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L'Atelier d'écriture de Villejean

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25 septembre 2019

Consigne d'écriture 1920-03 du 24 septembre 2019 : Anagrammes à quatre mains

190925 Anagrammes à quatre mainsAnagrammes à quatre mains

 

La formule écrite dans la colonne de droite des tableaux suivants est une anagramme de la formule écrite dans la colonne de gauche. Dans le livre de Karol Beffa et Jacques Perry-Salkow, "Anagrammes à quatre mains" publié chez Actes Sud un petit texte d’une quinzaine de lignes relie la formulation 1 ( à gauche) qui sert donc d’incipit au texte à la proposition 2 qui termine le texte (excipit). 

A vous d’en faire autant, entre trois et cinq, sachant que toutes les dix minutes les tableaux vont tourner et que vous pourrez faire votre choix dans le même panel que vos voisin.e.s (mais pas dans le même ordre).


N.B. Pour ne pas causer de désagrément aux auteurs, le tableau a été retiré de ce blog à l'issue du jeu. Une raison de plus de faire marcher votre curiosité et de vous enquérir de cet ouvrage auprès de votre libraire préféré·e.

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24 septembre 2019

Cinq anagrammes à quatre mains / Jean-Paul

N 85-27 Salzburg II 11Ame de Salzburg, l’été, indicible, intouchable, imperceptible à l’imperméable que j’étais en 1985 !

Le passage en Autriche s’est effectué à l’issue d’un périple foldingue dans une Tchécoslovaquie encore communiste à l’époque. Nous y avions erré sans planification quinquennale ni préalable de nos lieux de séjour. Nous étions allés de camping improbable avec feu de camp collectif à deux mètres de votre toile de tente en camping avec taxe de luxe, comme au Monopoly, pour les étrangers en passant par pas de camping du tout, une nuit en pleine campagne à dormir à trois dans une Fiat Panda !

Lorsque nous sommes arrivés dans ce camping autrichien en bordure d’un très beau lac, le gérant allait fermer ses portes. On s’est inscrits en vitesse et on est allés se baigner. Je me souviens très bien de la fête de la bière qui a suivi de l’autre côté du lac, du feu d’artifice et du rangement des chaises métalliques à quatre heures du matin.

De Salzburg j’ai gardé souvenir d’enseignes surchargées, hélas photographiées en noir et blanc. Nous avons croisé Simone Weil et surtout nous n’avons même pas cherché à voir le Mozarts Geburtshaus, La maison natale du petit génie Wolfgang Amadeus. C’est que je préférais alors Vivaldi et les Beatles. Il aura fallu que je voie « Amadeus », le film de Milos Forman, un Tchèque sans provisions, pour que je me mette à apprécier la reine de la nuit, le concerto pour clarinette, le requiem, bref, le beau legs de Mozart.

***

Isaure 1024

La vie en rose, à part dans sa belle robe d’anniversaire, celle avec laquelle elle a posé pour le tableau peint par son oncle Eugène Amaury-Duval et conservé au Musée des Beaux-Arts de Rennes…la vie en rose, la vie heureuse, la vie joyeuse, Isaure Chassériau ne l’aura pas connue.

Est-ce son père, Adolphe Chassériau, le libraire-éditeur aux expériences foireuses qui lui a donné l’exemple d’une vie triste ? Je crois me souvenir qu’il a fini par s’exiler en Amérique du Sud et qu’il y est mort jeune, laissant la maman d’Isaure, Emma-Antigone Duval, veuve, parisienne et salonnarde, vivre de leçons de piano, de confection de sacs et bijoux et surtout d’un remariage réussi avec un député vendéen, M. Guyet-Desfontaines.

Le mariage d’Isaure Chassériau avec un militaire devenu percepteur, Alfred de Brayer, fut un réel échec. Les jeunes gens ne s’entendirent pas, ils se séparèrent et Isaure la neurasthénique abandonna sa vallée de larmes à l’âge de 35 ans.

Toute cette somme d’informations perdues, toute cette histoire parallèle ou perpendiculaire à la ville de Rennes dont tout le monde se fiche éperdument aujourd’hui, Joe Krapov et moi-même nous demandons parfois si on ne l’a pas inventée, si cette existence fut réelle ou si on l’a rêvée.

***

1909225 Le bateau ivre cover

« Le Bateau ivre », moi, je n’ose plus le lire, ce texte !

Je connais deux personnes à Rennes qui savent ce poème par cœur et, je dois l’avouer, elles me font peur toutes les deux. Il faut, pour apprendre ce truc, être à mon humble avis aussi fou que l’auteur, ce jeune provincial fugueur de seize ans monté à Paris pour le réciter devant un cénacle de poètes ébahis qu’il ne mit pas longtemps à agresser de sa folie de punk à chien sans chien des Ardennes. Oui, c’est ça, Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud !

Et pourtant ce n’est pas l’envie qui me manque de l’enregistrer à mon tour. Oui, derrière Gérard Philipe, derrière Léo Ferré. Tout est possible, tout est réalisable et sur ma chaîne Youtube la vidéo postée r moi qui a le plus de succès est une interprétation déglinguée de « La Patrouille des éléphants » extraite du « Livre de la Jungle » de Walt Disney.

Autant dire que je ne risque rien à le faire sinon à m’effrayer moi-même d’avoir osé toucher du doigt et de la voix cette beauté virale.

***

Serge Gainsbourg ! On pourrait dire aussi, à la façon du dictionnaire : Gainsbarre, Serge : provocateur des années soixante à quatre-vingts du XXe siècle qui a fait fortune en vendant de la chansonnette en art mineur, alors que toute sa vie, à l’instar de Ludwig Van Beethoven, il a cru qu’il faisait de la peinture.

Mais pas la peine de se prendre la tête de chou à propos de cet homme-là, de son « soixante-neuf année érotique », de sa « Marseillaise » en reggae, de son « Je t’aime moi non plus », de son roman « Evguénie Sokolov », de sa façon de brûler un billet de cinq cents francs devant les caméras de la télévision ou du fait de filmer des petites filles toutes nues qui courent sur une plage pour illustrer un clip de Renaud.

On connaît moins le cinéaste qui a transposé dans « Equateur » avec Francis Huster le roman le coup de lune de Georges Simenon.

Et moi je l’aime bien pour ça, pour sa « Javanaise », pour son « Accordéon », pour son « En relisant ta lettre », pour sa couleur café pour ses petits papiers et même ses sucettes à l’anis, sa poupée de cire, sa poupée de son, sa situation sous le soleil exactement. Bien plus pour ses chansons que pour ses provocations notoires ou ses grabuges ignorés.
 

*** 

190925 Solesmes aquarelle IP Krapov 114238838_o

Le chant des sirènes monte dans le jour. C’est le premier mercredi du mois et il est midi.

Mais pourquoi ne les entends-je pas ? Pourquoi ne les entends-je plus ? Non seulement je suis attaché au mât du navire Terre en grande perdition pour cause de réchauffement climatique, de populisme et de guerres larvées ou déclarées à tous les étages mais en plus je deviens dur de la branche, sourd comme un pot, malentendant comme un Tryphon dans un champ de tournesols appartenant à M. Van Gogh ?

Le chant des sirènes monte dans le jour. En février prochain François-Ulysse en prendra pour son grade et ça bardera pour Pénélope !

Je ferai une croix sur une partie de mon odyssée. On couchera le roi de Sabolie et j’abandonnerai dans un coin de ma mémoire ces jolis paysages de la Sarthe avec l’abbaye de Solesmes, les pénichettes et les barques amarrées devant dont j’aimais tant les tendres chaînes.

18 septembre 2019

Consigne d'écriture 1920-02 du 17 septembre 2019 : Poèmes de métro

Poèmes de métro

AEV 1920-02 jacques jouet

Nous écrivons ce soir des poèmes de métro à la façon de Jacques Jouet. Nous prenons place dans la rame à la station 1. Nous écrivons, en pas plus d’une minute, le ou les premiers vers du poème.

Puis le métro démarre. Nous posons le crayon et pendant deux minutes nous inventons dans notre tête le vers suivant. A la station n° 2 nous avons une minute pour l’écrire sur le papier. Et ainsi de suite jusqu’à la station n° 15.


Voir un descriptif plus détaillé et des exemples ici.


Quatre itinéraires sont proposés à votre choix

 

RENNES Ligne A PARIS LIGNE 5 RENNES Ligne B MANU CHAO
1 J.F. Kennedy Porte de Pantin Saint-Jacques - Gaîté Merry blues
2 Villejean-Université Ourcq La Courrouze Eldorado 1997
3 Pontchaillou Laumière Cleunay Promiscuity
4 Anatole France Jaurès Puits Voltaire La primavera
5 Sainte-Anne Stalingrad Mabilais Me gustas tu
6 République Gare du Nord Colombier Denia
7 Charles de Gaulle Gare de l'Est Gares Mi vida
8 Gares Jacques Bonsergent Puits Duhamel Trapped by love
9 Jacques Cartier République Saint-Germain Le rendez-vous
10 Clemenceau Oberkampf Sainte-Anne Mr Bobby
11 Henri Fréville Richard-Lenoir Puits Vincennes La vacaloca
12 Italie Bréguet – Sabin Jules Ferry Infinita tristeza
13 Triangle Bastille Puits Lafond La chinita
14 Le Blosne Quai de la Rapée Gros-Chêne La marea
15 La Poterie Gare d'Austerlitz Les Gayeulles Esperanza
17 septembre 2019

Poème de métro (ligne A du métro rennais) / Jean-Paul

Ne tournons pas autour du pot
Je suis quand même un drôle d’oiseau,
Amoureux de Plaisanterie, 
Zeugma et Contrepèterie .

Poterie

A me lire, certains rient jaune.
Je n’ai pas le ticket cinq zones
Qui permet de descendre au Blosne ;
Je suis une drôle de personne. 

Le Blosne

Pour regarder ce monde exsangue
C’est certain, je choisis les angles
Les plus détachés de la sangle
Et crie sous la halle au Triangle. 

Triangle

Je suis bariolé comme un De Chirico,
Vivaldien comme un allegro.
Je chante des airs de folie
A la gloire de l’Italie. 

Italie

Un air frais envahit les villes
Dans lesquelles je marche tranquille.
Quelquefois je laisse des plumes
Entre le marteau et l’enclume. 

Henri Fréville

L’humain ne fait pas de quartier
Pour les « à côté de la plaque ».
Que je suive ou non le sentier
C’est bien certain : je fais le Jacques. 

Jacques Cartier

Mais gare aux retours de bâton :
On ne peut pas impunément
Se foutre du qu’en dira-t-on
Quand la parole est monument,
Quand émettent, sur le même ton
Celui qui crie, celui qui ment. 

Gares

Ah quoi ?! Déjà Charles de Gaulle ?
Et, toujours mis en examen,
Je cherche un lecteur qui rigole
Des pépiements de mon chemin. 

Charles de Gaulle

Je suis chardonneret public !
Si me dressez contravention
Je saurai bien prendre l’oblique :
Il n’est cage sans évasion. 

République

Partis comme églises me tannent,
Toutes les fleurs des bois m’étonnent
Et quelques-uns m’ont à la bonne
Entre Saint-Michel et Sainte-Anne. 

Sainte-Anne

Dans les profondeurs de la terre
L’écriture est mon seul pactole.
Pourquoi je ris ? C’est un mystère
Dans la sous-France d’Anatole. 

Anatole France

Aux urgences de Pontchaillou
Je n’irai pas, la chose est sûre
Me plaindre en hurlant qu’un caillou
A pénétré dans ma chaussure. 

Pontchaillou

Autant de gens dans l’univers,
Tant de villes et tant de cités…
Laissez-moi concocter des vers,
Chanter la biodiversité. 

Villejean Université

Quand le ciel est rouge incendie
Quand je suis pris de fatrasie,
Je sais descendre à Kennedy
Mettre des fleurs dans les fusils. 

J.F. Kennedy

P.S.

Or, rendu au bout du trajet
Je m’aperçois – vraiment, quel sot
Troublé par les « dring dring » !– que j’ai
Oublié Georges Clémenceau !

Clémenceau

 

AEV 1920-02 plan de la ligne 1 du métro rennais

11 septembre 2019

Consigne d'écriture 1920-01 du 10 septembre 2019 : Le Monopoly rennais

Réécrivez le jeu de Monopoly en le transposant à Rennes.


Il existe dans le jeu de Monopoly original six séries de trois titres de propriétés (rues, places, avenues) et deux séries de deux titres. Leurs couleurs sont, dans l’ordre : bleu marine (2), bleu ciel (3), violette (3), orange (3), rouge (3), jaune (3), vert (3), bleu outremer (2)

Reconstituez ces huit séries à votre guise en remplaçant les noms de lieux parisiens par les noms de rues de Rennes dans lesquelles vous dépensez ou pourriez dépenser de l’argent.

Pour chaque rue indiquez un magasin, un hôtel ou tout autre établissement dans lequel le joueur dont le pion arrivera sur cette case devra effectuer une dépense comprise entre 10 et 500 euros. Indiquez la nature de la dépense.

Les 4 gares seront remplacées par des lieux de plaisir (salle de spectacle, de sport, restaurant, café, cinéma, bibliothèque ou autre).

Il y a seize cartes "chance" et seize cartes "caisse de communauté". Chacune impose au joueur qui a tiré une de ces cartes des transactions financières ou autres à ses dépens ou en sa faveur. Elles sont comprises entre 5 et 250 euros. Réinventez-les à votre sauce en actualisant leur texte.

N.B. Chaque joueur dispose de 1500 euros lorsque débute le jeu et en touche 200 chaque fois qu'il passe sur la case départ. Le but du jeu est d’être ruiné le premier !

 

monopoly-rennes

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11 septembre 2019

Le Monopoly rennais / Jean-Paul

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19 juin 2019

Consigne d'écriture 1819-32 du 18 juin 2019 : A la façon de Marc Saada

A la façon de Marc Saada

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Marc Saada a écrit, à destination des enfants pas mal de livres dont trois titres en possession de l'animateur  :

Le livre des jamais contents – Le livre des toujours contents – Le livre des pas très gentils 

Il s’agit, à chaque fois, d’un recueil de quinze textes d’une vingtaine de lignes chacun.
C’est un animal ou une chose qui parle ou dont on parle.

En voici la liste :

Le jour qui se lève – l’escargot – la tortue – le grand frère – la fourmi – l’ornithorynque – le couscous – le flamant rose – la coccinelle – la poubelle – le caméléon – le crocodile – les légumes – le chauffeur de car – la taupe – la vache – l’écrivain – la poule – les poissons rouges – la grenouille – la princesse – la chouette – le lapin – le nounours – le castor – la fée – le prince – le clown – la mouette – le taureau – la cuiller et la fourchette – le ballon de foot – le poussin – la télévision – la pomme de terre – la pomme – la mer – le prince charmant – le dragon – le marteau – le chien – les chaussures – la pendule – la sorcière – la fourmi

Chacun des textes des trois livres a une forme spécifique :

Jamais contents : le texte commence par « Ce x ne voulait pas être un x » et le dernier paragraphe commence par « ce x (ou il ou elle) aurait voulu être un.e y ».

Pas très gentils : le texte commence par « Je m’appelle yyy je suis un xxx (y rime avec x) » et se termine par « Bien fait ! »

Toujours contents : le texte commence par « Je m’appelle yyy je suis un xxx (y rime avec x) » et se termine par « Alors, tu comprends maintenant pourquoi je suis si content d’être un xxx ? »

A vous de réécrire plusieurs de ces textes à partir de ces éléments.

N.B. Le site de Marc Saada (Papi Moto !) est ici. Il y a beaucoup d'humour dans ses textes très bien illustrés. Bravo et merci à lui et à ses illustrateurs.

18 juin 2019

Raoule , la petite poule trans, toujours contente

Je m'appelle Raoule
et je suis une poule.

AEV 1819-32 poule 3

A vrai dire je suis une poule trans,
j'ai rajouté un e à mon prénom de naissance
et depuis que je ne suis plus un coq
je suis toujours contente.

D'abord c'est moins fatigant d'être une poule.
Déjà, pas besoin, comme le coq,
de se lever aux aurores.
Pas de rang à tenir,
plus besoin de se pavaner,
pas besoin d'avoir l'air intelligent,
pas besoin de pérorer,
simplement déambuler,
caqueter, picorer,
simplement pondre un œuf
certains jours.

J'ai trouvé ma liberté.
C'est vraiment plus cool
d'être une poule
et depuis quelques années
le vent a tourné,
l'époque
n'est plus aux coqs :
des voisins incommodés
les font condamner.

Les poules au contraire sont très tendanceAEV 1819-32 poule 2
elles auraient même une intelligence,
surtout la poule de collection.
Moi je suis une Coucou rustique
mais ma copine est une Padoue très chic.
Pour nous faire cohabiter
nous sommes vaporisées
de la même essence parfumée
qui nous intègre à la communauté.
La nouvelle arrivée, d'étrangère,
devient familière,
c'est presque la paix assurée
au poulailler.
Nos habitations sont fonctionnelles
propres et coquettes
grâce au zéro déchet.
Notre alimentation est variée,
équilibrée,
nous participons à l'écosystème,
nous sommes devenues des petites reines
citoyennes.


Tu comprends maintenant
pourquoi je suis contente
d'être une poule trans ?

18 juin 2019

Léon le caméléon toujours grognon / Dominique H.

AEV 1819-32 cameleon 1

Léon le caméléon 
est toujours ronchon.

Déjà il ne voulait pas être un caméléon
et en plus il déteste son prénom. 
Parce que, évidemment, on l'a appelé Léon.

Et puis ça le rend irascible
d'être invisible.
Il aimerait tant être rouge dans un arbre vert
ou bleu turquoise sur la terre
ou jaune citron dans les airs
mais plus il est grognon
et plus il est marron.
C'est un drame pour ce dragueur
qui voudrait chatoyer de couleurs,
qui, au lieu de passer inaperçu,
préférerait être un m'as-tu-vu.

Le second drame de ce reptile
est sa langue protractile :
elle se déclenche à toute vapeur
comme un ressort sauteur
et le pompon c'est qu'elle est collante,
gluante ;
alors comment oser
un baiser
sans craindre de rester à jamais collé
à l'être aimé ?
Certes il aspire à convoler
mais certainement pas à fusionner :
il tient trop à sa liberté.
Il ne veut pas non plus se mutiler
et se retrouver la langue coupée, 
à ne plus pouvoir parler.


AEV 1819-32 cameleon 2Comment savoir sans essayer ?
Surtout qu'il a repéré
sur le baobab d'à côté
une caméléonne discrète
qui l'observe en cachette
il sent pour elle un attrait
et se dit qu' il lui plaît.
Secrètement il l'a nommée
Dulcinée.

Comment établir le contact
avec cette créature délicate ?
Il en perd le sommeil,
auprès du psy prend conseil
pour garder son assurance
et le goût de l'existence
mais pas de recette miracle. 
Alors ? Consulter les oracles ?

Soudain l'ouragan se lève
et vient balayer ses rêves
il s'accroche à la ramure
pour résister à la tempête qui dure.
Oubliée Dulcinée !
Il faut survivre, s'accrocher.
Une rafale plus violente
le transforme en soucoupe volante ;
le voilà qui atterrit
tout étourdi
dans une touffe d'herbe verte
contre une créature inerte.

AEV 1819-32cameleon-seducteurIl reconnaît Dulcinée :
elle est grise et inanimée.
Léon instantanément se colore
et même se multicolore ;
ses doigts zygodactyles
se font doux et habiles
et caressent Dulcinée
jusqu'à la réanimer.
elle ouvre son œil protubérant
et reconnaît son soupirant.
Elle revit, lui sourit
et lui aussi.

C'est la fin de la tempête
ils ont le cœur en fête
ils grimpent dans leur baobab préféré
pour y mêler leurs destinées
et grâce à Dulcinée
Léon ne sera plus grognon
ni ronchon ni marron !

18 juin 2019

Le Livre des jamais contents. 1 / Jean-Paul

2019 06 20 lapin blanc

Ce lapin ne voulait pas être un lapin. Et surtout pas un lapin blanc. Et surtout pas un lapin blanc qui s’appelle Jean-Jean.

Et surtout pas un lapin blanc toujours à la bourre qui court, qui court comme un balourd vers son terrier en hurlant « Je suis en retard ! Je suis en retard » comme s’il avait raté le début de Télé-foot.

Surtout que tous les jours, pour lui, c’est le même cauchemar. Il y a une fille aux cheveux blonds qui lui court derrière et quand il plonge dans son terrier cette grosse bêtasse fonce à sa suite et tombe dans un trou profond.

Vous croyez que les journaux s’intéresseraient à lui ? Ce n’est quand même pas tous les jours qu’on rencontre un lapin qui sait lire l’heure sur une montre à gousset, non ? Eh bien pas du tout ! L’histoire qui intéresse les gens c’est celle de la fille au fond du trou qui cherche des clés pour son avenir et boit de la gnôle pour grandir !

Ce lapin blanc, ce qu’il aurait voulu, lui, c’est être une reine rouge ! Une reine rouge ça ne court pas comme un dératé, ça trône sous un troène sur un trône royal et ça ordonne « Qu’on lui coupe la tête ! Qu’on lui coupe la tête ! ».

S’il avait été une reine rouge il aurait pu figurer dans le livre des pas très gentils ! Il aurait fait couper la tête d’Alice parce qu’à la fin du livre celle-ci se réveille et il s’aperçoit qu’il n’est même pas un lapin blanc mais juste une petite partie d’un rêve d’un pédophile anglais en Levi’s qui raconte des scaroles, enfin des salades, à des petites filles modèles dont l’une se prénomme Alice.

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