Haïku et tankas / Marie-Thé
Choses qui donnent un vertige d’émerveillement
Dans la mer limpide
Frissonnant dans l’eau glacée
Elle sent son corps léger
Balancé au gré des vagues
Euphorique et apaisé.
Le tout-petit trotte
Bras en l’air, pas hésitants,
Cris, rires aux éclats,
Se précipite dans des bras
Qui le soulèvent avec joie.
Promenade du soir
Soleil bas de crépuscule
Féérie de couleurs
Aubépines immaculées
Ajoncs d’un jaune éclatant.
Pissenlits, pièces d’or
Eparpillées sur l’herbe verte,
Splendeur du printemps.
Choses agaçantes
Elle vient de s’endormir
« Bzz Bzz ! » fait le moustique
Qui la pique à la joue.
Enervée, réveillée,
D’une main rapide
Elle l’a écrabouillé.
Ce matin il pleut.
Le ciel verse des grosses larmes
Comme s’il déplorait
La fin du confinement
Auquel nous aspirons tant.
Marie court dans le vent
Qui soulève ses cheveux longs
S’infiltre sous ses jupons
Souffle dans les arbres qui plient et se relèvent
Dans un bruit assourdissant.
Elle éclate de rire, elle est heureuse, amoureuse.
Marie s’impatiente
Sa montre s’est-elle arrêtée ?
« Tchou ! Tchou ! » Voilà le train
Le cœur de Marie bat très fort
Ses mains tremblent, elle rougit
Soudain il est là, devant elle.
Sur elle ce matin
Il a posé son regard
Il s’arrête, sourit.
Troublée, émue, elle s’enfuit,
Puis revient vers lui gaiement.
Choses peu rassurantes
Pieds collés au sol
Nulle part elle ne peut aller
Il va la saisir
Apeurée Marie crie
« Au secours », se réveille.
Ouf ! Ce n’était qu’un cauchemar.
Le rôti est cramé
Les invités sont arrivés
Marie est affolée
Choses qui provoquent l’enthousiasme
Elle voulait partir à la mer
Et lui à la montagne
Ensemble ils sont allés en Corse
Mer et montagne ils ont trouvé.
Choses qui apaisent
Il a posé sa main sur son épaule
Son cœur s’est apaisé
Ses larmes ont séché
Elle a cessé de trembler


































