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L'Atelier d'écriture de Villejean

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2 octobre 2018

Les prénoms de la Maison de quartier de Villejean / Dominique H.

AEV 1819-04 Dominique affichepcm2En 1975, j’habitais à Villejean depuis six ans. Et je peux vous dire que c’était alors un fief du Marxisme-Léninisme-Maoïsme. Mes voisins en étaient. Du moins nous le suspections parce que c’était secret. Ils étaient dans la clandestinité. Le jour ils ne laissaient rien paraître mais la nuit ils s’agitaient. Rien de plus normal puisqu’une partie de leur activité était l’agitation politique.

Clandestins ! Quel destin ! Se rendre à sa réunion de cellule en arborant un air très naturel ! Les sympathisants qui prêtaient leur appartement étaient priés de déserter au moins trente minutes avant l’heure de la réunion. Il n’eût pas fallu qu’ils croisassent, en sortant, les vrais militants.

Un jour j’eus l’honneur de passer du stade de sympathisante serviable à celui de militante responsable.

La nuit de mon intronisation le chef de la cellule me demanda de choisir mon nom de guerre. Sur le calendrier, ce jour-là, c’était Mandoline. Ca m’a bien plu. C’était moins austère qu’Ursule qui rimait pourtant avec cellule. Mandoline au moins ça rimait avec « clandestine » et aussi avec « coquine ».

AEV 1819-04 Dominique Mandoline

Pendant nos réunions très sérieuses, nous échafaudions des stratégies de propagande pour nous lier aux masses. Dans la journée nous avions le devoir politique d’être des travailleurs sérieux, d’apprendre au peuple à oser s’exprimer, par exemple, dans les syndicats.

AEV 1819-04 Dominique Clarté rouge

Un des mots d’ordres préférés de notre patron, Gaston, était : « La parole est à celui qui la prend ». Ca c’était vrai le jour, sur notre lieu de travail. Mais lors des réunions de cellule, c’était autre chose. Il fallait vraiment avoir quelque chose d’important à dire sinon Gaston intervenait sèchement en disant : « Si ta parole n’est pas plus belle que le silence, ferme-la ! ».

Evidemment les voisins qui en étaient ne soupçonnaient pas que j’en fusse aussi, les cellules étant parfaitement étanches. C’était une vie austère, très austère. Alors il fallait bien survivre. Nous avions pour cela des stratégies de noyautage et chaque cellule, du moment qu’elle restait fidèle à la ligne, pouvait faire preuve d’imagination.

Alors un soir Gaston annonça l’ordre du jour : « infiltration de la toute nouvelle Maison de quartier de Villejean ». C’était important de contrôler la culture du peuple. L’un de nous, tout frais émoulu de la pépinière maoïste de l’IRTS, avait postulé à la direction de la Maison de quartier et bingo il avait décroché le poste. Son nom de guerre était Fiacre mais évidemment personne ne le savait et dans le civil il s’appelait Jean-Pierre comme tout le monde.

Un jour, bien après, quand l’organisation fut dissoute, il nous raconta que, comme plusieurs militants, il avait fait ses classes au petit séminaire, et même au grand, et que le saint de sa paroisse de centre Bretagne était Saint-Fiacre. Fiacre-Jean-Pierre avait quand même besoin de rigoler pour compenser le sérieux de sa mission. Il eut alors une idée qui le faisait rire clandestinement. Eh oui, il ne pouvait pas expliquer ce que ça avait de drôle puisque c’était strictement interdit de dévoiler le moindre secret de la vie clandestine.

Au premier Conseil d’Administration de la Maison de quartier, Jean-Pierre-Fiacre endossa très sérieusement son habit de directeur. Il proposa comme idée consensuelle – il faut ménager la susceptibilité du peuple – de prendre au hasard, sur le calendrier, des prénoms pour désigner les salles. « Ca donnera une note joyeuse et poétique à ce quartier à l’architecture quelque peu carrée et qui en aurait bien besoin ! ».

AEV 1819-04 Dominique Fiacre

Il avait bien préparé sa réunion et puis annoncé d’un air très naturel :

- Je propose par exemple Mandoline le 3 février puis Gaston le 7 mars puis Fiacre le 22 mars puis Auguste le 1er août, Rosalie le 3 septembre, Marius le 25 septembre et Achille le 13 décembre.

Au fur et à mesure qu’il prononçait les prénoms un observateur averti aurait pu détecter un soupçon d’étonnement, d’amusement, de stupeur chez certains membres du C.A. Evidemment, en tant que noyauteurs disciplinés, les six membres de la cellule s’étaient présentés très naturellement au CA, l’un comme jouer de volley, l’autre comme cinéphile, le troisième comme saxophoniste, la quatrième comme prof de yoga, le cinquième comme animateur d’atelier d’écriture, et la sixième comme comédienne.

Le comble c’est qu’ils n’ont même pas pu pas piquer un fou-rire à six puisque tout ceci devait rester clandestin ! Ce soir-là, en rentrant du C.A. j’ai eu comme un déclic. J’ai pris mes claques et mes cliques : j’ai défroqué !

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2 octobre 2018

Les salles de la Maison de quartier / Marie-France

En cet après-midi de mai 1974 Rosalie et Marius de Villejean goûtaient les premiers rayons de soleil.

Assis sur un banc, dos à l’Église Saint-Luc, ils regardaient s'animer le quartier et riaient de voir s'agiter tous les habitants autour du bâtiment flambant neuf qu'on allait inaugurer très bientôt.

Leur chien Gaston jappait à leurs pieds et s'invitait au jeu de ballon avec les garçons.

- « Et dire qu'on est déjà mercredi, dit Marius, les préparatifs n'avancent guère, si seulement je n'avais pas fait cette mauvaise chute en dévalant les escaliers 4 à 4, je ne me serais pas abîmé le talon d'Achille. Je pourrais participer, il y a tant à faire !».

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Rosalie, plus patiente, attendait son heure. Elle avait encore deux jours devant elle pour préparer les crêpes et les gâteaux qu'elle servirait lors de la réception du samedi. Elle essayait d'imaginer cette journée tant attendue. Depuis plusieurs mois tous les Villejeannais s'étaient organisés pour préparer de nombreuses animations pour les grands et les petits et la venue des personnalités.

- Mais dis-moi Marius, comment il s'appelle le Maire ? Henri, je crois ? Il est bien capable d'arriver avec ses acolytes en fiacre tiré par un beau cheval blanc. Il aime tellement les effets clinquants. Enfin ! Du moment qu'il prévoit le nettoyage du crottin par les agents de la ville, on veut bien. Je crois qu'on a prévu un air de mandoline joué par la petite Aline de l'école de musique, juste avant le discours du Maire. Car il prendra très certainement la parole ! J'espère qu'elle sera belle et pleine de subventions pour notre équipement ! Sinon, qu'il garde le silence !».

- On pourrait peut-être aussi demander à Auguste de Bretagne, répondit Marius. «On ne peut pas accrocher tous ses habits au même porte-manteau . Il faut voir venir.

Le soleil déclinait déjà sur Villejean et la future maison de quartier. Rosalie et Marius décidèrent de rentrer dans leur petit 2 pièces de la rue de Lorraine.

Sur la pelouse les narcisses leur offraient un tapis jaune et blanc. Rosalie se sentait le cœur en fête et elle rentra en fredonnant ce refrain : « Mon cœur est un bouquet de violettes ».

Quant à Marius, il espérait beaucoup de cette journée où il s'était tant investi avant sa chute. Il ne souhaitait qu'une chose : que cette fête ait « comme un goût de revenez-y ».

 

2 octobre 2018

Les prénoms de la Maison de quartier de Villejean / Eliane

AEV 1819-04 Eliane 3094517787_1_3_0IgkWikoMandoline de Villejean porte des jupes longues, des chaussures compensées et des fleurs dans les cheveux. Elle est adepte du « Faites l'amour, pas la guerre. » et de l'amour libre. Elle a deux enfants et ne sait pas très bien qui en est le père. Elle laisse la communauté en être responsable autant qu'elle-même.

On lui a rapporté qu'un soir où il faisait particulièrement sombre, après avoir fumé plus que d'habitude, elle déambulait dans le quartier en demandant inlassablement : « Mais qui a éteint la pleine lune ? ».

Elle ne se pose pas la question de savoir ce que sera son avenir ou celui de ses enfants, elle pense qu'il y aura toujours quelqu'un pour elle. Elle pense que le passé n'a jamais épuisé l'avenir. Que tout est possible, qu'elle s'adaptera à la situation.

Mais elle finira sans doute par se poser et devenir une parfaite petite bourgeoise très sage.

***

AEV 1819-04 Eliane les fonctionnairesGaston de Villejean travaillait aux PTT (Postes, Télégraphe et Télécommunications). Il était commercial, chargé de vendre des abonnements téléphoniques. Tâche dont il s'acquittait très bien. A 40 ans il était encore célibataire. Trop sérieux, trop tatillon. Les jeunes femmes s'ennuyaient très vite en sa compagnie. Et comme il n'était pas porté sur la bagatelle, il n'insistait pas. Il aimait bien son petit train-train quotidien.

Lors des réunions professionnelles, aux moments des pauses, il y avait toujours un petit rigolo pour lui lancer : « Eh, Gaston, y a le téléphon qui son ! » Cela ne le déridait même pas, il n'avait aucun sens de l'humour.

***

Rosalie est une femme toute mignonne, rousse, bouclée. Elle est mariée depuis presque 10 ans avec Marius de Villejean. Ils habitent un coquet pavillon près de Rennes, ont deux enfants, ont des amis, reçoivent.

Rosalie s'acquitte très bien de son rôle d'épouse et de mère. En même temps elle s'investit dans une association d'aide aux devoirs à la Maison de quartier de Villejean à Rennes.

Marius est cadre bancaire.

Marius et Rosalie forment un couple exemplaire aux yeux de tous.

Mais que sait-on vraiment de leur intimité ? J'aimerais demander à leur porte d'entrée de livrer ses secrets. Car une porte regarde aussi bien dehors que dedans.

Pourtant il ne faudrait pas divulguer ses confidences car la parole est comme un œuf, à peine éclose elle a déjà des ailes.

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2 octobre 2018

Gaston, Fiacre et Mandoline / Anne-Françoise

AEV 1819-04 carte_postale_femme_mandoline_1908_recto_crop1Mandoline jouait de la guitare sur un vieux banjo hérité de son grand-père, Trémolo Mezzo. Sa mère était cantatrice et avait connu son père à l’opéra où il était chef d’orchestre. Son frère Adagio et sa sœur Carmen jouaient respectivement du cor de chasse et de la harpe. Mais Mandoline était nulle en musique et chantait faux. Ses parents décidèrent de l’inscrire à un cours particulier à la Maison de quartier de Villejean. Mais le désastre était tel qu’elle épuisa tous ses profs. Le cours particulier était vraiment particulier. La salle où Mandoline se retrouvait seule prit finalement son nom, avant d’être désertée par sa seule occupante. On décida alors qu’il n’y aurait plus de musique dans cette salle, en dehors d’un petit concert de crayons grattant du papier le mardi soir.

AEV 1819-04 fiacreFiacre roulait carrosse doré sur les routes du quartier. Il portait un chapeau haut de forme avec une redingote noire. Il montait sur ses grands chevaux lorsqu’il était en colère et était à cheval sur les principes. On lui attribua une salle à la Maison de quartier de Villejean. Il y réunit ses amis Attelage, Fouette et Cocher pour y parler Mondial de l’automobile (deux chevaux diesel et hybride), fashion week (redingote brodée chez Dior et chapeau claque chez Jean-Paul Gaultier) et yoga (peut-on contrôler ses émotions en lâchant les chevaux ?). Ses amis lui firent faux bond, trouvant qu’il cherchait trop souvent à couper les chevaux en quatre. Comme ils tenaient à leurs montures, de lunettes, ils l’abandonnèrent seul dans sa salle qui porta ainsi son nom. Aujourd’hui, dans la salle Fiacre, et en son souvenir, on évoque les voyages, car, comme chacun sait, qui veut voyager loin ménage sa monture, de lunettes.

AEV 1819-04 GastonGaston était sourd. De ce fait, il n’entendait jamais le téléphone sonner. Heureusement, ses voisins le prévenaient : « Gaston, y’a l’téléphon qui son… ». Il pouvait ainsi décrocher le combiné, mais, comme ça prenait du temps, les appels n’aboutissaient jamais, sans compter sa surdité. Aussi, Gaston décida d’acheter un portable. Ça ne captait pas bien chez lui. Après de nombreux essais, il trouva le lieu où le maximum de barres s’affichaient sur son écran : c’était dans une salle du premier étage de la Maison de quartier de Villejean. On la lui attribua donc, pour qu’il livre au moins ses appels. Quand il téléphonait, il braillait et n’entendait jamais ses interlocuteurs. On décida de communiquer autrement avec lui. On lui parla à l’oreille, très fort. Mais Gaston ne comprenait toujours rien et répétait de travers ce qu’il avait compris. C’est ainsi que naquit le téléphone arabe. C’est aussi ce qui explique qu’on donne aujourd’hui des cours d’arabe en salle Gaston.

2 octobre 2018

Les prénoms des salles de la MQV / Jean-Paul

Quelle que soit la longueur du serpent, il a toujours une queue. Il a même parfois aussi des sonnettes mais ce n’est pas la peine d’aller les lui tirer, de s’adresser à lui pour résoudre notre problème du jour. Nous nous demandons en effet à qui appartiennent les prénoms qui identifient les salles à la Maison de quartier de Villejean !

- Bonjour ! Je voudrais la clé de la salle Rosalie pour la danse country !

- Bonsoir, elle a bien lieu en salle Gaston la réunion du Conseil d’administration de « Rencontre et Culture » ?

Le serpent des origines le sait-il ? Qui étaient ces huit personnages ? Fiacre, Mandoline, Auguste, Rosalie, Marius, Gaston, Achille et Narcisse ! Les premiers administrateurs de l’association «Rencontre et Culture» qui gère la maison ?

***

Le plus rigolo de la bande était Fiacre de Villejean. Il allait toujours trottinant, cahin-caha, Hue dia, Hop-là, et il avait un indéniable franc-parler. Ce n’était pas pour rien qu’il était délégué syndical à l’usine Citroën de la Janais. Il avait des saillies exceptionnelles.

- Si ta parole n’est pas plus belle que le silence, ferme-la !

Avec ça, féru de poésie… mais seulement de celle d’Aragon, Eluard et Maïakovski. Il connaissait aussi toutes les chansons de Jean Ferrat et Leny Escudero. Avoir sa carte au Parti communiste en 1975 c’était aller à la rencontre d’une certaine culture.

- Tu peux être-là pour la braderie de Villejean, Fiacre, afin de vérifier les emplacements ?

- Non, désolé, camarades, ce dimanche-là je suis à la Fête de l’Huma !

AEV 1819-04 Vive_dictariat_proletatureLa fête du journal L’Humanité à la Courneuve, c’était sacré pour lui. Fiacre aurait pu assister là-bas aux concerts de Jacques Higelin, de Malicorne, de Bernard Lavilliers mais il s’en fichait. Il aurait pu y écouter Leonard Cohen, Pink Floyd ou les Who.

- Les Qui ? Moi j’y vais pour le discours de Georges Marchais et pour boire des coups avec les copains !

Au royaume des sourds, les borgnes ne la ramènent pas. Il n’y avait qu’une ligne, celle du parti. Et des chemins de traverse pour la rigolade : on soupçonnait fort Fiacre et ses copains de la cellule Maurice Thorez d’être montés sur le toit de la fac de lettres de Villejean pour aller peindre sur le haut de la façade du hall B ce slogan resté longtemps visible : «Vive la dictariat du prolétature !»

***

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Mandoline, c’était le camp d’en face ou presque. Elle ne jurait que par le curé de Saint-Luc, par les œuvres de la paroisse, la kermesse, le Secours catholique où elle faisait du bénévolat.

- Ah oui, la clique à encycliques de Paul VI qui mérite des claques ! plaisantait gentiment Fiacre.

Il la chinait toujours mais ils s’entendaient comme larrons en foire. Elle avait beau jeu de lui rabattre son caquet en lui rappelant qu’il avait lui-même été enfant de chœur autrefois !

- Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes ! maugréait-il en mode Gino Cervi-Peppone face à Fernandel-Don Camillo.

Toujours active, positive, constructive, la Mandoline. Elle quand elle n’était pas à la braderie, c’est qu’elle avait un week-end de « La Vie nouvelle ». On la voyait souvent dans le hall de la maison prendre le café avec ses copines ou alors, toute seule, assise tranquillement en train de lire Témoignage chrétien sur une banquette à côté de la table marocaine. Celle-ci est toujours là encore aujourd’hui.

***

Gaston n’en pouvait plus, de Nino Ferrer et de son «téléfon qui son». Gaston était bougon. Gaston sortait de ses gonds. Gaston pétait les plombs. Mais Gaston était toujours là à la braderie. C’était son jour de gloire à lui, celui où, chaque année, il tentait de battre le record de vente de galettes-saucisses détenu par Narcisse. Pas de bol pour lui, on était en 1976, l’année de la sécheresse et il faisait encore, en ce début de septembre, une chaleur à crever.

- Vends des bières, Vendémiaire ! lui avait balancé Fiacre au Conseil d’administration de rentrée.

- Ton humour à la con, ça me tarabuste l’omoplate du côté des trapèzes ! avait répondu Gaston qui était décidément très bougon.

***

Que sont-elles devenues, ces huit personnes ? Je n’ai trouvé trace que de ces trois-là, étant pris moi-même ces temps-ci par un maelström d’activités plus ou moins folles. Je ne suis pas historien de profession, juste journaliste occasionnel et il n’y a pas d’archives consultables en ligne sur ces histoires locales. Tous ces instants de vie des années 1970, il n’a que Marius Aznavourian, le premier président de l’ARC qui aurait pu nous en livrer les secrets mais il vient de décéder hier.

Et du coup, je crois que j’ai trouvé la réponse à la devinette posée par Pépito Matéo dans son livre «Contes à régler» : «Tant qu’on le porte, c’est celui d’un autre mais si c’est à nous, c’est qu’on n’est plus là».

Vous avez trouvé la solution ? Non ? Retournez le journal ou faites le poirier devant l'ordinateur pour découvrir la mienne !

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26 septembre 2018

Consigne d'écriture 1819-03 A du 25 septembre 2018 : les baskets du parc du Berry

Les baskets du parc du Berry à Villejean

 

Racontez ce que vous évoquent ces deux chaussures de sport géantes abandonnées dans le parc du Berry à Villejean. A qui appartiennent-elles ? Quel rapport ont-elles avec le Berry ? Avec Villejean ?

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25 septembre 2018

Les Délacements de George / Jean-Paul

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Il y a des gens comme ça qui ont trop lu Lagarde et Michard quand ils étaient petits. Rappelons aux amnésiques préséniles et aux aculturés post-Nintendo que Messieurs Lagarde et Michard ont publié des anthologies, classées par siècle, dans lesquelles ils évoquent tout ce qui se fait de bon et de recommandable en matière de littérature française.

Ces gens dont je parle, ceux qui ont trop lu les manuels scolaires de ces deux zigues, si vous leur montrez les deux sculptures de chaussures géantes qu’on rencontre dans le parc du Berry à Villejean , vous parlent tout de suite de George Sand !

Ils n’ont lu ni « La Mare au diable » ni « La Petite Fadette » mais ils savent que la dame de Nohant est la plus célèbre des écrivains berrichons. Et donc pour eux ces baskets-là sont celles d’Aurore Dupin, ci-devant baronne Dudevant, auteure prolifique de romans féministes, régionalistes et anticonformistes.

La dame vaut certainement le détour et finalement l’hypothèse de statues-hommages – ou plutôt femmages – tient finalement la route. La lecture d’une biographie empruntée à la Bibliothèque des Champs libres nous le confirme. On y apprend plein de choses plaisantes sur ce personnage pittoresque. George faisait de l’équitation habillée en homme, elle fumait le cigare, se couchait à cinq heures du matin, se levait à midi, écrivait, tenait salon, voyageait, écoutait Chopin qui jouait du piano sauvagement, chevauchait Liszt avec délicatesse, ou l’inverse.

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Elle fut aussi la maîtresse d’Alfred de Musset (voir le chapitre à lui consacré dans le Lagarde et Michard du XIXe siècle), le gars qui prétendait qu’il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée avent de se trouver bien pincé pour la donzelle. La petite histoire raconte qu’elle trompa honteusement à l’hôtel Danieli de Venise l’Alfred qui était tombé malade. C’était avec le docteur Pagello. Pas joli, tout ça, car si Alfred était malade, c’est qu’il avait trop été dans les salons et s’était par trop dessalé dans les bordels de Vénétie.


Finalement, deux chaussures géantes (taille 1828 ?) pour symboliser une femme qui a pris son pied toute sa vie avec une telle intensité, c’est très logique.

Peut-être faudrait-il en parler à la mairie de Rennes où l’on mène une intéressante politique de féminisation des noms de lieux rennais.

En même temps, un parc George Sand… Combien d’amnésiques préséniles et d’aculturés post-Playstation sauront qu’il s’agit d’une femme ?

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25 septembre 2018

Les Baskets du Berry / Anne-Françoise

AEV 1819-03a basketIl est désordonné ! Regardez-moi ces chaussures qui traînent !

Il est tout comme son aïeul, le gros Berry. Il habite d’ailleurs sa maison : une maison rouge sang dans le quartier de Villejean.

Il y a quelques siècles, Villejean n’était pas construit ainsi. C’était la campagne, et même plus : la forêt. Il y avait, en lisière, quelques pauvres masures où habitaient des familles, souvent nombreuses (il faut dire que la contraception n’existait pas !). Elles peinaient à nourrir leurs enfants et en étaient parfois réduites à des stratagèmes inimaginables pour s’en débarrasser. Et ces enfants pouvaient faire de drôles de rencontres, seuls, dans cette forêt. Enfin bref. Mais je m’égare, moi aussi. Où en étais-je ? Ah oui, le gros Berry aimait beaucoup les enfants, et même, il adorait ça, les enfants.

Il avait des bottes magiques pour leur courir après plus facilement. Evidemment, de telles bottes, en cuir de mammouth et dinosaure, n’existent plus, et leur fabricant, Monsieur Septlieues, est décédé depuis bien longtemps. Quelques siècles se sont écoulés puis messieurs Nike, Puma et Adidas ont repris le marché. Ils ont décidé de redonner une forme plus aérodynamique et plus moderne à la botte de Septlieues et ont ainsi créé la basket. La botte de Septlieues, élitiste autrefois, s’est démocratisée : aujourd’hui, tout le monde a sa paire de baskets. 

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Elle n’a toutefois pas gardé les mêmes pouvoirs magiques. Alors notre ami s’entraîne dans le parc du Berry, son ancêtre. Et, tout comme cet ancêtre qui avait réussi à dévorer ses 7 filles, il ne sait pas ranger ses affaires, et ça traîne !

Après quoi court-il ? Il cherche la Maison de quartier de Villejean. Il voudrait rejoindre l’atelier d’écriture du mardi pour écrire et écouter de belles histoires. Son aïeul n’avait jamais écrit ni même entendu de contes, ça l’avait rendu agressif, cruel, sanglant. On a dit à notre ami qu’il y avait souvent des rires le mardi soir en salle Mandoline. Il voudrait goûter ça, savourer les mots et aller jusqu’à dévorer des livres, c’est plus digeste que les enfants.

25 septembre 2018

Comment l'archéologie a fait un grand bond à Villejean / Maryvonne

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Il se trouve que je connais Gargantua pour l'avoir fréquenté dans les Côtes d'Armor avant qu'il ne franchisse la Manche d'une seule enjambée. Nous savons qu'il a laissé un doigt à Fort La Latte et le gravier qui le gênait dans sa chaussure à Sable-d'Or-les-Pins. Mais voilà que des archéologues chevronnés viennent de faire une découverte square du Berry à Villejean, rebaptisé dans le cadre de la féminisation des noms de rues de Rennes, square Georges Sand.

Il s'agirait, après moult vérifications, de ses chaussures de basket, mal rangées comme toujours, aurait dit sa mère.

Dans une grande précipitation il les aurait abandonnées après avoir eu les pieds gonflés, suite à une cuite monumentale, pour avoir bu trop de rosé (peut-être 1200 litres) square de Provence auquel on vient de donner le nom chantant de Mireille Mathieu.

Cette découverte remet en cause d'autres affirmations. Winston Churchill, qui toute honte bue, avait affirmé que le géant était arrivé botté en Angleterre, alors qu'il devait être pieds nus, a vu la destitution du nom de sa rue au profit de la Reine Élisabeth II. Juste à côté se trouve l'impasse Marine Le Pen fâchée de cette proximité car elle trouve la Reine trop communiste.

AEV 1819-03 GargantuaMais revenons à nos baskets gargantuesques. Il se peut que les lacets géants qui circulent d'un clin d’œil à l'autre soient le symbole des routes alpines (Nous sommes sur un terrain de sport). Donc hommage à une grande femme cycliste. La rue Jean Moulin toute proche est rebaptisée rue Jeanny Longo, elle aussi symbole d'une certaine résistance.

Si Gargantua a enjambé d'un coup le Nord de la France pourquoi garder le nom de Picardie dédaigné par le grand homme ? Choisissons à la place une femme forte : Martine Aubry serait de bon aloi.

Pour la Maison de quartier, où Gargantua a vécu sous mon crayon, je proposerais bien une ribambelle de prénoms féminins, de celles qui, issues de la mine de crayon, suent tous les mardis. Mais comme il n'en faut qu'une j'opterais pour « Maison Edorée Duval », sorte de troubadoure des temps modernes.

Autre indice : Gargantua est forcément passé à Villejean puisqu'on y trouve la Faculté de lettres située rue Jeanne d'Arc qui a remplacé Gaston Berger. Mais revenons à nos moutons : si les archéologues sont sérieux et si ce sont bien les chaussures de sport de Gargantua sur le terrain de basket et si ses mains étaient en proportion de ses pieds je n'aurais pas aimé qu'il me mette la main au panier!


NB : Les recherches continuent pour féminiser les noms de rue. Il avait été proposé pour le square de Champagne le nom de Dominique Halbout. Mais bien qu'il s'agisse d'une femme-médecin méritante de Villejean ce choix a été rejeté : à cause de son prénom épicène on n'aurait pas forcément su, à l'avenir, que c'était une sacrée nana.

 

 

 

 

 

25 septembre 2018

Consigne d'écriture 1819-03 B du 25 septembre 2018 : Féminisation des noms de lieux à Villejean

Féminisation des noms de lieux à Villejean


La ville de Rennes mène une politique de féminisation de noms de rues. Imaginons aussi de féminiser le nom de certains lieux.

Racontez l’inauguration de la piscine Laure Manaudou ; du commissariat Julie Lescaut ; de l’usine d’incinération Jeanne d’Arc ; ou d’autres établissements rebaptisés par vous.

AEV 1819-03 george sand

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