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L'Atelier d'écriture de Villejean

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2 février 2021

La Fille sans chichis / Marie-Thé

Dans ma famille on m’appelle Sissi. Mon frère c’est Jojo et ma sœur Momo. En réalité ma soeur s’appelle Monique, mon frère Georges et moi Simone, prénom que je trouve un peu gnangnan. Même maintenant où je suis arrivée à un âge plutôt avancé je conserve le prénom de Sissi. J’aime bien.

Un jour, en rentrant de l’école, je surprends Manman, Mémé et Tata Zaza en grande conversation. « Il est temps d’emmener Sissi chez Mme Froufrou » dit Mémé.

Je suis plutôt du genre garçon manqué. Pantalon et tees-hirt sur le dos, tennis aux pieds, j’aime bouger, jouer à cache-cache ou faire du patin à roulettes avec mon copain Lulu qui est un peu olé-olé. Si je veux conserver son amitié, pas question d’être chichiteuse ou bling-bling.

AEV 2021-17 Marie-Thé Pom pom girl

Madame Froufrou tient un petit bouiboui de sous-vêtements au fond d’une impasse de la Place Hoche. Elle est connue de tout le quartier pour vendre des « dessous ». Elle essaye, retaille ou rembourre les soutifs des nanas qui en ont envie.

C’est une petite femme un peu ronde qui se déplace autour de moi pendant l’essayage et place des aiguilles un peu partout. « Arrête de bouger, mon p’tit loulou » dit-elle. Je suis un peu nunuche et je n’ai rien à faire des chichis qu’elle me met sur le dos. Je n’ai pas envie de ressembler à une Pom-pom girl !

En attendant, Manman tripote les combinaisons en dentelles, les jupons et toutes sortes de froufrous qu’elle aimerait avoir les moyens de s’offrir. Elle raconte à Mme Froufrou les cancans du quartier et toutes les deux se moquent de la mère Michèle, un peu gnangnan, du père Hubu complètement gaga et de Mimi Gisèle qui se prend carrément pour une star… Elles rient à gorge déployée.

Pendant ce temps-là, plantée devant le miroir de la boutique, je contemple ma nouvelle silhouette en me demandant si je suis aussi jolie que Sissi impératrice.

AEV 2021-17 Marie-Thé Sissi

 

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2 février 2021

Les Deux soeurs / Anne J.

AEV 2021-17 Anne J

- C'est la mouche tsé-tsé qui m'a rendue gaga, soupire Tata Zaza dans le boui-boui de Baden Baden ou elle s'est réfugiée avec Bibi, sa sœur préférée.

- T'as jamais été fute-fute, réplique Bibi en secouant ses frous-frous pour détacher les bonbons que sa fille Mimi Cracra a collés sur son boubou.

- Mais moins nunuche que Nana Mouskouri et moins prout-prout que Sissi ou Coco Chanel en tout cas !

- Ça n'est pas drôle, vraiment de s'endormir partout, reprend Zaza en faisant des guili-guili à son chien-chien, un gros chow-chow caramel qui est son chouchou.

Tata Zaza a été une belle femme avec des beaux lolos, elle aurait pu être pom-pom girl mais elle a choisi le french cancan, ses frous-frous et ses flonflons. Sa sœur Bibi est une dondon qui joue du crincrin et fait des orgies de baba au rhum à l'agar-agar.

C'est promis quand on sera sortis de cette fichue pandémie, les sœurs iront sans chichi faire du paddle sur le lac Titicaca ou acheter des gris-gris sur le Popocatepetl, à moins qu'elles ne préfèrent le pousse-pousse sur les plaines tatares

Mais ce qui est certain c'est qu'elles emmèneront leur sœur Anne dont les deux devises préférées en ce moment sont :

- Je ne vois rien venir ! en réponse à la célèbre question : Anne, ma sœur Anne,,,

et :

- Tout plutôt que le gnan-gnan du train-train quotidien !

2 février 2021

Le Chien chien à sa mémère / Maryvonne

AEV 2021-17 Maryvonne - Le chien-chien

Eh bien, là, vous voyez c'est moi et c'est pas moi. Le genre « prout prout ma chère » sur cette photo vous allez rire, c'est juste le clown qui sommeille en moi et qui de temps en temps fait la neuneu de service. S'échapper pour un instant de folie, s'extraire d'un coup de flash de ce monde plan-plan.

Être juste un cliché et rompre le ronron quotidien pour rire à gogo. Paraître un peu olé-olé pour juste voir sur vos visages un étonnement, un sourire, une détente. Au fond je suis plutôt sans chichis et je m'étonne d'avoir mimé ce jeu de jambes qui ferait honte aux admirateurs de Zizi Jeanmaire.

Dans la vraie vie je ne suis pas le genre à parler à mon chien comme à un bébé : « Viens mon toutou, rapporte le nonos à maman ! Qu'il est beau mon titi, mon loulou ! » Déjà ce langage ne conviendrait pas du tout à ce cabot sans race, un peu foufou qui répondait au nom de Jedi. Enfin quand je dis répondre c'est abusif vu qu'il était un peu désobéissant et fugueur. Le genre chien de Jean de Nivelle qui s'enfuit quand on l'appelle.

Non, non, déjà à mes bébés je parlais normalement. Il n'y avait pas de lolo dans le biberon, ni de voyage dans la toto à papa qui fait vroum-vroum. Pas de pan-pan cucul non plus si tu ne vas pas faire un mimi à Tata Lulu. Quand même un dodo de temps en temps ça ne fait pas de mal.

Il y a bien un passage dans mon adolescence où mes amies s'appelaient Jojo, Yaya, Tintin, Sosso, comme si « de facto » raccourcir leur nom rapprochait les amis.

Dans mon métier j'ai essayé de ne pas bêtifier mais impossible d'échapper à la littérature enfantine qui regorge de raccourcis. Tom Tom et Nana, Riri, Fifi et Loulou, Jojo Lapin, Nounours etc..

Longtemps j'ai aimé les déguisements comme un genre de cache-cache avec la réalité, sans doute ne suis-je plus assez zinzin pour ces distractions, me voilà trop terre-à-terre. C'est la vie qui fait bobo au moral, qui fuit les flonflons mais garde encore heureusement les tchin-tchin !

2 février 2021

Tonton Riri / Josiane

Tonton Riri avait un quotidien bien huilé, une sorte de train-train que rien ni personne n’aurait pu mettre en péril.

Il se levait à l’aube et préparait dare-dare son petit café dans lequel il versait quelques gouttes de lait. A la suite de quoi il sortait précautionneusement du placard une boîte en fer sur laquelle on pouvait voir Riri, Fifi et Loulou, ses héros favoris de bande dessinée lorsqu’il était enfant. Elle lui avait été offerte par sa tante Mimi et il y tenait comme à la prunelle de ses yeux. De la boîte il sortait trois petits gâteaux secs en forme d’étoile dont je n’ai jamais su le nom. Où se les procurait-il ? Ceci était toujours pour moi un mystère. Jamais quatre, jamais deux….toujours trois qu’il trempait dans son café au lait et dégustait religieusement avant de refermer la boîte, de la mettre en lieu sûr et, vous n’allez pas le croire, de filtrer avec une passoire à mailles très fines le reste de café au lait qu’il débarrassait ainsi des morceaux de gâteaux tombés dans le bol. Puis goulument, il dégustait son café au lait débarrassé des miettes indésirables.

AEV 2021-17 Josiane - 01 Chat

Ensuite venait le tour de Lady Gaga, sa chatte angora. Il lui préparait un repas aux petits oignons. Des crevettes décortiquées coupées en minuscules petits morceaux sur lesquels l’animal se jetait chaque matin avec la même voracité.

Tonton Riri entonnait alors « Le petit quinquin » tout en enfilant une pèlerine hors d’âge et se coiffait d’un bonnet de laine, cadeau de Mémé Toc-toc. C’est ainsi qu’il nommait sa grand-mère car elle avait un petit grain de folie charmant qui permettait au petit Riri de passer des vacances de rêve auprès de cette femme qui admettait de son petit-fils tout ce que lui interdisaient ses parents, un couple de grincheux, toujours mécontents de leur sort et que Riri encombrait prodigieusement.

Une fois revêtu de sa pèlerine et de son bonnet, il chaussait des bottes trop grandes pour lui, qui faisaient flop-flop à chaque pas. A peine sorti, il sifflait Jojo, son berger allemand, et partait pour une longue promenade sur le sentier des douaniers tout proche de sa vieille chaumière. C’était alors pour lui le meilleur moment de la journée.

AEV 2021-17 Josiane - 02 nuages et lacLe soleil se levait à peine sur la mer et, seul sur ce sentier la plupart du temps battu des vents, il se croyait le maître du monde. Jojo gambadait devant lui puis le rejoignait pour s’éloigner à nouveau faisant ainsi deux fois le trajet de son maître.

Il profitait de chaque pas, de chaque respiration et s’enivrait des embruns et des parfums de la végétation qui s’éveillaient avec le jour naissant. Dire que d’autres partaient au bout de la terre, au mépris de la planète. Il recevait des cartes postales de tous les coins du monde : Le lac Titicaca, la grande muraille de Chine, New-York, Hong-Kong, le Mexique et son Popocatepetl, etc. etc. Tout cela n’était pour lui que de la poudre de Perlimpinpin destinée à montrer que l’on avait réussi et que l’on pouvait s’offrir le bout du monde. Mais il n’était pas nunuche, il préférait ses promenades planplan, pied ferme sur sa terre bretonne qu’il n’avait jamais quittée et qui ne le décevait pas.

Au quatrième kilomètre se trouvait la maison de Vroum-Vroum ainsi nommé parce qu’il circulait à motocyclette, une motocyclette qu’il avait un peu trafiquée et qui faisait un bruit d’enfer. Il s’arrêtait tous les jours chez VroumVroum qui lui offrait un petit remontant, histoire de tailler une bavette, puis il rebroussait chemin.

Le retour ne se faisait pas sans peine et dix heures sonnaient au clocher du village lorsqu’il déposait sa pèlerine au porte-manteau de l’entrée. A dix heures quinze il appelait Lulu son copain de toujours qui, moins chanceux que lui, avait dû se résigner à aller vivre en ville. Comme lui, il avait du mal avec le bling-bling des cités : qu’avait-on besoin de changer de vêtement à tout bout de champ, de s’offrir le dernier téléphone à la mode, de changer de voiture à la moindre panne. Ils avaient de longues discussions philosophiques se terminant toujours par une phrase cinglante à l’encontre de ces «villotins», bobos pas très futes-futes, plutôt olé-olé, qui préféraient les flonflons de la fête aux grondements de la mer et aux hurlement du vent.

Il était alors temps de songer à reprendre des forces et tonton Riri se coupait une large tranche de pain dans la miche qu’il avait pétrie et cuite la veille dans le vieux four à pain qui avait servi à son grand-père surnommé Fanfan la tulipe (à cause de son prénom, François, et de son penchant pour la gent féminine) et à son père. Il tartinait largement ce pain d’un bon fromage blanc tout droit venu de la ferme de la mère Juju sise à quelques tours de roue de vélo. Quelquefois il ajoutait à ce maigre repas une belle tranche de lard cuit qu’il partageait avec Jojo ou quelque oeuf sorti de son poulailler. Ses arbres fruitiers lui donnaient pommes et poires en suffisance pour passer l’hiver. L’été il se régalait de fraises, framboises, pêches et autres douceurs qu’il partageait volontiers avec le voisinage.

Venait ensuite l’heure de la sieste, l’hiver près de la grande cheminée et l’été sous un chêne sans âge. La sieste durait longtemps, si longtemps que d’aucuns pensaient qu’il avait dû rencontrer une mouche tsé-tsé malveillante.

Il n’était pas rare que cette pause dure jusque vers seize heures, au grand dam de Lady Gaga qui n’avait de cesse de réveiller le dormeur en minaudant comme une jouvencelle énamourée. Mais rien n’y faisait, Tonton Riri dormait profondément du sommeil du juste.

Vroum-vroum qui un après-midi lui rendit visite prit même peur, le croyant trépassé. Il essaya le tam-tam, les guili-guili, rien n’y fit. De guerre lasse, il lui versa un seau d’eau sur la tête ce qui réveilla notre homme mais le mit de fort méchante humeur. Vroum-vroum ne rendit plus jamais visite à Tonton Riri à l’heure sacrée de la sieste. Le réveil était difficile, la fin de l’après-midi se trainait en longueur, l’heure du dîner se faisait attendre, Tonton Riri prenait un petit en-cas, deux biscuits en forme d’étoile, jamais un, jamais trois. Le rituel était immuable.

Le diner était frugal, une soupe concoctée avec les légumes du jardin dans laquelle il taillait des morceaux de pain, et le fromage blanc de la mère Juju. Tonton Riri se couchait tôt, il dormait dans un lit alcôve avec Lady Gaga qui lui tenait lieu de bouillotte pendant les grands froids, Jojo le berger allemand veillait sur son sommeil couché sur une peau de chèvre au pied de son lit.

***

Tonton Riri s’est endormi pour toujours. Il n’a pas supporté le confinement et s’est laissé mourir. Ne plus pouvoir arpenter le sentier côtier, ne plus pouvoir rendre visite à Vroum-Vroum lui était sans doute devenu insupportable. C’est la mère Juju qui, ne le voyant pas venir quérir son fromage blanc de la semaine, s’ enquit de lui et le trouva privé de souffle au pied de son chêne.

Je suis son seul héritier, j’ai voulu faire un sort aux petits gâteaux en forme d’étoile qui m’intriguaient depuis toujours et auxquels Tonton Riri n’avait jamais voulu me faire goûter. Au fond de la boîte j’ai trouvé la recette…. Et devinez ce qu’ils contenaient ? De la farine, du sucre, du miel, des oeufs, de la levure et… du haschich !!!!

AEV 2021-17 Josiane - 03 Riri, Fifi et Loulou

2 février 2021

Baden-Baden ? / Jean-Paul

AEV 2021-17 JK Baden-Baden

« Nul ne guérit de son enfance » chante Jean Ferrat alors que, de mon point de vue, ce n’est pas une maladie !

Je suis peut-être un peu zinzin ou pas fute-fute mais cette époque où l’on jouait à cache-cache, au yoyo, au tac-tac, où l’on se gavait de bonbons, où l’on pouvait pleurnicher «Non mais allô quoi maman bobo !» il me semble bien que, à l’instar de Souchon, «j’ai dix ans» et je n’en suis pas sorti. Le premier qui dit que je suis bidon à un gage : chanter une chanson de Nana Mouskouri avec un truc en plumes dans le derrière façon Zizi Jeanmaire !

Enfants, je nous promets un bel avenir : nous aurons plein de souvenirs !

Souvenirs de l’école où nous rêvions tous d’être le chouchou de la maîtresse, des flonflons de la ducasse, comme on appelle au pays du Petit Quinquin cette fête à Neuneu où l’ado fait le kéké dans l’auto tamponneuse et caresse les petits lolos de la pom-pom girl locale – en fait une majorette un peu nunuche ! – sous la bâche propice de la chenille qui redémarre, des cancans sous le préau, d’une vie sans chichis et des jeux à qui mieux-mieux.

Remembrances de lectures et de films pour simili-bègues : Tintin, Bibi Fricotin et Razibus Zouzou, Pif le chien, Hercule le chat, Tonton Césarin, Tata Agathe, Doudou, Riquiqui l’ourson, Roudoudou le chevreau, Tintin le petit reporter, Fanfan la Tulipe, Modeste et Pompon, Titi et Grosminet, Fifi Brindacier, les neveux d’Onc Donald, Riri, Fifi, Loulou…

Eh quoi ? Il faudrait quitter tout cela pour aller jouer du coupe-coupe à Pago-Pago, embarquer dare-dare dans le Boeing Boeing pour aller étudier les ravages de la mouche tsé-tsé au pays des tam-tams et des femmes en boubou, gri-gri obligatoire pour éviter la fièvre, ou simplement jouer au gogo dans un bureau : métro-boulot-dodo, jaja, tchin-tchin, French cancan , froufrous de dentelle, zizi-panpan olé-olé avec pépée parfumée chez Coco Chanel puis plans plan-plan de vie pépère avec train-train quotidien, popote surgelée, tortore livrée, tourisme au lac Titicaca, vacances à la papa ou safari photos au Popocatepetl ? C’est ça, être adulte ? Ronronner comme un chat ascendant coq-en-pâte ?

Désolé mais c’était plus drôle avant quand le lait s’appelait lolo, le nouveau-né bébé, le sein néné, le vieux gaga, le train tchou-chou, la voiture vroum-vroum, le klaxon pouêt-pouêt, le cheval dada, les jouets joujoux, le violon crincrin, le discours télévisuel blabla, le vase de nuit popo et l’urine pipi ; quand, au lieu de la haine déversée sur Twitter, on riait comme des fous avec Mimi Cracra ou bien « caca boudin » !

Et s’il y a un fait qui me réjouit c’est bien de repenser à ce même mouvement de régression vers les mots à consonnes redoublées constaté chez… le général de Gaulle pendant les événements de mai 1968 ! N’est-ce pas à Baden-Baden qu’il est allé chercher un moyen de faire pan pan cucul aux cocos, aux maos et aux autres affreux jojos de la chienlit ?

Heureusement, il n’a rien trouvé là-bas. C’est très surfait, Baden-Baden ! Même chez les barbares on ne trouvait plus – ou pas encore - de poudre de Perlimpinpin pour venir à bout des Gaulois réfractaires !

AEV 2021-17 JK Baden-Baden 2

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2 février 2021

Docteure "Feuilletons" et Miss "Culture" / Laura

AEV 2021-17 Laura - Bibi Fricotin 3

Quand elle était gamine, Cannelle jouait à cache-cache avec sa mère pour regarder à qui mieux-mieux des feuilletons type soap ou français chez sa grand-mère qui n’était pas une baba-cool mais qui avait une jeunesse un peu rock n’roll. Le père de Cannelle avait fait son service à Baden-Baden et sa fille n’a pas pu lui raconter son séjour dans cette ville avec son mari qui aimait le baba au rhum.

Si Cannelle a un goût de barbare en matière de télé, ça ne l’a jamais empêchée de faire ses devoirs, de faire des études supérieures et de lire des livres d’intello. Docteure "Feuilletons" et Miss "Culture." Si elle n’a pas eu de bébé, c’est parce qu’elle ne voulait pas risquer de transmettre ses bobos existentiels (transmis pour certains par le cordon ombilical, semble-t-il).

Peut-être aussi qu’on ne lui avait pas transmis par ailleurs qu’elle serait à la hauteur. A côté de ses goûts bling-bling en matière de télé, elle travaillait très bien à l’école et aimait lire, y compris des vieux trucs comme Bibi Fricotin ou « La Semaine de Suzette. » En regardant les feuilletons, elle ne grignotait pas des bonbons mais le goûter traditionnel : ficelle-beurre.

A l’adolescence, Cannelle commença à délaisser la maison et les feuilletons pour aller dans des bouis-bouis, sa quête d’ailleurs. Elle se fait ainsi sa culture sexuelle, genre « bubu » , même si son père n’alla jamais la chercher dans le caniveau.

27 janvier 2021

Consigne d'écriture 2021-16 du 26 janvier 2021 : Plonk et Replonk et Carter Brown

Plonk et Replonk et Carter Brown

Voici une douzaine de cartes postales de Plonk et Replonk empruntées sur leur boutique en ligne.
(Vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir).

carte-bebert-plonk-335 carte-bebert-plonk-347 carte-bebert-plonk-411
carte-bebert-plonk-1000carte-bebert-plonk-1008 carte-bebert-plonk-1003carte-bebert-plonk-1011 (1) carte-bebert-plonk-1004carte-plonk-1020
carte-plonk-1021 les soeurs mata-hari carte-bebert-plonk-578

Choisissez en une et laissez-vous inspirer par elle. Vous insérerez dans votre texte au moins cinq titres de romans policiers de Carter Brown tirés de la liste ci-dessous.

A corps et à cris - A pâlir la nuit - A saute-jarretelle - Adios, chiquita ! - Ah... les garces ! - Allez, roulez ! - Au parfum - Au sentiment - Au voyeur ! - Ballet bleu - Banco bidon - Billets de faire-part - Blague dans le coin - Bonne année pour les gnomes - Bouche, que veux-tu ? - C'est pas triste ! - C'est vous le zombie ? - Call-Girl serenade - Carte forcée - Cascade rouge - Chabanais chez les zoulous - Cible émouvante - Continuez le massacre - Coup de tête - Croupe Suzette - Demain, on tue - Descente de cave - Diaphane en diable - Dites-le avec des pruneaux ! - Dollars à vau-l'eau - Du beau linge - Du beau monde au balcon - Du feu par les naseaux - Du soleil pour les caves - Eclipse d'étoile - En cabane, papa ! - Enfourchez vos balais ! - Envoyez la soudure ! - Fais pas le clown ! - Ferme ta malle ! - Hollywood-Bacchanale - Homicide blues - Hou les vilaines ! - Juteux à souhait - L'ange aux ailes de plomb - L'effeuilleur - L'épouse du dimanche - La bergère en colère - La blonde enchaînée - La blonde éruptive - La môme fouettard - La reine des soiffardes - La star d'outre-monde - La tournée des cocottes - La tournée du patron - Le bal des osselets - Le bikini blanc - Le cercueil capitonné - Le diable incarné - Le Don Quichotte des canapés - Le singe est au parfum - Le tango des oubliettes - Le tortillard des pauvres - Le valseur énigmatique - Les diams de la couronne - Les frangines en folie - Ma cabale à Macao - Ma tête sur le billard - Maître, fais-moi peur ! - Minuit, païens ! - Ne pensez donc pas qu'à ça ! - Nettoyage à chaud - Oh, ces amazones ! - On demande une victime - On se défonce - On se tape la tête - Paradis au rabais - Pièce à tiroirs - Polissonneries - Pose ta chique ! - Question de picaillons - Remets ton péplum ! - Sans voiles - Sauvons la farce ! - Se méfier des contrefaçons - Sens interdits ! - Sur les chapeaux de roues - Taille de croupière - Tous au pageot ! - Tout sur le paletot ! - Trois cadavres au pensionnat - Trois têtes sous le même bonnet - Tu viens, shérif ? - Un brin d'apocalypse - Un coeur qui saigne - Un jeu de folles - Un paquet de blondes - Un tueur parmi nous - Une môme en or massif - Une nymphe de perdue - Une tigresse dans le moteur - Voleuse de santé - Y'a du tirage - Zelda la douce -

26 janvier 2021

Dégustation / Eliane

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Bacchus le viticulteur avait fini de mettre son vin en bouteilles. Pour le fabriquer il avait opté pour la macération organique qui ne demandait que quelques jours de macération.

Lorsqu'il l'avait goûté il l'avait trouvé vraiment bon, voire exceptionnel. Mais pour une vente tout aussi exceptionnelle il lui fallait l'avis des consommateurs.Il appela son ami Darwin pour lui demander de lui envoyer quelques amis pour une dégustation à l'aveugle.

- Pas de problème, répondit celui-ci, je me charge de contacter quelques personnes que cela pourrait intéresser.

Quelques jours après Darwin lui fournit les coordonnées de quelques amis.

Cascade rouge

- Il y a Madame La Girafe. Elle est critique gastronomique. Son élégance naturelle lui permet d'être à l'aise dans n'importe quel grand restaurant. Elle vient de terminer la tournée des cocottes. Monsieur Eléphant est un «nez» pour une grande marque de parfum. Il lui fallait se méfier des contrefaçons. Nul doute que cette faculté lui permettra sans mal de reconnaître un bon vin. Mr Hyppopotama tient le bar-brasserie «La Cascade Rouge». Si ton beaujolais tient ses promesses, mon cher Bacchus, il envisage une tournée du patron pour le faire connaître, ce qui devrait lui amener beaucoup de clients, dont des nouveaux. Cela fera une bonne publicité.".

Bacchus envoya à chacun des amis de Darwin un billet de faire-part indiquant le motif et l'heure de la dégustation. Puis il se rendit chez plusieurs cavistes faisant commerce d'autres produits que le sien et revint avec plusieurs bouteilles.

Il les goûta, se fiant au parfum, à la robe et à la saveur en bouche de chacune d'elle. Ce sont des critères que ne manqueraient pas de retenir ses convives.

A son avis aucun des vins goûtés ne valait le sien. Ils n'étaient tout au plus que des voleurs de santé. Enfin peut-être exagérait-il un peu.

Darwin avait décliné l'invitation de se joindre à eux. Il était parti à l'autre bout de la planète sauver des espèces en voie de disparition.

Le jour venu, Bacchus installa ses convives autour de la table du jardin. Heureusement qu'ils n'étaient que trois. Ils prenaient beaucoup de place. Exception faite de la mince Girafe qui, si elle n'était pas la reine des soiffardes, saurait tenir son rang avec grâce.

Chateau-de-Bacchus-Rouge-2018

La mise en scène était parfaite. Bacchus effectua une descente à la cave en grande pompe et en remonta trois bouteille dont les étiquettes avaient été remplacées par des numéros.

La dégustation commença. Chacun fit tourner le breuvage dans les verres, admira la couleur de la robe, la texture, en sentit le parfum. Bacchus les contemplait avec amusement. De vrais pros !

Puis Hyppopotama fit disparaître son verre dans sa grande gueule. Eléphant l'attrapa délicatement au bout de sa trompe avant de le porter à sa bouche. Girafe dut plier son long cou en deux pour atteindre le breuvage.

A la fin tous étaient unanimes. Le numéro deux remportait tous les suffrages et c'était la cuvée de Bacchus.

Très satisfait notre viticulteur pouvait sans crainte lancer la commercialisation de ce beaujolais nouveau exceptionnel. Il offrit plusieurs bouteilles à chacun des participants.

26 janvier 2021

L'Animovision / Anne J.

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- Je suis très heureux de vous retrouver tous autour de cette table pour préparer ensemble la grande soirée de l’Animovision 2021 et découvrir avec vous votre chanson, celle qui nous représentera dans la catégorie animaux sauvages le 15 février ! On peut le dire sans ambages, il y a «du beau monde au balcon» ! Monsieur Darwin, ici présent, fera le secrétaire de séance. J’espère que vous êtes bien installés et je lève mon verre à ce grand moment. Qui veut nous présenter sa chanson ?

- Monsieur Babar peut être ?

- Bonsoir à tous, j’ai choisi un air connu de tous, entraînant et facile à apprendre ; il est temps de nous remettre à la marche à pied pour protéger notre planète et vous l’avez tous appris lors de vos camps scouts

- Quoi donc ?

- Un éléphant, ça trompe, ça trompe, un éléphant ça trompe énormément ! Deux éléphants, ça trompe, ça trompe, deux éléphants ça trompe énormément ! Trois éléphants, ça trompe, ça trompe, trois éléphants ça trompe énormément ! Quatre…

- En effet, très connu, merci.

Les animaux autour de la table continuent à chantonner, l’animateur se retient de hurler : « Ferme ta malle !» à tous les invités et se contente de taper d’un coup sec sur la table avec son éventail. Puis il se tourne vers l’otarie à sa droite.

- Et vous Mademoiselle Bolduc, notre chère amie franco-québécoise, qu’allez-vous nous interpréter ?

- Un classique du répertoire de notre belle province, je serai accompagnée au piano par mon ami Gilles, que je salue.

- Le grand Gilles Vigneault, je présume ?

- Bien entendu !

L’otarie se lève, se perche sur un gros ballon rouge et en pose un petit jaune sur son nez noir avant d’entamer d’un air mélancolique et malheureux :

 


Ça ne vaut pas la peine,
De laisser ceux qu’on aime
Pour aller faire tourner
Des ballons sur son nez
Çà fait rire les enfants,
Ça dure jamais longtemps…

 

L’assemblée toute entière renifle et s’essuie les yeux. L’animateur se mouche bruyamment dans un mouchoir à carreaux et se tourne vers le crocodile

- Et vous, Bottes-en-cuir, quel est votre choix ?

- Une authentique chanson française car, je vous le dis, méfiez-vous des contrefaçons !

- Nous vous écoutons !

Le crocodile sort sa guitare et fait entendre un bel accord majeur en avalant le micro, seul le fil dépasse de sa bouche

- Ah les crocrocro, les crocrocro, les crocodiles sur les bords du Nil , ils sont partis ,n’en parlons plus…

- Merci, fait l’animateur, pouvez-vous nous rendre le micro, s’il vous plait ?
On demande une victime, annonce-t-il en se tournant vers la girafe, alors Zelda la douce ?

Celle-ci incline sa gracieuse tète, se tortille, intimidée, sur sa chaise, ouvre la bouche mais rien ne sort. Elle dévoile un ukulélé qui était sur ses genoux et se lance dans une musique endiablée. Toute l’assistance se lève et se trémousse en chœur, c’est un parfait chaos, Hollywood-bacchanale ou Les frangines en folie.

Quand les dernières notes s’envolent, l’assemblée se rassoit essoufflée et se tourne vers la girafe qui toute intimidée, chuchote : « Eh oui, je le répète, la girafe est muette ! ».

L’hippopotame qui somnolait dans son coin, ouvre alors son immense bouche, faisant voir toutes ses dents, fait entendre un immense bâillement qui fait sursauter tous les animaux et dit d’une voix caverneuse :

- Mon bâillement à lui seul est un chant mais si vous y tenez, mon ami Pierre Chêne m’a écrit cette chanson spécialement pour ce soir :

- Petite madame, vous avez perdu
Votre hippopotame, il a disparu !

L’assemblée applaudit poliment et se tourne vers la dernière candidate, l’étoile de mer qui en rosit de plaisir dans son bikini blanc.

- Attendez, fait l’animateur, je crois que j’ai deviné !

Et toute l’assemblée entonne à pleins poumons :

- Etoile des neiges pom pom pom pom pom pom
Mon cœur amoureux , pom pom pom pom pom pom
S’est pris au piège pom pom pom de tes grands yeux »

Les applaudissements crépitent, la foule se lève et reprend le refrain à tue-tête tandis que l’animateur dépassé s’enfuit piteusement du studio et que monsieur Darwin ferme son cahier d’un coup sec en s’exclamant :

- Quelle sélection !

***

Qui gagnera ?

Chers amis lecteurs, nous attendons vos votes !

 

 

26 janvier 2021

Se méfier des contrefaçons / Raymonde

Tata Roberte est au centre de vaccination.

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Le docteur - Après l’injection, vous devez rester 15 minutes dans la salle d’attente pour être sûr que vous n’ayez pas d’effets secondaires qui peuvent être plus ou moins gênants : exhibitionnisme, vulgarité verbale, flatulences, hallucinations... et que sais-je encore ! J’ai moi-même reçu ce vaccin ce matin et tout va bien. Asseyez-vous entre la girafe et barbe à papa rose et je reviens vous voir quand j’aurai réussi à choper l’étoile de mer rose pour lui administrer ce nom de dieu de foutu con de vaccin !

L’hippopotame – PROUT !

Le Docteur - L’hippopotame ferme taggle ! On demande une victime.

Tata Roberte - Il est complètement fou, Sortez-moi de là ! Laissez-moi partir ! AU SECOURS !

Le crocodile - Enfin, voyons ! La panthère va se fâcher, elle va vous dévorer toute crue et vous serez de la bouillie de Tata Roberte !

Tata Roberte - Mais vous êtes tous tarés, bande d’enf... ! J’ai chaud, j’ai très chaud, j’enlève le haut, j’enlève le bas, j’enlève mes bas et on va jouer à saute-jarretelles ou croupe Suzette. C’est vous le zombie ? Petit coquin ! Tous au pageot !

carte-plonk-1021Le docteur - Dites donc, on n’a pas gardé les pangolins ensemble ! Darwin, sers nous un petit Beaujolais nouveau. Y‘a du soleil et des nanas, darladirladada !

Tata Roberte - Je suis la reine des soiffardes ! Hips !

Arrive le médecin chef, coordonnateur de la campagne de vaccination.

Le Médecin-chef - Mais enfin c’est quoi ce pataquès ? On se défonce ? On se tape la tête ? Que leur avez-vous injecté ? Vous avez bien pris les flacons qui sont stockés à droite dans le frigo ?

Le Docteur – Vous ne m’aviez pas dit « à gauche » ?

Le Médecin-chef - À gauche, c’est de la contrefaçon, arrivée tout droit d’Arnaquie. Puissant hallucinogène ! Seul antidote, l’hydrochloroxytetraborate ! Allez ! La tournée du patron : 4 gouttes dans un verre de Beaujolais et tout le monde va retrouver ses esprits !

***

Ce qui fut fait mais, effet secondaire inattendu de l’hydromachinchose, tout le monde s’est retrouvé avec une tête de batracien chez Madame la baronne !

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