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L'Atelier d'écriture de Villejean

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26 janvier 2021

Un brin de folie au crépuscule / Marie-Thé

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Arrivée un soir d’automne au paradis, Violaine a perdu la notion du temps. Les jours, les nuits s’écoulent avec sérénité dans ce monde où la principale occupation est de se pâmer devant le bleu du ciel et les éclipses des étoiles.

Du matin au soir elle se déplace d’un endroit à l’autre en douceur, sur un sol ouatiné d’un blanc immaculé, en déplorant que les heures s’égrènent inexorablement toutes semblables les unes aux autres.

Violaine qui était sur la terre la reine des frangines en folies s’ennuie à mourir une deuxième fois dans ce monde si parfait !

Elle ne se voit pas survivre une éternité sans projets, sans risques et surtout sans le petit brin de folie qu’elle vivait avec ses amis lors de soirées inoubliables.

Jusqu’ici elle cache sa tristesse sous un sourire de rigueur. Mais l’Ange aux ailes de plomb veille sur Violaine. C’est lui qui a insisté pour la faire venir ici plutôt que dans le Paradis au rabais. Il remarque son malaise. Lorsqu’il lui propose de repriser l’azur au crépuscule, elle lui saute au cou.

Une bonne occasion pour elle d’inventer une de ces polissonneries dont elle avait le secret sur notre bonne vieille terre.

carte-bebert-plonk-335Par l’interstice d’un nuage fissuré, Violaine repère le jardin dans lequel, chaque samedi soir les copains se retrouvent pour l’apéro. Ils sont tous là. Elle enfile un bikini blanc, revêt un voile de fantôme et se glisse discrètement au travers des nuages.

Comme une tornade elle arrive près de ses amis qui ressentent un coup de vent violent. Un court silence s’installe comme s’ils percevaient une présence. Un fantôme peut-être ? Puis les verres se lèvent et on trinque à la vie, à l’amitié, l’amour, la joie ! Rien ne se passe. Violaine reste invisible !

Déçue, elle agite les bras créant un autre coup de vent violent et s’envole avec nostalgie vers le ciel.

Là-haut, l’ange aux ailes de plomb l’attend avec impatience. Il a remarqué le bikini blanc au travers du voile de fantôme et rêve de voir sa protégée dans cette tenue affriolante. Et pourquoi ne réaliserait-il pas son fantasme en créant lui-même un tourbillon ?

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26 janvier 2021

Oin-Oin soldat / Jean-Paul

les soeurs mata-hari

Mataharivonne et Mataharithé, comme on les avait surnommés, c’étaient vraiment, quand ils faisaient leur numéro, les frangines en folie ! Qu’est-ce qu’on a pu se marrer, de leur temps, dans notre régiment ! Elles avaient dû l’avoir au sentiment, le sergent-major recruteur, parce qu’en général, dans la marine suisse, on n’accepte pas les travelos.

Quand elles quittaient l’uniforme pour mettre du beau linge, qu’elles rembourraient leur soutif pour faire croire qu’il y avait du beau monde au balcon, on avait beau savoir qu’il faut se méfier des contrefaçons, eh bien on y croyait. On n’avait jamais vu un jeu de folles pareil. Comment elles te dansaient le tango des oubliettes en lançant : « As-tu vu ma croupe, Suzette ? » ! Impayables !

Mataharivonne, la blonde éruptive, c’était l’effeuilleur le plus subtil qu’on ait jamais contemplé. De la prestidigitation, ses polissonneries !

Mataharithé, diaphane en diable, taille de croupière et bas résilles hyper-tendus pour encaisser des dollars à vau-l’eau, avait le valseur énigmatique et la chevelure rousse. Elle faisait plus encore sorcière que sa sister mais c’était une môme en or massif.

Après leur numéro d’à saute-jarretelles, ça partait sur les chapeaux de roues à l’auberge de Zelda la Douce. Faut dire qu’on avait une belle descente de cave, que la sienne était bien garnie et que l’Härdöpfeler local titrait bonbon. Après la tournée des cocottes, la tournée du patron, on n’y allait pas de main morte avec la voleuse de santé ! Envoyez la soudure, hissez le pavillon, descendez les litrons !

***

Sauf qu’après leur départ soudain, aux sœurs Mata-Hari, on s’est pris tout sur le paletot ! Un brin d’apocalypse et un discours fumace du lieutenant Droz nous sont tombés dessus. Le vieux pétait du feu par les naseaux.

Ces deux salops, enfin, ces salopes, avaient embarqué d’après lui les plans du sous-marin nucléaire !

Hou les vilaines ! Qu’elles se soient envolées avec les diams de la couronne, passe encore c’était de bonne guerre. Mais nos deux travestis, nous en sommes restés de tous nos sens interdits, c’étaient vraiment deux femmes !

- Bande de niais qui n’avez rien vu ! nous a balancé le lieutenant. Vous auriez dû vous douter, quand même ! Mataharivonne ça rime avec ?

- Espionne !

- Et Mataharithé ?

- Avec féminité !

- Voilà ! Vous auriez pu faire le lien avant ! Ca sert à quoi qu’on vous donne des cours de rap à röstis, hein ? Allez, enfourchez vos balais, vous êtes de corvée de chiottes ad vitam eternam !

Quelle connerie, la guerre !

26 janvier 2021

Énigme / Josiane

En ce temps-là nous savions que notre planète Terre avait été mise à mal, que la couche d’ozone avait pris un sacré coup de vieux et que nos déplacements, nos voyages, nos inventions du diable, notre poursuite de toujours plus et toujours plus vite empirait la situation à chaque instant où nous respirions sur ce qui fut une belle planète.

Ce que nous apprîmes cette année-là du grand professeur Delalune c’était qu’il y avait dans la stratosphère de belles âmes qui tentaient de réparer nos dégâts jour après jour.

Les croyants s’emparèrent de cette connaissance scientifique et conclurent de cette découverte qu’il s’agissait de créatures qui, pour gagner le ciel, devaient sans cesse réparer les dégâts causés par ceux qui avaient été leurs congénères. Paradis au rabais autrement dit, car réparer le ciel c’était la possibilité d’admirer au plus près la plus belle des créations, la star d’outre monde, le ciel étoilé.

Les mécréants eux, essayaient de donner une version plus cartésienne. Mais comment expliquer la présence de ces femmes belles à faire pâlir la nuit dont les astronautes nous rapportaient les images et que beaucoup auraient aimé voir sans voiles.

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Il y avait aussi l’ange aux ailes de plomb qui surveillait cette nuée d’aiguilleuses du ciel comme on les nommait et leur indiquait l’endroit où elles devaient se rendre pour repriser encore et encore la voûte céleste.

Il était monté sur un magnifique pur-sang qui crachait du feu par les naseaux, provoquant une éclipse d’étoiles, laissant derrière lui comme un brin d’apocalypse.

Tout cela avait été rapporté par le professeur Delalune, grandspécialiste de l’espace. Lui prétendait que ces créatures avaient
toujours existé mais qu’étant donné les ravages gigantesques provoqués par les Terriens ces dernières décennies, elles étaient de plus en plus nombreuses. Nul ne savait d’où elles venaient et si elles se reproduisaient et si c’était le cas comment, car personne n’avait jamais vu d’équivalent masculin aux alentours.

AEV 2021-16 Josiane - L'Ange aux ailes de plomb

Les mâles vivaient ils dans la partie encore inexplorée de la stratosphère ? Les chercheurs essayaient désormais de résoudre cette énigme. Ils avaient tous leur théorie, cela faisait grand bruit et donnait un os à ronger aux journalistes de tous bords.

La théorie la plus probable selon Delalune était que l’ange aux ailes de plomb n’était pas pour rien dans la multiplication des beautés ravaudeuses : il était d’une grande beauté et restait éternellement jeune.

Pour défendre son hypothèse, il collecta des fonds gigantesques et envoya une mission pour observer cet «Ange» qui n’en était pas un car ce que la mission rapporta ne peut être décemment révélé dans ces pages.

 

 

26 janvier 2021

Au bal masqué, Ohé ! Ohé ! / Maryvonne

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Cette année-là, la Saint-Valentin s'annonçait sous les meilleurs auspices pour madame la Baronne. Tout le monde avait répondu à son invitation.

Oui mais ça, c'était il y a deux années déjà et il ne restait plus que le souvenir de ce fantastique bal masqué où, avec sa famille, ils s'étaient déguisés en grenouilles. Il y avait quelque part dans sa mémoire cet amant qui l'appelait « Belle en cuisse ». Les motivations sont parfois bien étranges.

Madame la Baronne était fine mouche et elle savait très bien que certains en auraient profité pour rire sous cape et les associer aux grenouilles de bénitier. Une invitée décolletée jusqu'au fils et très insolente avait même trempé ses doigts dans la coupe de champagne et fait son signe de croix. Une blonde éruptive demanda au fils s’il allait jouer à saute-jarretelle avec ses cuisses de grenouille.

Cette soirée avait beau réunir du beau linge il y avait une ambiance décadente avec des polissonneries dignes de bacchanales. On s'y embrassait à bouche-que-veux-tu et les danses avaient des noms évocateurs comme le tango des oubliettes, Enfourchez vos balais et la très fameuse Croupe Suzette qui mettait les sens en folie.

Vers minuit il y avait eu un grand concours. Un paquet de blondes toutes avec une tigresse dans le moteur devaient reconnaître le valseur énigmatique. Pour cela il passait de bras en bras pour que chacune relève des indices. Les mains se faisaient baladeuses et après un contact muet pour faire durer le suspense il ajoutait à la fin le son de sa voix en disant «Hou ! Les vilaines !». Quand l'une d'elles avait reconnu le valseur elle avait le droit de dire «Tu viens, Shérif ?» et le couple disparaissait.

Pour les autres convives la fête continuait à faire pâlir la nuit jusqu'au moment où Madame la Baronne déclarait : «Tous au pageot !».

***

Mais cette année c'était devenu totalement surréaliste alors que toute la population vivait masquée à cause d'un virus. Madame la Baronne dut envoyer à ses invités habituels ce message incroyable :

«Le bal masqué est reporté à une date ultérieure».

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26 janvier 2021

Que souhaiter à un fantôme ? / Laura

carte-bebert-plonk-335 B

Que souhaiter à un fantôme ?

La santé n’est plus son problème.

Plutôt lui demander «à corps et à cris»
De veiller à la nôtre.

L’inviter à nous visiter
Jusqu’à pâlir la nuit
Noire des angoisses
Et en faire une
Nuit câline,
Blanche de caresses
A saute-jarretelles.

N’éteins pas la lumière !
Au voyeur, je trinque !

Qu’il se rince l’oeil
Et le reste !

Il demandera :

- C’est vous le zombie ?
Quelle forme alors que
Moi qui suis jeune … !

Nous lui répondrons
Par notre Croupe Suzette
De Chandeleur
Que les polissonneries
N’ont pas d’âge.

Ce sont les seules choses
Qui s’usent si on ne s’en sert pas,
Sauf problème de santé.

Alors à la vôtre, fantôme de l’apéro !

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26 janvier 2021

C’est vous le zombie ? / Jean-Paul

A corps et à cris je l’aurais réclamé, ce quatrième voyage dans la cité des doges ! J’en avais fait le titre d’un recueil de poèmes : «Je veux retourner à Venise !».

Eh bien désormais, c’est fini. Y’a du tirage entre nous. Elle est devenue, la Sérénissime, un paradis au rabais, le diable incarné, la marionnette de la mondialisation.

Quand je vois ces documentaires sur le tourisme de masse, j’ai un cœur qui saigne. Entre les paquebots géants, les commissariats et presbytères transformés en hôtels ou en restaurants, le ballet bleu des valises à roulettes et les Airbnbs à tous les étages, je me dis qu’on se tape la tête. C’est qu’il y en a des Béotiens et du «beau» monde au balcon qui trouve juteux à souhait de transformer cette ville belle à pâlir la nuit en Disneyland mondial.

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Alors tant pis pour le carnaval, les gondoles sous la neige, les couleurs de Burano, l’acqua alta que je ne verrai pas ou plus. Continuez le massacre sans moi ! Il me reste mes photos de lieux diaphanes en diable, mes petites aquarelles et mes disques de Vivaldi.

De toute façon il y a désormais un tueur parmi nous. Les voyages sont interdits pour un sacré bout de temps ! Respire Venise ! Remercie le virus qui t’apporte la paix ! Nous autres qui nous prenons tout sur le paletot, nous serons bientôt tous au pageot avant d’aller dormir dans le cercueil capitonné qui nous attend plus vite que nous n’avions prévu !

J’arrête ici mon homicide-blues ! Bonne année pour les gnomes quand même !

20 janvier 2021

Consigne d'écriture 2021-15 du 19 janvier 2021 : Taggle !

Taggle !  


 Soit, dans la colonne de gauche du premier tableau une série de dix répliques A, tirées des cartes d’un jeu appelé "Taggle !".

Réplique A Votre Réplique B
Ca va être dur mais… je te quitte !  
Méfie-toi, ces derniers temps je pars au quart de tour !  
J’ai toujours peur qu’il m’arrive un truc moche  
Cette année j’ai été élue reine du muguet  
Sincèrement, je crois que j’ai gâché ma jeunesse  
Je ne sais pas pourquoi, en ce moment, je ne pense qu’au grand amour romantique et passionnel…  
Le sexe, j’ai décidé d’arrêter !  
Je vais te dire… La vie est trop dure !  
Non je ne me calmerai pas !  
Les femmes sont en général plus distinguées que les hommes  

Soit dans le tableau suivant vingt réponses possibles à l’assertion A. Faites votre choix dans ces vingt réponses pour faire de dix d’entre elles les dix répliques B du premier tableau. 

Réplique B
A l’ancienne, quoi !
Rappelle-moi : ça fait combien de temps qu’on se connaît ?
Si je peux rendre service…
Eh bah bravo, c’était bien la peine de faire un bac+ 10 !
Personnellement je trouve ça relativement obscène
C’est ça, et moi je suis Cléopâtre !
Houla… J’aimerais pas être à ta place !
Ouaaaah ! La chance !
Je sais ; t’es connu(e) pour ça !
C’est pour ça que t’es pas sorti(e) de ta chambre depuis deux jours ?
Là, on flirte avec la connerie !
Comme neuf Français sur dix
Mais c’est monstrueux ! MONSTRUEUX !
Et mon p’tit bisou, tu le veux où ?
Allons, allons… Une petite tisane à la camomille ?
Si tu veux je peux te présenter ma sœur. Elle adore ça !
Excellent raisonnement !
Et donc c’est pour ça que t’as oublié mon anniversaire ?
Faut p’têt que tu y mettes un peu du tiens aussi !
Et moi qui voulais t’accorder une deuxième chance…

Lorsque cela est fait choisissez un, trois, cinq ou neuf de vos couples de répliques et faites-les apparaître :

- Dans un extrait de roman policier ;
- Dans un conte traditionnel ;
- Dans un scénario de film ;
- Dans ce que vous voulez !

 Deux exemples de couples de répliques tirés du même jeu :

- Allumeeeez le feu !
- Je suis sûr que tu dis ça à toutes les femmes !

- Ce matin un lapin a tué un chasseur.
- Ben comme ça on est peinard !

19 janvier 2021

Paf ! Prends ça dans le pif ! / Jean-Paul

- J’ai toujours peur qu’il m’arrive un truc moche, Julot !

- C’est pour ça que t’es pas sortie de ta chambre depuis deux jours ? Qu’est-ce qui peut t’arriver ? Un bouton sur le pif ? Il n’en serait que plus joli, ma princesse adorée !

- Je ne sais pas pourquoi, en ce moment, je ne pense qu’au grand amour romantique et passionnel…

- Eh bah bravo, c’était bien la peine de faire un bac + 10 ! Si c’est pour accoucher d’une midinette qui pense comme chez Harlequin!

- Sincèrement, je crois que j’ai gâché ma jeunesse, Jules !

- Comme neuf Français sur dix ! Huit Italiens sur neuf ! Trois Egyptiens sur quatre ! Allons, ils ne te plaisent plus nos petits cinq à sept ?

- Non. De toute façon, le sexe, j’ai décidé d’arrêter !

- Mais c’est monstrueux ! MONSTRUEUX !

- On ne peut pas en dire autant de ce qu’il y a sous ta ceinture. Ces derniers temps t’a pas souvent la gaule au moment du repos du guerrier ! T’es pas que mou du genou, mon chou ! Ca va être dur à encaisser, C.J.C., mais j’ai pris la décision : je te quitte !

- Ah ben voilà, nous y sommes ! A l’ancienne, quoi ! Peux-tu m’expliquer pourquoi la moutarde t’est montée au nez, tout d’un coup ?

- Vaudrait mieux pas. Ça risque de trop piquer. C’est une accumulation. Rappelle-moi : ça fait combien de temps qu’on se connaît ? Depuis que je suis arrivé en tapis on a mis trop de poussière et de rancœurs dessous, ça m’asphyxie, ça m’empoisonne et ça peut exploser grave. Méfie-toi, ces derniers temps je pars au quart de tour !

- Je sais ; t’es connue pour ça ! Tu as un caractère à t’emporter pour un rien, à briser les vases, à grimper aux rideaux. Combien de fois ne t’ai-je pas conseillé de te calmer, ma douce ?

AEV 2021-15 Jean-Paul - reine du muguet

- Non je ne me calmerai pas ! Non je ne me calmerai pas, connard ! J’en ai marre de ta soif de pouvoir, de tes côtés machos, mégalos, proxos, triomphaux. T’es vraiment qu’une caricature de Julot !

- Allons, allons… Une petite tisane à la camomille ? Et puis cesse de jurer comme ça ! Les femmes sont en général plus distinguées que les hommes

Paf ! Elle le gifle !

- C’est ça, et moi je suis Cléopâtre !

- Ben ? Oui, bien sûr ! Non ? D’un seul coup d’un seul t’as été élue reine du Muguet à Compendium (Gaule supérieure) ?

19 janvier 2021

Ne pas dépasser la dose prescrite / Raymonde

- Ça va être dur, mais je te quitte !AEV 2021-15 Raymonde - grue 2

- Et moi qui voulais t’accorder une dernière chance ! Tu pars avec l’autre grue ? Roberte me l’avait bien dit : un jour il va te la faire à l’envers et tu vas te retrouver comme deux ronds de flan. Ma soeur a toujours de bonnes intuitions.

- Ta soeur, ta soeur qui se shoote au tétraborate ?

- C’est ce que tata Roberte avait mis dans sa tarte au sucre à la place de la levure et que ça l’a rendue toute bizarre ?

- Va jouer mon petit, ta maman et moi avons une conversation d’adultes.

- Méfie-toi ! Ces derniers temps, je pars au quart de tour.

- Je sais, tu es connue pour ça !

AEV 2021-15 Raymonde - 280px-Grue_révolutionnaire_(Halle_aux_charges,_1883-03-24)- Je peux très bien aller lui démonter le portrait à la grue.

- M ‘man, pourquoi tu veux démonter la grue ? Tu ne travailles pas sur le chantier !

- Qu’est ce qu'elle a de plus que moi cette.... (ajoutez-y ce que vous voulez, Mesdames ! ). Cette année, j ‘ai été élue reine du muguet quand même !

- C’est ça et moi je suis Cléopâtre ! Ce qu’elle a de plus je ne sais pas, mais ce qu’elle a de moins c’est 20 ans et 20 kilos !

- Mufle, goujat ! Sincèrement, je crois que j’ai raté ma jeunesse. Tout sacrifier pour un goujat !

- Comme neuf Français sur dix, toujours l’impression qu’on a raté sa vie. Je vais te dire, la vie est trop dure, alors c’est pour ça que moi, je vis une deuxième jeunesse avec Ursula, alors calme toi !

- Non, je ne me calmerai pas !

Elle appelle son fils en douce :

- Porte ce mot à Tata Roberte, fais vite mon chéri !

En route, le petit bonhomme, curieux comme une pie, ne peut s’empêcher de lire le mot que sa mère adresse à Tata Roberte.

" Peux-tu me procurer une bonne dose de tétraborate STP ?
Signé : Ta soeur qui t’en sera TRÈS reconnaissante. »

Le petit revient bien vite de chez Tata Roberte avec un sachet de poudre blanche.

- Bon, excuse-moi, Robert, je me suis emportée. Les femmes sont en général plus distinguées que les hommes alors faisons la paix, buvons le bouillon euh la tisane de la réconciliation. Allons, allons, une petite tisane à la camomille !

Vomissements, syncope ! Pompiers ! Anéantissement général.

- M ‘man, c’est bizarre ! Papa il a eu la même maladie que Tata Roberte pourtant il n’a pas mangé de tarte au sucre, hein, M’man ?

La grue ne l’a pas attendu, elle l’a laissé tomber pour le jeune chef de chantier d’à côté.


NB : Le tétraborate est indécelable dans les analyses de sang et d’urine.

AEV 2021-15 Raymonde - grutier-interim-solano

19 janvier 2021

Rêver / Marie-Thé

AEV 2021-15 Marie-Thé - Kiraz

- Je ne sais pas pourquoi, en ce moment, je ne pense qu’au grand amour romantique et passionnel… J’ai la tête pleine de rêves. Je me sens dans une bulle d’espoir sur un bonheur à venir.

- C’est pour ça que t’es pas sortie de ta chambre depuis deux jours ? Tu penses que ton grand amour va arriver dans un colis par la poste ? Ou bien qu’un prince charmant va frapper à ta porte en te disant : « Je suis le personnage de ton rêve ! » ?

Eh bien ma fille, redescends sur terre, remue-toi ! Va courir dans les rues et accroche le regard des beaux gars, promène-toi dans les jardins, arrête-toi à la buvette pour boire une bière et n’hésite pas à faire ton œil de biche. Ton pressentiment d’espérance d’un grand amour à venir se réalisera peut-être ? Qui sait ?

 

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