomware.)

 - vlog n.m. (de l'angl. video blog, blog vidéo). Blog diffusant princip. des vidéos, souvent postées

dans un second temps sur les réseaux sociaux.

 - startuper n.m. ou startupeur, euse n. Fondateur d'une start-up.

 - vapoteuse n.f. Fam. Cigarette électronique.

 - flexitarisme n.m. (angl. flexitarianism). Mode d'alimentation principalement végétarien, mais incluant occasionnellement de la viande ou du poisson.

 - sans-abrisme n.m. (pl. sans-abrismes). Fait d'être sans domicile, de ne pas avoir de logement.

 - démocrature n.f. (de démocratie et dictature). 1. Régime politique qui, tout en ayant certains attributs de la démocratie, comme le pluripartisme, n'en est pas moins dirigé d'une façon autoritaire, voire dictatoriale.

 - transpartisan, e adj. Qui cherche à dépasser le traditionnel clivage des partis en prônant des solutions susceptibles de recueillir un large consensus pour le bénéfice de tous: Un mouvement, un débat transpartisan.

 - Brexit n.m. (mot angl., de Britain, Grande-Bretagne, et exit, sortie). Retrait de la Grande-Bretagne de l'Union européenne ; processus politique conduisant à ce retrait.

- bêta-lecteur, trice n. (pl. bêta-lecteurs, trices) [angl. beta reader]. Personne non professionnelle proposant, via Internet, un avis ou des corrections sur la version provisoire d'un texte (de fiction, génér.) avant sa publication.

- césarisé, e adj. CINÉMA. Qui a été récompensé par un césar: Acteur, film césarisé.

- mapping vidéo n.m. (angl. video mapping). Technique qui consiste à projeter à grande échelle des éléments visuels (images, vidéos, jeux de lumière, rayons laser, etc.) sur une surface en relief (un monument, par ex.).

- oscarisé, e adj. CINÉMA. Qui a reçu un Oscar: Film, réalisateur oscarisé.

- teaser n.m. (mot angl.). Première bande-annonce d'un film, volontairement courte, percutante et énigmatique, diffusée des mois avant la présentation officielle de l'œuvre et sa sortie en salle.

-biloute n.m. et adj. RÉGION. (NORD). Terme d'affection (pour désigner un petit garçon ou un homme, partic.): Ça va, (mon) biloute?

- se boujouter v.pr. RÉGION. (NORMANDIE). Se dire bonjour en s'embrassant sur les joues.

- douciner v.t. ANTILLES. 1. Caresser doucement ; cajoler ; câliner. 2. Fig. Amadouer.

- poutouner v.t. (de poutou). RÉGION. (MIDI). Donner une, des bises à ; embrasser.

- travailleur détaché,

- e-sport (ou sport électronique),

- grossophobie,

- frotteur, Le frotteurisme est une paraphilie dans laquelle un individu tente à rechercher le contact physique avec des personnes principalement non consentantes, dans des endroits publics, et dans le but d'en retirer une jouissance d'ordre plus ou moins sexuel1.

- Replay =La télévision de rattrapage

- teppanyaki : Le teppanyaki (鉄板焼き?, littéralement « grillé sur une plaque en fer ») est un mot japonais désignant un type de cuisson japonaise où l'on utilise une plaque chauffante pour cuire les aliments

20 novembre 2018

Pour conforter celles et ceux qui n'aiment pas Proust / jean-Paul

J’ai vu le teaser de la saison 24 de « A la recherche du temps perdu » ! J’ai trouvé ça écotoxique ! 

Difficile de trier le bon grain de l’ivraie dans ce soap-opéra ! La multiplication des personnages qui s’apostrophent, se mettent la pression, s’écharpent ou au contraire se boujoutent, se poutounent, se doucinent ou carrément se catleyent entre deux bouffées de vapoteuse, toutes les taches aperçues sur le buvard des scénaristes nous laissent renifler qu’on ne verra pas encore le bout de l’histoire au terme de ces épisodes-là ! Ils se sont gardé l’option d’une saison 25 ! Ca doit leur rapporter, quelque part, à ces travailleurs détachés  en voie de boboïsation ! Enfin, c’est l’opinion que je me forge.

2018 11 21 Madeleine Proust

Mais s’ils croient que cette version en mapping video projetée sur la façade de l’église de la Sainte-Madeleine sera césarisée, voire oscarisée, ils se mettent le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate ! On ne pouvait déjà pas se sentir bien dans son assiette après avoir ingurgité le teppanyaki de biscottes trempées dans le thé du frotteur prétentieux qui a pondu le pitch, alors cette déclinaison tire-à-la-ligne, alambiquée et quasi soaporifique, quand elle sera diffusée, moi je lui dirai niet ! Même pas en replay ! 

Et pour longtemps ! D’ailleurs, moi, dès ce soir, je me couche de bonne heure !

20 novembre 2018

It's a long way to Columbarium ! / Jean-Paul

180807 265 006

A chaque fois que le vent soufflait dans les branches de sassafras, Bianca Lafolia faisait entendre sa tragique chanson. On eût dit un opéra de Verdi, dramatique et larmoyant à souhait, et on en versait des larmes, et on reniflait et on se tamponnait les yeux avec nos mouchoirs ! Enfin, façon de parler parce que Pascouché et moi on est surtout des escargots.

Bianca Lafolia a tenu trois saisons et ce jour d’hui, le vingt novembre, elle a fini par céder à la pression des éléments déchaînés : les incendies de Californie, les défilés de gilets jaunes, de bonnets rouges, de blouses blanches, de délégués du congrès des maires à écharpe tricolore, de la moustache d’Edwy Plenel en goguette à Villejean. Elle n’était plus très bien dans son assiette, elle est tombée, elle s’est écrasée au sol, elle est morte. Dès que j’ai su la nouvelle je suis allé prévenir Pascouché.

- Qu’est-ce qu’il y a, Buvard ? Tu ne vois pas que je suis en train de trier les granulés bleus et les pots de yaourt emplis de bière qui nous empêchent d’accéder aux salades qu’on raconte dans les télés ? Ceux-là, d’ailleurs, quand est-ce qu’ils vont nous rendre Apostrophes ?

Pascouché est un intellectuel susceptible et irascible. C’est une célébrité dans son genre mais il n’est pas prétentieux pour autant ni pour deux ronds de carotte. Il s’appelle Pascouché et il est célèbre parce que vous avez toutes et tous entendu parler de lui. Dans les manuels de calcul utilisés pour enseigner la multiplication, la division et autres opérations en option aux petits des humains, c’est lui qui escalade le poteau d’1’80 m de hauteur en grimpant 60 centimètres le jour et en redescendant 15centimètres la nuit. On demande au bout de combien de temps il atteindra le sommet du panneau.

- Eh bien ! On n’est pas couchés, se disent les parents des mioches en se grattant la tête.

- Et moi, quand est-ce que je dors, dans cette partie de yoyo ? C’est bien la peine d’avoir sa maison sur le dos si on ne peut pas se coucher dedans quand on veut ! a répondu Pascouché.

Pascouché n’a jamais tiré aucune gloriole de cette notoriété-là.

- Ca m’a juste forgé un peu plus le caractère. Comme la fois où j’ai réussi à battre le grand maître Limassov au tournoi d’échecs de Dieppe. Qui plus est en blitz !

La cadence du blitz, chez nous les escargots, est de quarante coups en trois jours puis de vingt coups en deux et enfin d’un jour pour terminer la partie. Avec un incrément de trois heures par coup joué.

- Notre amie Bianca Lafolia a cassé sa pipe cette nuit. Est-ce que tu veux bien m’accompagner à son enterrement ?

- Y’a pas une entourloupe non plus derrière cette histoire-là ? Je me suis déjà fait avoir une fois avec les cancres des prés verts dont le porte-plume redevient oiseau ! Je les connais, les mômes ! En sortant de l’école ils nous ramassent puis nous oublient dans un recoin de l’espace-temps et on est condamnés à tourner en rond dans un vieux souvenir de grand-mère ! Ou dans une cage à képi qui ne salue plus rien !

- Il paraît que ce sera une crémation et qu’on a besoin de nous pour établir la liste des chansons qui lui rendront hommage.

- Ah ? Un teppanyaki ? Alors ça marche, biloute ! On va aller l’oscariser, notre copine ! Tiens j’ai déjà une idée de titre : « Flamme pure et légère » !

- Ah oui, « la légende du feu » ! Ou bien « Allumer le feu », de Johnny !

- Dans « Mon père m’a donné un mari », la jeune femme met le feu au lit. Ca te dirait ?

- T’es fou, toi ! On ne peut pas chanter de chansons cochonnes dans ce genre de cérémonie funéraire !

- En tout cas moi je ne chanterai pas celle d’Yves Montand, même si on répond à l’appel.

Là-dessus on s’est mis en route pour aller enterrer la feuille morte.

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