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L'Atelier d'écriture de Villejean

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12 mai 2015

Du genre un peu dans le cirage question genre / Jean-Paul

150509 012

 Un violon n’a pas quatre pattes. S’il a quatre pattes, c’est qu’il a bouffé des OGM ou que vous avez trop bu. Un violon a quatre cordes, c’est-à-dire deux fois moins qu’une mandoline et deux fois moins que le nombre de gens qui étaient présents dans la salle Mandoline ce mardi.

La salle Mandoline est ce lieu magique où les gens sont sympathiques et rient beaucoup. Grolle Deville 1 et Grolle Deville 2 nous en parlent quand elles sont rangés près de nous dans le placard aux chaussures de la loggia.

150509 019Nous on n'a jamais le droit d'y aller à la Maison de quartier de Villejean. La différence entre les grolles de ville et nous c'est un peu celle qu'il y a entre le cabriolet sport du frimeur et le véhicule utilitaire (Trafic, Kangoo ou monospace) du plombier. De toute façon on ne les imagine pas vraiment, Grolle Deville 1 et Grolle Deville 2 en train de turbiner sur les chemins de grande randonnée comme les marathoniens que nous sommes !

150509 02042 kilomètres qu’on a parcourus ce week-end ! Oh, pas en une fois, bien sûr ! En trois jours : 16, 22 et 4 et cette fois pas sous la pluie comme l'autre jour en Normandie. Si on file la métaphore avec les bagnoles c'est vrai qu'on est plus souvent sur la route qu au garage, nous. Ce week-end monsieur et Madame K. ont campé près de Lorient mais ils ont fait activités séparées. Lui seul a randonné. Après sa première balade, quand il nous a posés dans l'herbe sous la tente, enfin séparés des Josette qui puent, on a fait la conversation avec Madame Capedepluie.

150509 037- J'ai eu chaud, nous a-t-elle dit. Pour son premier pique-nique il a trouvé une souche bien large et bien plate sur le bord de l'étang de Lannénec, là où il y a de très beaux asphodèles. Un moment de lucidité l’a traversé et il a failli me sortir de chez monsieur Sakado où j'étais rangée. S'il avait poursuivi dans cette idée de me transformer en nappe, il m'aurait extirpée du sac et il m’eût sans vergogne aucune étendue sur la souche qui ne dormait que d'un œil. Ensuite il eût posé son fessier sur mon ventre ou sur mon dos. Personnellement j'ai horreur de ces positions qui ne sont même pas dans le Kama soutra ! Mais heureusement son karma foutraque avait décidé de lui jouer un tour à sa façon. Jugeant la souche sèche et chassant la pensée d'un souillage de fond de cale, il a posé dessus celui de son pantalon et sorti son sachet sans souci ni sushis pour étancher sa soif et sa faim sur la souche. Pain au chocolat, banane, abricot, gorgée d'eau.

- On sait, Madame Capedepluie, on était là, on a tout vu grâce à nos œillets !

 

- Vous n'avez pas d’yeux derrière les chevilles que je sache ? Juste l'estomac dans les talons quelquefois ! Bref la souche a lâché un bon paquet de résines collantes, genre confiture de framboises. Je crois bien que le fute est foutu!

- Dieu merci, a dit Rangdoignon gauche, personne ne se mêle...

150509 056- Ah ! Ah ! a éclaté de rire Madame Capedepluie.

- Qu'est-ce qui vous fait rire ?

- Se mêle, semelle, c'est drôle!

- Vous prenez votre pied avec pas grand chose ! Personne ne se mêle de me balancer quand je marche dans la grotte de Giens...

- C'est pas plutôt la grotte de Lourdes et la faïence de Giens ? ai-je suggéré à mon jumeau.

Mais au fait... Je ne me suis pas présenté :je suis Rangdoignon droit. Mon frangin et moi sommes des godillots.

- Je ne sais pas, a-t-il répondu. Je suis aussi nul en contrepets qu'en contredanse. En tout cas, vous, Madame Capedepluie, vous n'avez rien vu du bal à Laïta !

- Désolée, Messieurs les godillots mais vous allez me raconter. Vous savez que je suis une cape de pluie préventive et porte-chance. En général quand il m'emporte, que je pèse 3 kilos sur son dos et prends toute la place dans son sac, il fait toujours beau au-dehors !

- Tatatata ! Attendez ! On vous a vu à l’oeuvre l’autre jour ! Vous étiez de sortie et pas qu'un peu l'autre week-end en Normandie ! On ne voyait que vous et votre capuche jaune fluo tout au long de l'estuaire de la Sienne sous la pluie battante !

- Oh ça va, les Frères croquenots ! On a les mythomanologies qu'on peut! Parlez-nous plutôt de ce que j'ai raté sur la Laïta !

- C'est assez rare que le marcheur randonne tout seul dans la cambrousse. Il était plutôt du genre marcheur urbain jusqu'à il y a peu. Là Madame K. était à un stage de contes dans un camp scout . Alors le samedi il a pris la bagnole et est allé se poser à Guidel-Plage.

150509 086- Il ne faisait pas très beau mais sec. Il a trouvé très vite le GR, le chemin de grande randonnée

- Fastoche! Le GR 34 longe la rivière !

- Tout comme en Normandie l’EPR longe Flamanville!

- Au début très bien ! On voit le port du Pouldu en face : des bateaux de plaisance devant des maisons blanches. Il se met en route. Des fleurs partout sur le chemin.

- Le GR très bien ! Balisé, des escaliers, une balustrade en fil de fer tout du long pour éviter les chutes en cas de tremblement de terre ou de lendemain de cuite. Très escarpé mais très bien.

- Ensuite de belles vues sur les coudes de la rivière. Le seul problème c'est le pont de saint-Maurice ! Plus on avançait moins on le voyait se profiler.

- Le paysage devient sauvage et puis soudain à un carrefour, une aubaine ! Une bande de terre qui traverse la rivière pour aller jusqu'à trois maisons posées là sur l'autre rive. Pas besoin d’aller jusqu’au pont ! Mais pourquoi y a-t-il une barrière en travers de ce chemin ?

150509 087- Il s'avance en espérant qu'il y aura un passage sur le côté de la barrière. Quelle chance, il y en a un !

- Et il se retrouve sur la rive droite du fleuve alors qu'il venait de la rive gauche. En toute logique il retrouvé le drapeau polonais...

- ...où monégasque, qui indique qu'il est sur la bonne route et c'est justement sur la gauche. Le voilà donc à marcher dans l'autre sens mais en pleine campagne jusqu'à ce que le GR s'enfonce dans les bois, descende à nouveau et fasse demi-tour !

Il se retrouve à nouveau sur la rive gauche de la Laïta à remonter vers le pont de Saint-Maurice alors du coup voilà monsieur qui s'inquiète. Il fallait peut-être que je tourne à droite au lieu de prendre cette bande de terre? Puis soudain il a une illumination : une île ! Je suis passé sur une île!

-Il ne pouvait rien lui arriver de pire pour allonger son chemin et lui faire perdre sont temps ! Si ! Qu'il pleuve !

- Pô grave, j'étais là commente Madame Capedepluie.

- En fait il n'a pas plu et il a fini par apercevoir le pont. Il l'a traversé et on a descendu la rive droite

- On est arrivé avant le Pouldu près d'un embarcadère et là, surprise : des hérons  qui faisaient trempette dans le port désert. Ils ne nous ont même pas entendus. C'est la preuve que même en étant des chaussettes à clous on sait la jouer discrètes quand on veut !

- Il a pris des photos ; il a même filmé les oiseaux, dis donc !

- Il va falloir qu'il rachète un disque dur externe! C'est la souris de l'ordi qui est venue nous raconter ça dans le placard à godasses.

- Menteurs ! proteste Mme C.. Elle est encore attachée à l'ordi par un fil !

- Excusez nous, Madame Lacape, on revient d'un stage de conte alors c'est normal qu'on fabule un peu !

- Vous le savez très bien : c'est seulement au pays du Miraginaire que les bottes font sept lieues à chaque pas !

- Que les princesses vont au bal en pantoufles! Et que les godasses de rando et les capes de pluie cassent du sucre sur le dos de leur propriétaire à côté d'un ukulélé rose sous une toile de tente qui en a vu d'autres !

- C'est bien simple si ma tente avait la possibilité de parler de ses sacs rose et bleu, on l'appellerait « Mon oncle » de Tati(e) !

150509 104

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12 mai 2015

Moi, vernis à ongles, 1 an... bientôt périmé / Laura

Elle m'a acheté ou on lui a offert à l'achat d'un autre produit de beauté.

Elle s'est dit que ma couleur irait bien avec ses vêtements mais elle n'a pas le temps. Enfin, elle ne prend pas le temps. Pour les livres, le sport, la cuisine conforme aux règles de la nutrition, là, elle a le temps !

Mais pour moi, qui demande à ce qu'elle se pose pour que je repose sur ses mains, là, non, madame a toujours quelque chose à la main qui l'empêche d'être une femme vernie !

Si elle allait moins à la bibliothèque, à la piscine, chez le marchand de journaux... Si elle faisait moins de gym, on aurait notre poignée de mains en toute intimité...

AEV 1415-27 Laura - vernis

6 mai 2015

Consigne d'écriture 1415-26 du 5 mai 2015 : 4 incipits de Pascal Perrat

4 incipits de Pascal Perrat 

 

Complétez ces propositions de Pascal Perrat empruntées au site Entre2lettres !

Incipit 221 : Elle était née avec une toute petite clé dans la main. Personne ne savait à quoi elle pouvait servir. Papa n'était pas serrurier, maman n'était pas musicienne. Alors on s'interrogeait, qu'est-ce que cela voulait dire ? 

Incipit 220 : Monsieur et Madame Valentin, selon les informations en notre possession votre forfait "Je t'aime" est dépassé. Nous vous proposons... 

Incipit 218 : Une lame de parquet à sa voisine :La dernière fois que tu as craqué, c'était quand ?

Incipit 215 : JE, TU, IL, ELLE et MOI, on en a marre de se taper tout le boulot, tandis que d'autres mots, bien planqués dans le dico, bossent une fois tous les trente-six du mois. Bathyscaphe, par exemple, ça fait combien de temps qu'il est plongé dans un profond sommeil ? Et... 

 

AEV 1415-26 Pascal perrat 1 bandeau-HuemanPro

Cliquez sur cette image pour consulter le bolg de Pascal.

 

5 mai 2015

Forfait dépassé / Jean-Paul

AEV 1415-26 NSA

Monsieur et Madame Valentin, selon les informations en notre possession, votre forfait "je t'aime" est dépassé.

Nous vous proposons de le renouveler par le biais d'un voyage à Venise mais nous hésitons car vous ne faites rien comme tout le monde, M. et Mme Valentin.

Vous avez attendu 10 ans pour effectuer dans cette cité symbolique un voyage de noces au cours duquel vous n'avez même pas sacrifié au rite de la ritournelle en gondole.

Vous avez préféré parcourir un nombre de kilomètres insensé dans la ville sans même avoir pris soin de vous équiper de chaussures de randonnée !

Vous n'avez pas attendu les 10 ans réglementaires pour y retourner : quatre ans après vous remettiez le couvert et l'année suivante, refais-le me le, encore, encore oh oui c'est bon et puis plus rien !

Nous voulions également vous suggérer l'option triplette de Belleville qui consiste en un stage de trekking au Népal. Bien que nous vous sachions assez adeptes de l'humour noir, nous avons récemment remplacé dans notre catalogue "J' voudrais finir ma vie à Katmandou" par "J' voudrais finir ma vie au Lavandou". Mais l'azur peut-il avoir la cote auprès de gens qui ne rechignent pas à aller marcher sous la pluie pendant quatre jours dans des coins perdus de la Manche dont même le bathyscaphe, plongé dans les profondeurs sous-marines d'océans abyssaux, n'a pas idée : Heugueville-sur-Sienne, Hauteville-sur-Mer plage, la Vendelée ou il n'y a même pas de Glolobe challenlenge !

Nous avons qui plus est découvert que votre forfait "je t'aime" n'était pas valable et ce depuis l'origine ! Il manque au document original émanant de la mairie de Redon la signature réglementaire des deux témoins !

C'est pourquoi l'alternative est désormais la suivante :

- ou bien nous vous dénonçons aux autorités en tant que couple déviant sans feu ni lieu ni foi ni loi
- ou bien vous déchirez la présente lettre de rappel et continuez de cohabiter comme bon vous semble mais c'est à vos risques et périls surtout depuis le vote de la loi sécurité et le catalogage des citoyens en fonction de leur prénom.

Si vous trouvez le moyen d'inventer ou d'ajouter un troisième terme à cette alternative, nous déclarerons forfait nous aussi.

***

C'est bien simple, quand j'ai vu la médaille "Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain" j'ai mis l'enveloppe et le prospectus de la NSA qu'elle contenait à la poubelle !

5 mai 2015

Le Deuil des oiseaux / Jean-Paul

Elle était née avec une toute petite clé dans la main. Personne ne savait à quoi elle pouvait servir. Papa n'était pas serrurier, maman n'était pas musicienne. Alors on s'interrogeait. Qu'est-ce que ça voulait dire ?

Il était né avec une cartouche de fusil dans la main. Personne ne savait à quoi elle pouvait servir. Papa n'était pas chasseur, maman ne sniffait pas de poudre. Alors on s'interrogeait. Qu'est-ce que ça voulait dire ?

Un jour quand elle a été grande elle a pris la clé des champs.

Un jour quand il a été grand il a pris la poudre d'escampette.

Alors papa et maman ont cessé de s'interroger.

Peut-être que tout cela ne voulait rien dire.

Alors ils n'ont plus rien dit.

Et j'ai mis un point final
Sur cette histoire banale.

150509 098

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5 mai 2015

Les Mots qui (se) fâchent / Jean-Paul

AEV 1415-26 Coutances

JE, TU, IL, ELLE et MOI, on en a marre de se taper tout le boulot tandis que d'autres mots bien planqués dans le dico bossent une fois tous les 36 du mois. Bathyscaphe, par exemple, ça fait combien de temps qu'il est plongé dans un profond sommeil ?

Et coelacanthe, ça l'emmerderait de refaire surface un peu au lieu de lire à la lueur du lanterneau du bathyscaphe les oeuvres des philosophes jumeaux, Emmanuel et Friedrich ? Car l'un ne va pas sans l'autre : coelacanthe et coelaNietzsche.

Mais ce n'est pas la peine de s'énerver. Il y en a qui sont tellement enfouis dans la malle au grenier de l'Académie qu'ils ne sortiront plus des siècles passés dans lesquels ils sont nés. Seuls les férus d'histoire ancienne et les auteurs de polars moyenâgeux vous reparleront encore du hennin qui a roulé à trois pas du cadavre de la victime, du hanap encore chaud qui fleure le poison italien, de Soeur Anne ensanglantée qui n'a pu monter jusqu'à la tour et se cramponne d'une main au mâchicoulis tandis que le soudard monte dans l'escalier en brandissant sa colichemarde ! Vieux fainéants, va !

Plus personne ne dit à Riquet le houppé, au foutraque foutriquet ou au pâle paltoquet de fermer leur clapet mais on aimerait bien le matin que le conducteur du bus numéro 11 éteigne sa radio pourrie, nous épargnant ainsi les calembredaines vulgaires et les coquecigrues de caniveau de l'animateur de Virgin radio. Sa chronique stupide s'appelle "vos blagues de ouf" et ça les fait tous hurler de rire, ces adulescents post-boutonneux, de commencer le jour par des plaisanteries grasses dans leur studio si parigot. Même moi qui apprécie toutes les formes d'humour j'ai du mal à trouver là matière à rire.

Allons ! Balayons nos aigreurs, contemplons le flacon encore à moitié plein, réveillons cette feignasse de sous-ventrière qu'on a failli se faire péter à la Taverne de Coutances, réjouissons nous de trouver refuge sur cette île flottante et cessons de raconter des salades normandes : réchauffement climatique, réchauffement climatique... A voir ce qui tombe de pluie et de tranquillité dans le Cotentin avant qu'on ne jazze sous les pommiers ne ferions-nous pas mieux de penser que la vie est toujours bien épastrouillante ?

28 avril 2015

Consigne d'écriture 1415-25 du 28 avril 2015 : un monstre

Un monstre !

 

Il existe beaucoup de monstres dans la mythologie pour expliquer l'origine du monde et dans les contes ils ont des pouvoirs bien ou malfaisants.

Par exemple :

  • la licorne, ou l'unicorne : cheval blanc au front percé d'une corne,

  • le garuda : dans la mythologie hindouiste et boudhiste : un homme-oiseau, aigle géant protecteur dont l'ennemi est le serpent nagas

  • le sîmorgh : en Perse, cousin du phénix, aussi grand que 30 oiseaux, cotoyant les astres et les mystères célestes

  • le basilic : coq à queue de dragon

  • la chimère : monstre cracheur de feu, lion par devant, serpent par derrière, chèvre au milieu,

  • le catoblépas : rhinocéros à tête de taureau

  • la manticore : corps de lion, tête d'homme, queue de scorpion, triple rangée de dents, mangeuse d'hommes, symbole du mal.

 

Créez votre propre monstre. Faites sa carte d'identité, donnez lui un nom, décrivez le. Puis mettez le en scène dans un texte, faites le vivre avec ses pouvoirs,...

28 avril 2015

Le gentil monstre Mistounu/Marie-France

IDENTITE DU MONSTRE : MISTOUNU

 

Sorte de loup couvert de longs poils noirs sauf sur le visage qui est recouvert de plumes blanches et 1 seul œil au milieu de la figure.

 Pouvoirs : court très vite, voit à 360°, végétarien.

 Il aime jouer avec les petits enfants mais est trop horrible pour qu’on s’en approche.

 

Conte :

 

A l’orée de la forêt du Tertre gris, vivait une famille de bûcherons. Cette famille habitait une jolie maisonnette en bois construite par le papa. Autour quelques chèvres broutaient l’herbe fraîche en attendant l’heure de la traite quotidienne. Elles étaient nombreuses et donnait suffisamment de lait que la maman transformait en fromage ou en yaourt qu’elle allait vendre au marché du village voisin. Un coq, des poules, un chien, des chats, plus 2 ou 3 cochons dans la soue qui couinaient du matin au soir, animaient ce petit hameau.

 Lila et Basile, les enfants grandissaient au milieu de ce petit monde avec pour consigne de ne pas trop s’aventurer dans la forêt où il était facile de se perdre pour des enfants de 7 et 10 ans et où toutes sortes de dangers menaçaient.

Le papa les avait bien mis en garde qu’un horrible animal rôdait dans les bois touffus à quelques encablures de l’autre côté du village. Jusqu’à présent les enfants se contentaient d’écouter les histoires de Mistounu, le fameux monstre,  racontées à la veillée par le Papa et ils se demandaient si c’était bien réel ou seulement dans l’imagination de leur père.

Ils étaient allés voir le vieux sage du village, un grand-père aveugle et un peu sourd qui leur avait bien confirmer la réalité de l’animal avec pour recommandation de surtout ne pas l’approcher.

La description qu’il en avait faite n’était d’ailleurs pas très engageante. Mais la curiosité était très forte pour Lila, qui aurait bien aimé l’apercevoir au détour d’un chemin.  

Il s’agissait d’un gros chien, ou plutôt d’un loup tout noir recouvert de longs poils, sauf le visage pourvu de plumes blanches et un seul œil au milieu de la figure. Malgré cela il pouvait voir de tous côtés, devant et derrière en même temps, de plus il courait très vite et en un quart de seconde il pouvait vous attraper et vous croquer tout cru, quoique l’histoire ne relate aucun animal dévoré par la bête ! Curieux ! Serait-il végétarien ? 

En fait Mistounu s’ennuyait au fond de ce bois où tous les animaux à poils ou à plumes le fuyaient, ne le reconnaissant pas comme l’un des leurs. Il avait bien essayé de s’immiscer dans leurs jeux et leur courir après, mais malgré sa vitesse, les autres étaient tellement terrifiés qu’ils ne se laissaient jamais attraper. C’est ainsi que Mistounu était devenu végétarien pour leur prouver qu’il n’était pas dangereux, qu’il voulait simplement jouer avec eux. 

Cependant, rien n’y faisait, tous fuyaient et il était toujours seul.

Quant à Lila, très curieuse, et très intriguée par cette histoire elle voulut en avoir le cœur net.

C’est ainsi que défiant la surveillance de son frère et ses parents, elle s’aventura dans les sous-bois et regagna le plus profond de la forêt là où régnaient les plus grands et les plus vieux arbres. Elle écoutait le moindre bruit : des insectes à terre, jusqu’au bruissement du vent dans les feuilles à la cime des chênes. Soudain elle entendit une respiration, ce devait être un plus gros animal, pensa-t-elle, voir un être humain. Elle eut un peu d’inquiétude, mais se rassura en pensant que peut-être son frère l’avait suivie et se cachait derrière un tronc. Elle l’appela, mais pas de réponse ; du coup son inquiétude devient réelle et elle commençait à regretter son escapade. Elle ralentit le pas et voulu se reposer adossée à un arbre. C’est là qu’elle aperçut un œil qui la fixait, elle était terrorisée, voulu faire demi-tour, mais resta clouée sur place. La description du vieil homme était bien exacte, c’était un horrible monstre, très laid. Cependant le premier mouvement de panique passé, elle ne se sentait pas menacée, plus elle le regardait et plus ses craintes s’envolaient.

Elle se prit au jeu de cache tout en cherchant à retrouver son village. Elle sautait d’arbre en arbre en marche arrière en se cachant et lui l’imitait tout en gardant ses distances afin de ne pas trop effaroucher une amie potentielle.

Fatiguée, Lila s’arrêta un moment et Mistounu en profita pour s’approcher un peu plus. Elle n’avait plus peur et se contentait maintenant de jouer avec la tête et les mains, Mistounu essayait de l’imiter maladroitement. Cela dura un moment, jusqu’à un bruit au loin. Il lui semblait entendre son prénom. Elle réalisa tout à coup que le soir tombait et elle n’avait rien dit à personne. On devait s’inquiéter à la maison. Elle lui fit un geste d’au revoir et il la regarda s’éloigner, l’œil triste sans chercher à la suivre. Elle lui promit de revenir mais jura de ne rien dire à personne, ce serait leur secret.

Elle s’était aussi promise de l’apprivoiser encore et d’en faire un jour son ami.

28 avril 2015

Moninfantourse/ Dominique H

Moninfantourse,

une monstre pas comme les autres !

Evidemment , dans la grande famille des monstres, personne ne se ressemble !

Moninfantourse vit dans les forêts, sous toutes les latitudes. Elle a une jolie tête d'éléphant avec des yeux doux et expressifs , une trompe agile et des grandes oreilles montées sur roulements à billes : elles peuvent servir d'éventail ou de nageoires . Son corps puissant est celui d'une ourse blanche, avec une belle fourrure qui s'épaissit quand elle remonte vers le Pôle Nord. Ce corps athlétique lui permet de se dresser rapidement quand il le faut. Sur son ventre une grande poche comme celle du kangourou. Ses longs bras de singe touchent le sol et ses mains savent gratter,marcher, s'agripper, cueillir, lancer et aussi caresser. Ses pattes arrières sont des pattes d'ours palmées pour pouvoir nager, ça peut servir. Son dernier ornement est une interminable queue marsupiale, grise à points blancs qu'elle utilise parfois en lasso ou en bout de sauvetage. Vous le voyez, elle est très polyvalente.

Si vous rencontrez Moninfantourse dans une forêt, malgré son aspect monstrueux, vous serez rapidement rassurés. Elle vous fera les yeux doux, vous enverra un bref pschitt parfumé de sa trompe , elle étendra les bras pour vous caresser et remuera lentement ses grandes oreilles en signe de bienvenue. Elle évitera de se dresser pour ne pas vous effrayer.

Cependant, Moninfantourse ne se montre jamais quand tout va bien pour vous, elle sait que son physique peut paraître inquiétant. Elle se promène donc tranquillement, silencieusement, à l'abri des regards dans les sous-bois. Elle observe les randonneurs, les cueilleurs de champignons et... les enfants qui se perdent dans la forêt. Son talent est de savoir détecter la peur. Ses oreilles sont équipées d'un radar qui capte les ondes d'inquiétude ou de panique, d'où qu'elles viennent, mêmes éloignées. Son cerveau reptilien reçoit alors un signal qui la met en marche instantanément.Elle est programmée pour porter secours. Elle peut faire des milliers de kilomètres en une nuit.Pour ne pas se prendre les pattes dans la queue elle l'enroule alors dans sa poche ventrale.

Ce jour là, vers dix sept heures, alors qu'elle se promenait dans la forêt de Brocéliande, son cerveau reçoit une alerte. Elle se met en marche et passe rapidement sa septième vitesse. Le signal la guide comme un GPS vers Saint Sulpice la Forêt, près de Rennes. Elle atteint Mi-Forêt en moins d'un quart d'heure. Le signal d'ultra-sons s'intensifie et se transforme en un léger sifflement continu. Elle s'immobilise alors et promène son regard à la ronde. Elle aperçoit une fillette qui sanglote , assise dans les fougères, un bouquet de jacinthes sauvages à la main.

Moninfantourse s'avance précautionneusement et s'allonge aussi dans les fougères. Puis elle passe à la deuxième phase du sauvetage. De sa trompe, qu'elle utilise comme un brumisateur, elle émet doucement une vapeur vanillée autour de l'enfant. Cet éther sucré endort la petite fille. Moninfantourse la soulève alors délicatement, la serre tendrement contre sa douce fourrure blanche, et la berce. Mais son travail n'est pas terminé.

Soudain,dans cette ambiance calme, le radar de ses oreilles capte une autre longueur d'ondes que Moninfantourse reconnaît: c'est celle de l'affolement de parents qui ont perdu leur enfant . Le signal est très net, l'émetteur est tout proche. En trente secondes elle atteint le carrefour de Saint Denis. Elle prend soin de rester cachée dans le sous-bois mais entend les appels paniqués des parents : « Célia ? Célia-a-a ? Célia-a-a-aa?»

Célia, elle, dort tranquillement dans les bras enveloppants de la monstre. Moninfantourse recommence le scénario de la vaporisation anesthésique, plus longuement, parce que les parents sont à distance et qu'elle ne veut pas se montrer. Ceux-ci vont bientôt cesser d'appeler, s'asseoir dans l'herbe, l'un à côté de l'autre, pleurer doucement puis s'assoupir.

Alors, Moninfantourse se dirige tranquillement vers eux et dépose délicatement Célia endormie entre son papa et sa maman. Elle sait que l'effet soporifique va durer encore dix minutes, le temps pour elle de s'installer dans le sous-bois, en première loge, pour assister à la dernière scène.

Célia, la première commence à bouger, à se frotter les yeux, puis couvre ses parents endormis de baisers.

« Maman ! Papa !Maman ! Réveillez-vous !»

Les parents commencent à bouger et émergent peu à peu de leur sommeil.

« Célia! Ah ! Te voilà ! Que je suis heureuse de te serrer dans mes bras, j'ai rêvé que tu t'étais perdue dans la forêt ! » dit la Maman.

« Moi aussi j'ai fait ce cauchemar affreux » dit le Papa , « mais tu es là,maintenant et avec un très joli bouquet de jacinthes ! »

Emue par cette scène touchante de retrouvailles , Moninfantourse essuie de sa grande oreille une larme au coin de l'oeil. Sa mission est accomplie , elle est fatiguée et s'endort à son tour jusqu'au prochain signal, pour de nouvelles aventures.

28 avril 2015

Moi, le monstre / Henry

Moi, le Monstre

Vous avez dit Monstre ? Oui, moi je suis un monstre que tout le monde regarde ! Je ne suis as grand, mais j'en ai rien à foutre ! L'essentiel, lorsque j'apparais, c'est que chacun fixe ses yeux sur moi et m'écoute. Ceux qui ne me regardent pas, ceux qui ne m'écoutent pas , moi, le monstre merveilleux, je les dévore, ou bien je les écrase ! Mais oui ! Je ne veux pas risquer de perdre toute ma force, si je les laisse me contrecarrer, me regarder de haut !

Mon arme, ma sarbacane, c'est persuader que les autres, même les prétentieux, ce sont des comédiens, ou pire, des idéalistes! Qui, mieux que moi, peut transformer chacune en rats, en fourmis, en méduses?

Parfois je disparais, je m'envole vers de lointains domaines, où les monstres me choient, comme le meilleur d'entre eux!

Alors, à tous ceux qui me reconnaissent, je dis : «  Demain, je vous montrerai que je suis le plus grand monstre de tous les temps ! Puisque vous m'avez reconnu, criez mon nom ! Alors vous serez bienvenus dans le monde des richesses que je cultive autour de moi ! Et pauvre soit qui mal y pense ! »

Carte d'Identité :

Nom (connu du monde entier) : RISKAZORKATARI ou plus simplement : Sir KOZARI

Taille : en perpétuelle évolution ! Selon que l'on me regarde avec admiration – je suis alors le plus grand des monstres - ou avec dédain – avec des yeux de dinde !

Membres : j'ai quatre membres : deux servent à voler vers les étoiles, les deux autres à courir la terre pour attraper ceux qui ne me regardent pas avec admiration, et en faire de la bouillie !

Tête : petite apparemment, elle grandit à chacune de mes discours ! Ma tête à venir sera plus grande que la lune, la nuit – ou le soleil, le jour. Mais ne me fixez pas, ou je vous brûlerai jusqu'au fond de l'âme !

Je porte le feu des volcans, j'éclaire le monde qui m'admire, je transforme en cendres tous ceux qui me combattent !

Monstrueusement vôtre....

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