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L'Atelier d'écriture de Villejean

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18 juin 2019

Le Livre des pas très gentils / Jean-Paul

Je m’appelle Léon et je suis un pigeon con. Je suis con parce que je rêve d’avoir un jour le prix Goncourt. C’est rare qu’on le donne à un perdreau de l’année ! Encore moins à un serin ! Même après trois tourterelles de scrutin !

J’ai toujours su que j’avais un gros talent littéraire car ma mère me disait souvent « Tu as un beau brin de plume » ! »

Comme ça fait un bon moment déjà que je roucoule ma bosse j’ai commencé à écrire mes mémoires. J’ai présenté mon manuscrit à un éditeur qui l’a refusé. Ou plutôt qui voulait bien le publier mais à compte d’auteur. En payant ! Eh ! Oh ! C’est pas écrit pigeon, là, non plus ! Si ?

A compte d’auteur ! A compte d’auteur ! Avec les copains de ma bande on en a pris de la hauteur et quand il est sorti de son bureau, on lui a chié dessus ! Bien fait !

N’empêche, j’en ai pris de la graine. Et j’ai voulu améliorer ma technique en participant à un atelier d’écriture mais eux aussi m’ont fermé la porte au nez, enfin au bec. J’étais vexé qu’on me jette par la porte alors j’ai voulu rentrer dans leur salle Mandoline en passant par la fenêtre.

Celle-ci était entr’ouverte mais j’ai raté mon coup et je suis venu m’emplafonner sur la vitre. Depuis j’ai un coup dans l’aile et mes alexandrins sont un peu boiteux.

Mais je suis content ! J’ai interrompu leur séance de divagation littéraire et provoqué sans doute chez plusieurs de ces écrivant.e.s une panne d’inspiration certaine !

Bien fait ! 

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18 juin 2019

Le Livre des toujours contents / Jean-Paul

2019 06 20 Isaure Flamant rose 116439770

Je m’appelle Mimose et je suis un flamant rose. Je suis un flamant rose toujours content.

Il y a des gens qui se trompent et qui écrivent mon nom avec un « d » au bout. Ca ne me gêne pas. Moi je sais bien que je ne suis pas belge puisque je suis né en Camargue.

En même temps je trouve ça drôle qu’il y ait flamanT et flamanD : il y a bien DuponD et DuponT et là tenez, pour le coup, eux sont tous les deux belges. Celui qui m’a dit ça c’est mon copain Joe le corbeau, celui qui travaille aux R.G.

En fait moi j’aime bien les Belges parce qu’ils ont un petit côté « Ca plane pour moi », exactement comme les flamands roses. Et d’ailleurs sur son album « AB Rose » Jean-Luc Fonck du groupe Sttellla ne craint pas de s’habiller en tutu rose. Son génial guitariste porte lui aussi une tenue d’évêque de la même couleur. Vous avouerez qu’il y a de quoi confondre !

Bref, j’aime les Flamands qui se déguisent en flamants et encore plus quand il s’agit de Wallons.

En parlant de Waterloo ou de waterzooï moi je ne sais pas si on dit « les ouacances » ou « les vacances » en Wallonie mais je m’en fiche un peu parce que demain je pars en viquende wisiter Rennes. C’est une ville dans laquelle j’ai un sosie célèbre autant que charmant. C’est une dame habillée de rose qui se tient sur une seule jambe depuis cent cinquante et un ans. Je vais lui faire un gros bec à Isaure Chassériau ! Parce que grâce à elle, chaque fois que je prononce son nom, tout le monde croit que je suis cultivé et drôle !

Alors tu comprends maintenant pourquoi je suis content d’être un flamand rose en willégiature à Rennes, une wille dont le slogan est « wivre en Intelligence » ?

 

18 juin 2019

Le livre des jamais contents / Anne-Françoise

Le prince Armand ne voulait pas être un prince charmant.

Il y avait des princesses :

AEV 1819-32 mécanicienne

Emillienne était mécanicienne. Elle portait invariablement son bleu de travail. Elle communiquait avec les moteurs à coups de marteau et de jurons. Elle avait toujours du cambouis sur les mains. Lorsqu’elle les lavait, rarement, il persistait une couche de noir sous ses ongles (ou du moins ce qu’il en restait).

Carole était joueuse de football. Elle portait un short large, des protège-tibias et des chaussures à crampons qui résonnaient sur les sols en vieux parquet du palais et le rayaient. Elle aimait tacler tout ce qui passait à portée : le conseiller du roi, la gouvernante, l’évêque de Machin truc, l’ambassadeur de Machin chose, les ducs, marquis, princes et tutti quanti…

AEV 1819-32 jardinièreCharlotte était jardineuse de carottes. Elle passait son temps dehors avec sa pelle, sa brouette, son arrosoir, son râteau… Elle transportait de la terre, posait des pièges à taupe, arrachait les mauvaises herbes, préparait son compost et chouchoutait ses vers de terre. Elle trainait dans son sillage un parfum de litière-fumier-crottin avec lesquels elle enrichissait son potager.

Le prince Armand les trouvait toutes charmantes mais, à la cour du roi, personne n’était de cet avis. On lui présenta une princesse charmante à qui il ne trouva rien de charmant : elle était pâle, habillée d’une longue robe rose, passait son temps à broder, baissait les yeux et battait des cils quand on la regardait. Le prince Armand dut se marier avec elle. Le prince Armand aurait voulu être un prince pas charmant.

18 juin 2019

Le Livre des jamais contents. 2 / jean-Paul

Cette grenouille ne voulait pas être une grenouille.

Parce que sauter sur les feuilles de nénuphar, élever des têtards, faire plouf dans les marécages et des concours de bulles de malabars avec Crâne d’œuf le bœuf, ça va bien cinq minutes ! A l’heure de #metoo et de#balancetonplouf les grenouilles savent bien toutes que ce qui intéresse les hommes c’est leurs cuisses !

Cette grenouille était savante. Elle connaissait La Fontaine comme sa poche. Elle ne réclamait pas un roi et se contentait du soliveau sur lequel ses copines et elle se perchent. Elle savait aussi de la fontaine que dans son eau claire une jeune femme venait s’y baigner toute nue.

Cette grenouille aurait voulu être un prince charmant. Un jour, pleine d’audace, elle s’en ouvrit à la baigneuse. C’était un jour où le vent soufflait fort et emportait au loin les habits de celle-ci.

- Devenir un prince charmant ? Mais c’est très facile ! dit la naïade et elle prit la petite grenouille au creux de ses deux mains puis elle l’embrassa sur la bouche.

Alors celle-ci devint d’un coup une espèce de gorille fumeur de pipe qui s’en alla chercher des pétales de roses et du pampre de la vigne pour faire à la belle dénudée un corsage et un cotillon.

Puis il prit sa guitare et en fit une chanson. 

12 juin 2019

Consigne d'écriture 1819-31 du 11 juin 2019 : Les Cut-up de Ciné-live

Les cut-up* de Ciné-live

 

AEV 1819-31 Ciné live

L'animateur distribue à chaque participant un numéro d'une revue de cinéma, Ciné live.

1) A la rubrique "Dans les salles" plusieurs films sont analysés et critiqués sur une même page. Il est demandé d'écrire , pour chaque page, une phrase dans laquelle deux ou trois titres sont insérés.

Par exemple : 

Passion - La coccinelle revient - La cloche a sonné

Quand la cloche a sonné la cocinelle revient goûter aux fruits de la passion

On constitue ainsi une réserve de six ou sept phrases

2) Sous les photos qui illustrent ces critiques de films, il y a une légende qui ressemble fort aux calembours du "Canard enchaîné".

Par exemple : Haut les mains, peau de catin  - Batman biguine - Jamie sans bouillir

On note celles qui nous semblent amusantes

3) A partir de ces éléments, écrivez ce que vous voulez en essayant d'insérer vos phrases et les légendes que vous avez notées.

 

* Pour en savoir plus sur le cut-up, cliquez ici

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11 juin 2019

Les Pardaillan / Jean-Paul

AEV 1819-31 les-pardaillan-tome-2-l-epopee-d-amour-4044833-264-432

Fais-moi mal, jauni, jauni !

Descends du grenier, ô vieux livre ! Rappelle-moi que tu me fus recommandé par des grands-parents idéalistes qui ne sont plus. Redis-moi cette époque où les livres étaient nos seuls trésors et où l’auteur, Michel Zévaco, inventait des héros qui bousculaient rois et puissants. Redis-moi le chevalier de Pardaillan qui raille, bataille et ferraille.

Fais-moi du bien, jauni, jauni !

Remmène-moi au pays des hommes de croyances autres qu’opportunistes et tant pis si c’est une erreur de croire avec Rimbaud qu’on peut changer la vie. Tant pis si nos héros n’étaient que de papier. Les vôtres sont de tweets et de jeux vidéo, interchangeables, périssables, oubliables. A chacun ses marionnettes !

11 juin 2019

Louvre la fenêtre qu'on respire un peu ! / Jean-Paul

AEV 1819-31 La-Famille-Indienne-DVD-Zone-2-876835770_L

Notre musique intime est une fenêtre secrète qui donne sur Wonderland.

Quand on l’ouvre on a l’impression que la vie est un miracle : ma mère l’a regardé en gardant les yeux secs mais moi j’y ai plongé et je m’y noie encore dans ce paysage vert de Bretagne et de pluie.

La famille indienne n’a rien contre le mariage mixte… chez les autres. Mais on peut rire sans alliance et trouver son terroir dans un ailleurs très proche. Une visite au Louvre, loin des bandits de l’intox, vous emmène au-delà des frontières, là où tous les artistes sont des frères.

11 juin 2019

Espace du possible / Jean-Paul

AEV 1819-31 Tout sur ma mère

Comme le disent les gynécologues « le vagin, c’est un espace avec du possible ».
Alors, du coup, on peut le lire dans « Ciné live », :
Béatrice Dalle a le feu occupé
Un marcel, deux saillies
Oseille, oseille Joséphine !
Mambo sapin, roi défloré !
Machu, Pichu et leurs amis lèvent leur verre aux lovers verts
Gode save the queen
Nicolas Cage se gèle les fouilles devant la cantatrice chaude
Tout sur mammaire
Tous sur ma mère
Etc. Etc.

11 juin 2019

Dansez, Madame Cigale ! / Jean-Paul

AEV 1819-31 Mercano

Lorsqu’on met en place le processus du mambo italiano et qu’on découvre le prix à la fin de la séance on se dit que le professeur est du genre « Tout pour l’oseille ».

Mais c’est un gars sûr. Il ne parlera jamais. Et pourtant, il le sait très bien : les petits meurtres d’Amérique dans l’école en campagne sont souvent commis par Mercano le Martien, tout à fait en osmose avec son costard de sœur Alice

Et s’il ne dit rien de ceci, c’est surtout parce qu’il ne connaît pas la réponse : Mon chien, ce héros, sera-t-il encore en vie là-haut dans la bodega de nuit du Paradis ?

5 juin 2019

Consigne d'écriture 1819-30 du 4 juin 2018 : Quarante titres et un abécédaire

Quarante titres (et un abécédaire) pour mille et une fictions (1)

 Voici quarante titres proposés par Hubert Haddad à la page 245 de son "Nouveau magasin d'écriture" :

Le corbeau sentimental - Ultimes confidences d’un Dom Juan de basse-cour - Le chat qui se promenait dans un rêve - La transparence des loups - Le marionnettiste ficelé - Le manège noir - Et voilà les parents de Dieu - Le chirurgien des ombres - Le paysan photographe - Paysage à la pointe de diamant - Meurtre sous une ombrelle - Les trois vies de l’apprenti veil homme - Le charbonnier, le nègre et la pleine lune - Le sculpteur de larmes - L’énigme du somnambule ou les rendez-vous de la bohémienne - L’inconnu de chaque instant - L’abîme derrière la porte - Narcisse et le crâne - Déjeuner de Newton avec un pendu - Le bourreau amoureux - Crime en deux nuits et une messe - Monsieur chez les femmes - D’Oedipe à Daisy - La statue de pluie - Le pêcheur de corail qui plongeait au fond des mers pour raconter sa vie à la sirène aux yeux d’oubli - Le roseau funèbre - Des rats dans les Dolomites - Flânerie de l’apocalypse - Le voleur sans nom poursuivi par son ombre - L’infini quelquefois - L’industriel et ses amulettes - L’assassin et son double - Nuit blanche à l’hôtel de la Courte paille - Le grenier de l’amnésique - Chronique de la canicule - Un hiver à Pékin - Tancrède ou l’Art d’aimer - Le singe et la prisonnière - L’accordeur de cigales - La véritable histoire de Dieu –

Vous choisissez un titre dans cette liste. Puis vous listez 26 mots qui vous serviront à écrire votre histoire : chaque mot commence par une lettre différente de l’alphabet (anacoluthe – bachi-bouzouk – cornichon - dinosaure etc.)

Si possible, vous insérez les 26 mots dans l'ordre alphabétique au sein de votre texte.

AEV 1819-30 le-nouveau-magasin-d-ecriture_couverture14

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