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L'Atelier d'écriture de Villejean

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22 mai 2018

Poème impératif / Jean-Paul

180503 Nikon 466

Ecris ! Ecris !
Ecris les mots du cœur !
Ecris les mots moqueurs !

Qu’on tique à ton cantique !
Qu’on s’écrie à tes cris !
Qu’on proteste à tous crins,
Qu’on conteste tes écrits,
Qu’on tempête face à leur écrin !
Qu’on critique ta poétique !

Ecris ! Ecris !
Et crie !
Sois preste à devenir peste !

Aie la rage !
Sois l’orage !
Noie les aèdes
Dans leur eau tiède !
Tire parti du tapage,
Prends parti pour le partage !
Jette-toi dans les rapides !
Ecris-nous des mots limpides
Sans te préoccuper des modes
Camarade !

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22 mai 2018

Poème négatif / Jean-Paul

180503 Nikon 454

Poésie, démonétisée,
N’ayant plus une seule lire
Ne joue plus dessus
Ses chansons napolitaines
Qui faisaient Scaramouche à tout coup.

Jamais plus hôte de Mark
Aux salons de l’opéra
Elle ne brille plus guère, non plus,
Sa couronne, aux palais tchèques
Sans provisions.

Il s’en fallait de peu du reste
Qu’on ne l’assignât à résidence
Ornée à la cheville ouvrière,
A ses pieds alexandrins,
D’un bracelet électronique

Elle n’est plus que pièce percée
Jusques au fond du cœur
D’une teinte imprévue
Aussi bien que mortelle.

Avec la disparition du liquide
Ne restent plus sur place
Que des cœurs secs. 

Jamais plus la carte ne sera du Tendre
Ni ne tinteront pareilles offrandes.

22 mai 2018

Nouveaux verbes / Jean-Paul

180503 Nikon 463

Cher Wolfgang Amadeus

Si tu entendais mes soupirs,
Saurais-tu combien je silence,
Combien je te pause sur un piédestal ?

J’ai double-croché ton portrait
Sur tous les murs-murs de ma chambre,
Je te gainsbarre de reprise,
Je te pointdorgue sans mesure.

Comme je voudrais que tu m’arpèges,
Que tu me dièses,
Que tu me crescendotes
Au bécarre de tour
De tout ton amour,
Que tu me blanches,
Que tu me rondes
Que tu m’anicroches
Que tu me clédesoles

Oui j’aimerais tant que tu me hautboives,
Que tu me tires l’ut,
Que tu me libidores la pilule,
Que tu me sérénaïades,
Que tu me symphonymphonies,
Que tu me concertisses
Des diamants de ta musique !

22 mai 2018

Poème sur le temps qu'il fait / Jean-Paul

180503 Nikon 470Quel temps fait-il aujourd’hui ?

Il fait pieds nus dans les sandales,
Il fait collier fin sur haut de poitrine

Il fait bras nus pour tout le monde
Il fait petit vent dans les branches au soir qui tombe.

Il fait mai, bientôt juin,
Temps de poème en nos journaux
Il fait dictionnaire de rimes

Il fait guitare sur le dos
Et retour chemise trempée :
Sueur à ne plus travailler

Marche vers l’été inconnu
Il fait incertain de périples

Il fait retour des festivals
Il fait retour des estivants
Il fait musique pour vivants :
Régénérer l’octogénaire
Avec des rythmes neufs… d’hier !

Il fait de l’endormissement
Dans les ateliers d’écriture

Bientôt du temps de 24 heures
Et trous de vrillettes indûment
Par où s’échappent des ciels blancs
Et des nuits à compter étoiles,
A dormir fenêtres ouvertes
Et gonfler, par ses ronflements,
Les ailes du moulin du temps.


N.B. Les photos qui illustrent ces poèmes ont été prises au Musée des porcelaines du château de Nymphenburg (Allemagne) le 3 mai 2018.

22 mai 2018

Poème infinitif / Jean-Paul

180503 Nikon 445

Décrypter geste remarqué :

- ôter, paraît-il, pellicule
- épousseter revers de col
- avoir une relation intime
- être le gorille dominant
- épouiller un Emmanuel
- bientôt échanger des beignes
- tambouriner sur le poitrail
- être président-singe

Et, côté lecteurs du journal :
Ne plus savoir quoi chimpanzer !

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16 mai 2018

Consigne d'écriture 1718-28 du 15 mai 2018 : la pudeur en 13 mots

La pudeur en treize mots

 

Vous écrivez un texte sur le thème de la pudeur dans lequel vous intégrez obligatoirement les treize mots suivants :

Socle - Pain - Timbre - Plante - Stupéfaction - Alimenter - Déclarer - Cadre - Stylo - Conduire - Journal - Théorème - Pudeur

Consigne empruntée à Annick SB (Treize à la douzaine)

AEV 1718-28 Jacques-louis-david

2 mai 2018

La Révolution d'Octobre / Jean-Paul

La Révolution d’octobre… Hic ! Il faut boire à sa santé ! Hips !

Certes, elle nous a apporté le Merckxisme-Léninisme ! Hic ! Mais bon Hips : C’était pas capital de tout comprendre ! Hic ! Fallait juste obéir au camarade Guépéou Kagébérovitch parce que sinon…Goulag ! Beurk !

Au début, c’était les blancs contre les rouges ! Hic ! Mais nous, c’est pas notre faute si on préférait le rosé ! Hips ! Et la vodka !

Bien sûr, il y a eu Trotzky et ce regrettable incident de pic à glace. Hic ! Mais quelle idée aussi de mettre un aussi gros glaçon dans un verre aussi petit ! Hic ! Ils sont fous, ces Mexicains !

On a connu Staline gronde, Stalingrad, les orgues de Katioucha… Hic ! Mais nous on n’y comprenait rien à la musique de Choskat… Chostakovitch !

La Révolution d’octobre… Hic ! Il faut boire à sa santé ! Hips !

Grâce à elle on a eu Khrouchtchev, Gagarine, Yachine, Karpov, Gorbatchev, les chœurs de l’armée rouge, Boris Eltsine ! Santé, camarades ! Za vaché zdorovié Tovarichtchi !
Hic !

La révolution d’octobre ! 1917-2017 ! C’est le centenaire cette année ! Tout ce qu’on a pu boire comme vodka dans tout ce temps ! Cent ans, qu’il est, le robinet d’alcool, ouvert !

170416 Nikon 072

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 2 mai 2017 d'après la consigne ci-dessus.

25 avril 2018

Consigne d'écriture 1718-27 du 24 avril 2018 : A quoi reconnaît-on... ?

A quoi reconnaît-on que tu n'es plus tout(e) jeune ?
Que tu es restée jeune d'esprit ? Que tu es ou n'es pas breton(ne) ?

Il est demandé de répondre d'abord à la première question,
puis vingt minutes plus tard à le deuxième
et vingt minutes après encore à la troisième.

AEV 1718-27 Bretons d'après Gotlib

 

 

24 avril 2018

Vieux ? Jeune ? Ieuv ? / Marie-France

AEV 1718-27 Solex

Le 24 avril 2018, j'ai plus de 65 ans, je bénéficie donc d'un tarif préférentiel dans les cinémas, au musée, dans les zoos, dans les parcs d'attractions, etc.

Aujourd'hui j'ai rendez-vous chez mon médecin pour une visite de routine. Et voilà que cette jeune femme, qui pourrait être ma fille, me parle comme elle le ferait avec sa mère. Les questions fusent sur mon état de santé : sommeil, activités physiques pratiquées, alimentation, vie sociale, puis l'examen approfondi : la bouche, les oreilles, les seins, le pouls, tout y passe.

Mais enfin je vais finir par me sentir en mauvaise santé, moi qui n'étais venue que pour une simple ordonnance rituelle pour me permettre de réguler ma thyroïde.

Je lui demande pourquoi tant d'attention, de prévenance, de questions que j'estime inquisitrices. Et elle de me répondre :
- Mais enfin ma petite dame (je n'aime guère cette condescendance un peu exacerbée), vous arrivez à un âge où il est bon de faire un bilan, de repérer ce qui pourrait dégénérer en maladie grave.

- Enfin Docteur, je vais bien, je n'ai guère de maux et le moral est au beau fixe ; sauf depuis votre interrogatoire.

- Je comprends, chère Madame, mais vous savez, vous n'êtes plus toute jeune !

Pour finir je me retrouve avec une ordonnance d'une page entière et des examens de sang à jeûn, sans compter des rendez-vous à prévoir pour tel ou tel spécialiste.

Ma zénitude de cette matinée ensoleillée à quasiment disparu ! Moi pour qui tout allait bien, je m'interroge à présent sur ce qui pourrait ne pas aller bien.

Heureusement à la sortie du cabinet médical, je retrouve mon vélo, mon compagnon de route et je repars le cœur léger comme lorsque j'avais 20 ans et que je roulais à solex sur les routes de campagne pour rejoindre les copains.

***

A quoi reconnaît-on que l'on est resté jeune ?

Après quelques coups de pédales je me retrouve sur la piste cyclable qui mène au canal, je prends le chemin de halage et je m'en vais suivre les berges.

J'oublie l'épisode de la visite médicale, je n'ai qu'une idée en tête, rouler, pédaler, atteindre le moulin où je pourrai me reposer sur un banc, prendre un bouquin et m'évader l'esprit.

Comme il fait beau, je m'allongerai dans l'herbe fraîchement coupée, sans complexe. J'aurai peut-être un peu de mal à me relever, mais je risquerai, le ridicule ne tue pas.

J'ai 65 ans, je me roulerai dans l'herbe pour me remettre debout et reprendrai mon vélo avec un sentiment de liberté et de jeunesse retrouvée.

24 avril 2018

Breton ? Pas breton ? / Marie-France

Quand je parle gallo,
Je suis Breton,
Quand je parle patois,
Je suis Normand,

Quand je me promène sur le sillon,
Je suis Breton,
Quand je sillonne les plages du débarquement,
Je suis Normand,

Quand je mange la galette au beurre
Je suis Breton,
Quand je déguste un bon camembert,
Je suis Normand.

Mais alors moi qui suis née
De l'autre côté du Couesnon,
Moi qui a vécu
Sur les bord de l'Ille,
Je suis quoi ?
Breton ou Normand ?

Pet'être ben que oui
Pet'être ben que non !

Je suis tantôt breton,
Tantôt Normand,
C'est selon !

180427 265 001

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