Le loup est momentanément hors d'état de nuire. Il est dans les soins des grand brûlés à l'hôpital Andersen. (lire page 3)
Le jeune lion Simba succède à son père assassiné par son oncle (voir page 2)
Infos régionales :
Suite à ce qui est arrivé au Petit Chaperon Rouge et à sa grand-mère, un service d'accompagnement pour les enfants a été institué dans la forêt domaniale. Et un service Wifi est proposé aux personnes âgées avec alarme à actionner en cas de danger ou de malaise.
People :
Le roi de Maladine a répudié son épouse au motif qu'elle avait tenté de tuer sa fille la princesse Blanche Neige.
La belle a épousé la bête. Elle a su voir la beauté cachée de son amoureux.
Le lion Simba succède à son père. Il devient ainsi le plus jeune roi de l'Afrique sub-saharienne
Sport :
La Petite Sirène a remporté la médaille d'or du 600m nage libre.
Les Trois Petits Cochons se sont illustrés face aux Petits Poucets retardés à cause de tous les cailloux qu'ils avaient dans les poches. Mais ces derniers sont arrivés premiers dans la course d'orientation en forêt. Le chat a été disqualifié : il avait chaussé des bottes de 7 lieues
Faits divers :
Le loup ne parvenant pas à faire tomber la maison de briques des Petits Cochon en soufflant dessus est passé par la cheminée. Le feu étant allumé il a dû être transporté en urgence à l'hôpital pour brûlures graves entraînant son pronostic vital.
La Princesse du Bois Dormant a été piquée par un scorpion particulièrement vénéneux, elle est à l'hôpital plongée dans un coma dépassé.
Infanticide : Les filles de l'ogre ont été agressées par leur père qui croyait s'attaquer au Petit Poucet et à ses frères. Elles sont à l'hôpital avec de graves blessures.
Recette de cuisine :
Peau d'Ane propose sa recette de gâteau d'amour. Ingrédients : farine, œufs, lait, beurre, amour et chanson. Bien mélanger, enfourner une demi-heure à feu moyen.
Petites annonces :
Peau d'Ane vend trois de ses robes : La robe couleur de lune La robe couleur de soleil La robe couleur de temps (pas de retour possible, prenez bien vos mesures)
Rencontres
Roi, âge mûr mais belle prestance, rencontrerait future reine, douce, maternelle pour élever sa fille Blanche-Neige.
Offres d'emploi :
On recherche jardinier expérimenté pour débarrasser de ses ronces et essarter la haie entourant le jardin du château de la Belle au Bois Dormant.
Recherche :
Recherche employé(e) de surface pour remplacer Cendrillon. Elle quitte son château pour celui de son prince
Prince ayant trouvé pantoufle de vair perdue lors du bal de fin d'année recherche la jeune fille possédant l'autre pantoufle.
Enfants recherchent leur nurse Mary Poppins envolée sous son parapluie.
Astrologie :
Bélier : Arrêtez de donner de grands coups dans les portes. Elles s'ouvrironr toutes seules si vous savez faire preuve de patience.
Taureau : Dans votre entourage une grenouille veut se faire aussi grosse que vous. Faites-lui comprendre que c'est mauvais pour sa santé.
Gémeaux : Soyez solidaires de vos frères et sœur, comme le petit poucet ou les petits cochons
Cancer : Arrêtez de grignoter la queue de la petite sirène, si vous continuez elle ne pourra plus nager. Déjà qu'elle ne peut pas marcher !
Lion : Un nouveau roi va régner, prêtez lui allégeance
Balance : Vous savez peser le pour et le contre. Voyez si Boucle d'Or a eu raison d'entrer dans la maison des 3 ours.
Sagittaire : Ne chaussez pas vos bottes de 7 lieues. Allez lentement si vous voulez arriver à vos fins.
Scorpion : Retenez votre dard . vous ne vivrez jamais une histoire d'amour si vous plongez les jolies filles dans un profond sommeil.
Verseau : Versez encore et encore l'eau sur les terres désséchées. Pocahontas a besoin de vous pour nourrir sa famille.
Poissons : Attention à vous, Pocahontas est à l'affût.
- J’en ai assez ! C’est fini ! Je te quitte ! hurla Cendrillon en fracassant un cendrier de cristal aux pieds de son prince de moins en moins charmant.
Mais il ne fit qu’en rire et n’abaissa même pas le journal qu’il était en train de lire:
– Tiens ! fit-il, dans ce cas, voici une petite annonce qui va sûrement t’intéresser :
«Famille de sept personnes de petite taille recherche technicienne de surface.»
Ceci est la liste alphabétique des 58 substantifs utilisés dans un texte assez court et assez célèbre. Il vous est demandé de réécrire l’histoire ou plutôt une histoire en insérant 15 de ces mots ou plus dans votre texte. A vous de réinventer, avec verbes, adverbes et adjectifs, une syntaxe pour aller autour !
Le même exercice vous est proposé à partir d’une autre liste de 52 substantifs, issus d’un autre texte du même auteur, pour le cas où la première liste ne vous inspirerait pas.
Merci de ne surtout pas mélanger les mots des deux listes.
P.S. Si cela peut vous aider, vous pouvez trouver votre inspiration dans un tableau du douanier Rousseau ou inspiré par lui. Si vous faites ainsi, merci de le joindre à votre envoi.
C’est un endroit très chouette, un très grand jardin dans lequel les gens se promènent sans manières mais pas sans distinction.
C’est le parc du Thabor, un endroit empli de verdure en plein centre de la ville de Rennes. Si vous n’êtes que de passage dans cette cité, un samedi ou un autre jour, allez-y obligatoirement. Votre cœur de touriste se chargera peut-être d’émotion devant les statues de Charles Lenoir.
Pour ma part j’éprouve toujours un peu de chagrin devant celle qui représente cet imbécile d’Hermès, Dieu du commerce et des voleurs et pour l’heure sous-préfet d’Hadès, le maire du palais des Enfers, en train d’enlever la fille Eurydice au poète Orphée au prétexte que le musicien a tourné les yeux sur son épouse avant même que d’être sorti de la nuit souterraine.
Les Dieux romains et grecs ! Gavés d’ambroisie au buffet de Ganymède, soûlés de nectar dans les bars de l’Olympe, pourront-ils jamais comprendre quelque chose à l’amour des hommes ?
Que pouvons-nous attendre de ces brutes en blouson clouté qui n’ont jamais cueilli un bouquet de primevères, qui se changent en oiseaux, taureau ou cygne – pourquoi pas en canards du bois joli ou en grenouilles à embrasser ? – pour séduire nos belles et les tromper derechef ?
Il y a plus de douceur dans l’autre groupe sculpté à l’autre bout des jardins à la française. Il représente Diane, déesse de la Lune, arrêtée dans ce lieu au hasard de sa promenade nocturne avec ses compagnons, son arc, son carquois et ses chiens aux pattes cassées.
Derrière la roseraie en contrebas vous apercevez un bout de Toscane grâce au profil typique du collège Saint-Vincent et avec un peu d’imagination on croirait entendre ici une chanson italienne de la Renaissance accompagnée au luth. Non, vous n’êtes pas clients ?
Tant pis ! Les roses n’étaient pas sorties mais les tulipes, si. Sous le kiosque à musique je me souviens de robes de bal virevoltantes – la valse, ça ne mange pas de pain ! – et d’orchestres de vents pas mauvais, n’en déplaise à Paul Verlaine.
Dans ce trou de verdure où ne coule plus de rivière, l’Enfer, saison été, j’ai des tas de photos de danseuses à visage d’ange qui évoluent sur des morceaux joués par Bombarde et Biniou, les deux fameux duettistes bretons dont le chapeau est rond… de Saint-Vincent (cf supra).
Et si l’agent 212, celui qui veille toujours au grain, était venu ce dimanche-ci vérifier si les jeunes adeptes du flirt, de l’amourette ou de la glande qui avaient posé leur derrière sur le gazon des pelouses autorisées ou s’en étaient fait une couchette portaient bien un masque sur le nez, croyez-moi, il aurait pu en distribuer, des amendes à 135 euros.
Avant de regagner vos autocars ou vos pénates, n’oubliez pas d’aller jeter un œil à la volière qui rime si bien avec «gruyère» et «bruyère», à la statue de Glenmor, au carré Du Guesclin, aux grottes ou à l’allée des chênes ni surtout de saluer Monsieur Zébulon, le délicieux manège où je vis autrefois une bonne sœur attendre son tour pour tournicoter sur la grande girafe !
Dans le jardin du Luxembourg un samedi matin sous le soleil éclatant du premier jour de printemps un écureuil couleur châtaigne galope d’arbre en arbre sans se soucier des touristes qui cherchent à l’apercevoir.
Au détour d’une allée, devant la statue de Marie de Médicis ou d’une autre Reine de France, je ne me souviens plus très bien, dans ce lieu paradisiaque où des femmes illustres ont été sculptées par différents artistes, un monsieur plein de distinction, un poète peut-être, parlait du pépiement des oiseaux, des rouges-gorges, des mésanges, de la grive musicienne dont le chant est annonciateur de la pluie, de la chouette qui circule et ulule pendant la nuit, du rossignol dont la mélodie arrachait des larmes à l’empereur de Chine dans un conte d’Andersen.
Il évoquait aussi les odeurs merveilleuses qui s’élèvent de la verdure et des fleurs.
J’étais très jeune alors mais je n’ai rien oublié de ma rencontre avec cet homme qui transmettait à qui voulait l’entendre son savoir et son amour de la nature.
Aujourd’hui encore, à chaque printemps, je vais faire un tour dans le jardin du Luxembourg.
Je regarde, j’écoute et je ressens à nouveau l’émotion qui m’avait submergée plusieurs dizaines d’années auparavant.
Quel est l’agent de l’amour ? De l’amourette même ? Un ange peut-être ? Un seul ? Non. Il est possible que les anges voyagent incognito dans des autocars, qu’ils aillent au bal ou envahissent les bars.
Vous trouvez ça bizarre ? Vous auriez préféré qu’ils se trouvent dans les bois, là où fleurit la bruyère ? Vous ne les imaginez pas s’invitant à un buffet mondain ou sur les terrasses des buildings ? Vous êtes de pauvres petits canards qui pleurent de chagrin à l’écoute d’une chanson réaliste et chouette ! Eh bien non, les anges sont dans la cité, chers clients de la presse du cœur qui, vous le savez, n’est qu’un commerce pour vous vendre une couchette sans distinction de douceur ni d’émotion.
Une fille flirte sur le gazon tout en donnant du grain aux grenouilles et du gruyère au hasard à quelques hommes qui passent. Elle vient dans ce jardin chaque jour, il est le lieu où l’on voit le mieux la clarté de la lune, le soir venu.
Dans le silence on peut entendre un air de luth. C’est le maire de la ville qui a de bien curieuses manières. Ce Monsieur joue des morceaux la nuit pour les oiseaux à qui il donne du pain sur son passage. C’est un poète qui cueille des primevères quand il est en promenade le samedi juste devant le logement du sous-préfet où il y a des statues visitées par les touristes. Il valse au milieu de cette verdure, dans sa ville. Il n’en croit pas ses yeux.
Quel est l’agent de l’amour ? Saurons-nous jamais ?
En cette fin d'après-midi de samedi, Dans le grand jardin public Plusieurs hommes, tout comme lui Faisaient leur jogging.
Beaucoup d'entre eux avaient des écouteurs Et couraient au rythme de leurs chansons favorites.
Lui, Paul, préférait laisser libre cours à son imagination Ecouter les grenouilles faire leur cour, Observer les canards évoluer sur les plans d'eau.
Autour du jardin, les buildings les observaient avec bienveillance. Sous le kiosque un musicien jouait du luth. Sur les gazons des adolescents flirtaient Ecrasant au passage quelques primevères. Simple amourettes d'un jour Ou prémices d'un amour plus durable ? Paul courait, savourant ce havre de verdure Cette oasis dans la grande ville.
Le matin même des autocars Avaient déversé leurs flots de touristes.
C'est vrai que le maire, aidé du préfet, Avait fait les choses en grand.
La ville offrait de nombreuses curiosités Et quelques événements étaient prévus Notamment un grand buffet le long des quais.
Paul s'arrêta un moment pour souffler. Il observa la manière de se comporter des touristes.
Un ange blond attira son attention. Cette jeune fille évoluait avec distinction, Appareil photo en bandoulière.
Elle mitraillait les statues sous tous les angles. Cette belle inconnue éveilla en lui une émotion inédite. Il se sentait l'âme d'un poète Pour elle il ébauchait déjà une chanson.
Il allait la suivre tout le jour Guettant l'occasion de l'accoster Peut-être l'inviter à danser une valse Au son de l'accordéon Ou bien lui offrir un verre de ce délicieux vin de pays.
Je l’ai vu arriver à petits pas précautionneux et s’asseoir sur le banc au bout du port, un petit grand-père qui avait encore une allure d’amiral, une veste caban bleu-marine, un pantalon de gros velours trop large et un bonnet de laine rond vissé sur son front (je suis sûre qu’il ne n’enlevait que pour dormir) Il a regardé la mer en plissant les yeux, a tourné la tête à droite et à gauche et a allumé un vieux mégot jaune tout mâchouillé au coin de ses lèvres
A quoi pouvait-il bien penser ? Immobile, les yeux dans le vague, des yeux bleus délavés par le soleil. A ses anciennes aventures, à de mémorables tempêtes ? A ces combats contre la mer, dans les nuits où les vents se déchainent ? Au jour où il avait failli perdre la vie en évitant de justesse un cargo qui ne l’avait pas vu ?
Mais peut être préférait il penser aux départs des petits matins, quand la terre et le ciel émergent des lueurs de rose ? Ou aux reflets argentés des bancs de poissons ?
A moins qu’il ne songe à son bateau, celui qui portait le nom de ma grand-mère, cette brune aux yeux sombres qui l’attendait le soir au bout de la jetée ?
Il avait perdu le son de sa voix mais il voyait encore son sourire et ce soir, comme tous les soirs, il passerait par le cimetière.
Un autre vieil homme s’approchait, courbé sur sa canne et s’assit.
- Salut Jean !
- Salut Louis !
Point de mots pour ne rien dire, pas de bavardage, les deux hommes regardent au loin, en silence, immobiles comme dans un tableau