Il est demandé aux participants : de quoi souhaiteriez-vous faire l’éloge ?
Ceux-ci ont répondu :
L'escargot - la chorale - le kiosque à musique - le cochon - l'écriture - l'hyperactivité - le voisinage - le silence - les voyages - les livres - le printemps - la rivière - le temps présent - la vache - l'odeur du pain grillé mêlée à celle du café - la mer - le chez soi - les souvenirs - la lecture - le presse-agrumes - l'imperfection - l'atelier d'écriture - le vélo - la tong - les cerises - le cadeau - la petite cuillère - le chiffre 9 - la lune - l'Euro de foot - la sieste - l'araignée (le crustacé) - la délicatesse - la famille
Il leur est demandé ensuite d’écrire l'éloge choisi sous forme de courts chapitres. Pour cela on utilisera les têtes de chapitre du livre « Petit éloge de la douceur » de Stéphane Audeguy :
Chez les escargots l’amitié est longue à venir mais quand elle est là, elle dure longtemps. L’escargot est très amical et pas du tout sectaire. Axel Bauer a chanté l’amitié d’un escargot avec deux nuits du Groënland. Non, vous ne vous rappelez pas « Escargot deux nuits » ?
Et Jacques Prévert a infligé à moult escholiers l’histoire de ces deux escargots qui allaient voir pour la dernière fois une feuille tombée dans l’automne de sa vie et pas dans l’oubli cependant.
L’escargot est aussi comme moi, très ami avec les zeugmas.
Couple
Lorsque, chez l’escargot, l’amitié devient amoureuse, Roméo ne fait pas de déclaration à Juliette, ni Tristan à Yseut, ni France Gall à Michel Berger, ni Jerôme Cahuzac à Madame l’Administration fiscale. En effet l’escargot est hermaphrodite : il est tantôt il et tantôt elle et de fait on n’a jamais vu chez cet aimable gastéropode de manifestation pour ou contre le mariage pour tous. Dans les villages d’escargots il n’y a de toute façon ni mairie, ni église, ni officier d’état-civil. Quand ils veulent fonder un couple les escargots se mettent en ménage et ils vivent à la colle.
Art de se taire
Personne chez nous les humains n’organise de rendez-vous nocturne pour aller écouter, au plus profond de la Sologne ou ailleurs, en Bourgogne par exemple, le brame des escargots en rut. L’escargot possède, tout comme la girafe, l’art de se taire dans les moments les plus intenses de sa vie. Son « Rhâââ lovely », son « Encore ! Encore ! », son « Mets ton doigt où j’ai mon doigt », son « Refais le me le », nul ne peut se vanter de les avoir entendus joints à des cris de joie ou des bruits de jouets jouasses quand en juin ou juillet l’escargot jouit ou se paie une toile (forcément de Jouy, si j’osasse). C’est tout juste s’il émet un léger « Crac » lorsqu’un promeneur distrait écrase par mégarde son logis portatif. Alors que vous, il faut voir et surtout entendre les cris d’orfraie que vous poussez lorsque vous laissez tomber votre Iphone 6 et que son écran se brise !
Cuisine
L’escargot n’aime pas entrer dans la cuisine des hommes. Par nature il déteste l’odeur de l’ail.
Gendarme couché
Nous l’avons écrit plus haut, l’escargot est très amical. Il a bien voulu faire cadeau de son nom aux routiers sympas ou pas qui se traînent sur la rocade de Rennes ou sur le périphérique de Nantes afin de protester contre la loi travail ou l’emploi de main-d’œuvre des pays de l’Est dans les transports internationaux. Ce sont les fameuses opérations « Escargot » et quand il y en a les gendarmes ne sont pas près d’être couchés. Ils dévient le trafic et parfois même, quand ils ont quelque chose en eux de Tennessee, ils dévient Crockett.
Par contre là où le panneau de circulation indique un gendarme couché c’est l’escargot qui ne dort pas. Il lui faut en effet escalader chaque jour trente centimètres le long du panneau et en redescendre vingt la nuit. Comme le panneau mesure 1,80 mètre on demande à l’escholier de CM2 au bout de combien de temps l’escargot atteindra le sommet, sachant que l’année est bissextile, que le capitaine a 55 ans et que la baignoire perd O,25 litres tous les cinq litres depuis que Toto y a percé un trou avec la chignole à Papa.
Nudisme
La limace est une espèce d’escargot qui pratique le nudisme dans les jardins bien entretenus plutôt que sur les plages de sable fin. Elle est comme toute le monde, elle n’aime pas avoir du sable dans la raie des fesses.
Pour sortir de sa coquille cette grande folle un peu timide en a bavé mais elle n’est pas récompensée pour autant : en effet, même débarrassée de son dressing-room portatif, la limace à poil dur n’avance pas plus vite que l’escargot encore chargé de son home sweet home. Comme quoi rien ne sert de vouloir courir plus vite que l’ombre de la tortue qui se tire.
Helpdesk d’argot : Même si elle est aussi lente qu’un escargot, la limace est assez habile pour ne jamais se faire cravater quand elle se promène sans chemise et sans pantalon au nez et à la barbe d’un gendarme couché.
Ulysse
Quand Ulysse est rentré à Ithaque il a d’abord dû se farcir le décès de son chien, Argos, sous ses yeux. Le clébard était tellement ému de la réapparition de son maître qu’il a fait une crise cardiaque carabinée dont il ne s’est pas remis. Puis il est allé retrouver Pénélope. Il a vu qu’elle avait dix ans de plus mais il s’est dit que lui aussi alors il n’a rien dit. Il a vu qu’elle était toujours aussi baba et cool et du coup ni l’un ni l’autre n’ont fait de crise cardiaque. Mais quand il a vu la tapisserie toujours pas terminée, il n’a pu s’empêcher de demander : - C’est quoi ce travail de gendarme couché ? » Il faisait référence au problème de l’escargot qui escalade le panneau indicateur « Guerre de Troie » le jour et redescend la nuit et qui empoisonne la vie de tous les escholiers de la planète depuis que Charlemagne a inventé l’école.
Sourire
L’escargot ne peut pas éclater de rire. C’est là une action beaucoup trop violente et beaucoup trop rapide pour lui. Tout juste esquisse-t-il, quand on lui conte une plaisanterie grasse, un long sourire d’acquiescement qui met du temps à disparaître. C’est pourquoi, malgré sa présence active dans le secteur de Chester, l’escargot a été dédaigné au profit du chat par Lewis Carroll lorsqu’il s’est agi de mettre dans ses « Aventures d’Alice au pays des merveilles » un personnage à sourire clignotant sur la branche d’un arbre magique. De toute façon, l’escargot n’escalade que les panneaux indiquant un gendarme couché et ceux-ci n’existaient pas encore à l’époque.
Haïku
L’encyclopédie De l’escargot Diderot : Un simple haïkaï !
Rapports
C’est un escargot qui reçoit un SMS sur son téléphone : « J’ai très envie de toi. Mais ce soir ce n’est pas possible. J’ai la garde des enfants. Et j’ai des principes ».
Il répond à son correspondant qu’il a soixante-dix ans et qu’il doit s’agir d’une erreur de destinataire. Alors le premier confirme en répondant : « Désoler » [sic].
Et l’escargot de demander, oralement, à son entourage : - A votre avis, c’est un homme ou une femme qui m’a envoyé ce SMS ?
Moi j’ai tendance à penser que c’est une femme : les hommes n’ont pas de principe. En même temps, j’ai tendance à penser que c’est un homme : les hommes n’ont que des rapports très éloignés avec l’orthographe.
Finalement, c’est très bien que l’escargot soit hermaphrodite !
Cinq mots qui contiennent deux fois le son "s" ; Cinq mots qui contiennent deux fois le son "p" ; Cinq mots qui contiennent deux fois le son "t" ; Cinq mots qui contiennent à la fois le sont "l" et le son "v", peu importe dans quel ordre ; Cinq mots qui contiennent à la fois le son "s" et le son "ch".
- Toi livide Livia dont on voit sur la vidéo te dévoilant sans voiles qu’il t’a ravie au lit, dis quel talent a-t-il, l’Italien, que nous n’avons pas ? Quelles secousses sismiques à lui dues provoquent les mimiques où ta joie quand tu jouis se dilue?
- Est-ce un Mickey maousse à mes trousses qui fait que je me trémousse ? Glop glop ! glapit devant son plug ma glotte. Sa tagliatelle est magique : elle glose et glisse avec délice comme sur la glace et je glousse et détrempe dans l’église d’indolence au faîte de tout, lourde du délit d’insolence au soir, jamais lasse comme Alice, l’Anglaise qui trempe le loir dans la mélasse au thé des fous.
- Dégueulasse ! J’en perds mon latin ! C’est la dernière fois que je te cuisine, cousine crue sans QI qui carottes mes espoirs, par cet aveu-plongeon, d’être un jour ton Don Juan !
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Tope là, mon pote ! La popote du pape n’est pas top ! C’est des pâtes, des pâtes, des pâtes qu’il se tape, sauf parfois des patates aux câpres et paprika quand Capri s’est fini ou qu’il part se détendre à Pâques au Pakistan.
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Le mime s’abîme dans la contemplation du Pô sans piper mot.
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Quand le lévrier lève un lièvre en fuite le chasseur avec fièvre mais sans shit fonce tout schuss à sa suite et, sache-le, ça chie s’il trébuche sur une souche louche et ramasse une bûche. Ca le rend chèvre.
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Chez les Papous, papa, les pinups sont pimpantes, les papys font du parapente et les pompiers du pont des Loges délogent les pipistrelles sans papiers qui pépient et piaillent la nuit à Paimpont où l’abeille coule, l’abeille coule, l’abeille coule près de l’abbaye cool.
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Dans les granges qui regorgent de grains d’orge, quel grabuge ! Voilà qu’un gros et gras dragon grunge s’en vient faire rendre gorge à la prospérité des paysans du coin.
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Tâter un tantinet du twist en trottinette est tentant. Mais gare à tes mollets si tu te casses la margoulette. Souvent il en coûte croûtes rouges, crois-nous, mou du genou !
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Il faut la jouer mollo, mollah, le chant de ce cher Serge chez qui nous sommes, qui se moque du moka, « Couleur café ». La mélodie décaféinée, au mélodica déféquée, sans liqueur, ou tapée sans délicatesse – qu’est-ce ?- sur ta caisse claire, ça énerve et ça écoeure.
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Ineffable fable : l’acquis et l’inné savent s’incliner devant la douleur quand le kiné meurt
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Caca décoté du Dakota, Tapioca décapoté de Bogota Folles gaîtés du goal fêté au Golgotha Un sans atout sans un iota Chats farceurs du Minnesota Amateurs mous de la Rotonde Il faut de tout pour faire un monde !
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Quand Lassie est lassée que tu tires sa laisse, si tu la laisses aller à son allure à elle à la chasse au lapin, tu rentres lessivé… de lièvre !
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- Jamais je n’eusse cru que tu fusses si cru et causasses de cul, Lustucru, vieux salace ! - Que veux-tu, Mère Michel ? Sous la charmille, à la charmante qui m’est chère m’y mêle chair, monte aux échelles du plaisir. Il ne tient qu’à toi qu’on soit trois sans tracas à s’adonner en silence à la truculence de l’existence. Joins-toi-z- à nous, au moins à nos jeux à genoux ! Sinon tais-toi. Nul ne va me tançant cent ans sans que je n’aille ressentant le besoin de protestation !
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A la commissure des lèvres du commissaire Vorobeïtchik naît un rictus rustique, tic russe qui vient là et s’incruste assez pour qu’on le scrute, qu’on dise « crotte ! » que qu’on passe vaseux aux aveux, sans raison : - Les pesos sont à Vaison ! » Comme quoi le « haro sur » du beau détective mène bien à la romaine !
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- Est-ce que t’es lu à Tulle, Catulle ? demande le frère de Camille à Mendès. - Est-ce qu’on te lit aux pôles, Claudel ? répond Catulle encore à l’aise.
On écrit d'après une ou plusieurs photos et en incluant des titres de chansons de Jacques Brel :
A deux - A jeun - Amsterdam - Au printemps - Au suivant - Avec élégance - Ballade - Bruxelles - Bruxelles (Texte) - Ce qu'il vous faut - Ces gens-là - C'est comme ça - Chanson sans paroles - Clara - Comment tuer l'amant de sa femme… - De deux vieilles notes - Demain l'on se marie - Départs - Dis-moi tambour - Dites, si c'était vrai - Dors ma mie - Fernand - Fils de - Grand Jacques (C'est trop facile) - Grand-mère - Hé ! M'man - Heureux - Histoire française - Il neige sur Liège - Il nous faut regarder (Par delà) - Il peut pleuvoir - Il pleut (Les carreaux de l'Usine) - Il y a - Isabelle - J'aimais - J'arrive - Jaurès - Je m'en remets à toi - Je ne sais pas - Je prendrai - Je suis bien - Je suis l'ombre des chansons - Je suis un soir d'été - Je t'aime - Jef - J'en appelle - Jojo - Knokke-le-Zoute Tango - La Bastille - La bière - La bourrée du célibataire - La cathédrale - La chanson de Jacky - La chanson des vieux amants - La colombe - La dame patronnesse - La Fanette - La foire - La haine - La lumière jaillira - La mort - La parlote - La statue - La tendresse - La Toison d'Or - La valse à mille temps - La ville s'endormait - La…la…la - L'accordéon de la vie - L'âge idiot - L'air de la bêtise - L'amour est mort - L'ange déchu - L'aventure - Le Bon Dieu - Le caporal Casse-Pompon - Le cheval - Le colonel - Le dernier repas - Le diable (Ça va) - Le docteur - Le fou du roi - Le gaz - Le lion - Le moribond - Le pendu - Le plat pays - Le prochain amour - Le tango funèbre - Le temps s'en va - Le troubadour - L'éclusier - Les amants de cœur (The Lovers) - Les bergers - Les biches - Les bigotes - Les blés - Les bonbons - Les bonbons 67 - Les bourgeois - Les crocodiles - Les désespérés - Les deux fauteuils - Les enfants du roi - Les F… - Les fenêtres - Les filles et les chiens - Les Flamandes - Les gens - Les jardins du Casino - Les Marquises - Les moutons - Les paumés du petit matin - Les pavés - Les pieds dans le ruisseau - Les prénoms de Paris - Les remparts de Varsovie - Les singes - Les timides - Les toros - Les vieux - L'homme dans la cité - Litanies pour un retour - L'ivrogne - L'orage - L'ostendaise (Une ostendaise) - Madeleine - Mai 40 - Manon - Marieke - Mathilde - Mon enfance - Mon père disait - Ne me quitte pas - Ne pensez pas - On n'oublie rien - Orly - Pardons - Prière païenne - Quand maman reviendra - Quand on n'a que l'amour - Qu'avons-nous fait bonnes gens - Regarde bien petit - Rosa - Saint Pierre - Sans exigences - Sans toi - Seul - Si tu revenais - S'il te faut - Sur la place - Titine - Un enfant - Une île (L'île) - Va toi qui t'en vas - (La voix du cœur)-(Le cœur qui bat) - Vesoul - Vieille - Vieillir - Vivre debout - Voici - Voir - Voir un ami pleurer - Zangra .
Mon père disait : Ne me quitte pas, Il faut que tu sois là Quand maman reviendra.
Mon père disait : Écoute bien petit, Sans toi plus de soleil, Sans toi plus de lumière.
Mais moi je voulais vivre, Les pieds dans le ruisseau, La tête dans les étoiles. Planter des cathédrales, Bâtir des champs de fleurs. Je ne voulais pas devenir, Un paumé du petit matin.
Et puis, Il y avait Rosa, Une île où reposer mon cœur, Douce comme un bonbon, Belle comme un soleil.
Alors, Je suis parti.
Sur la place, debout, Il y avait mon père.
Il peut pleuvoir sur le jardin, Jamais maman ne reviendra, L'amour est mort. Et moi, je pars à l'aventure.
Il me faut regarder, Je ne sais pas, Je ne sais plus.
- Bien sûr, les fleurs, c’est périssable. Mais ça n’est pas une raison pour que tu t’empiffres avec les bonbons qui sont dans la boîte bleue. Quand Maman reviendra, je te dénoncerai !
- Je prendrai mon air le plus innocent et je dirai que tu en as mangé autant que moi, Marieke ! Mais tout de même, si Jason avait eu une fiancée dans ton genre, jamais il n’aurait conquéri la Toison d’Or !
- Conquis ! Comment peux-tu être aussi insoucieux de tout, sans exigences, même vis-à-vis de la langue ? Je suis bien bonne d’accepter de jouer avec toi le jeudi après-midi, Grand Jacques !
- Dis donc, Marieke, il y a des limites ! Je commence à comprendre pourquoi ta copine Mathilde t’a surnommée le caporal Casse-Pompon !
- Bon allez, assez de parlote, Grand Jacques ! C’est trop facile de faire et dire n’importe quoi parce qu’on est chez ma grand’mère et qu’elle a le dos tourné. Elle est toujours à nettoyer les fenêtres ou à naviguer entre les deux fauteuils du salon où il y a la pendule, à observer la rue, les bourgeois qui passent sur les pavés, les bigotes qui vont à la messe, les vieux qui vont au bistrot, les Flamandes qui passent sans rien dire, les gens, quoi ! Si tu revenais un peu au scénario au lieu de nous jouer l’air de la bêtise ? Je m’en remets à toi. Alors voilà : on est au printemps, on est habillés avec élégance. C’est le terme de l’aventure : demain l’on se marie. Sur la place, devant la cathédrale, tous nos amis sont réunis. Voici Zangra, Clara, Fernand, Isabelle, Jef, Madeleine, Titine, Manon, Rosa. Devant eux il faut que tu me dises « Je t’aime » et que tu m’embrasses.
- La veille du mariage ? On ne va pas plutôt boire de la bière chacun de son côté ? Je crois que ça s’appelle la bourrée du célibataire ou l’enterrement de la vie de garçon !
***
S’il vous plaît, ne pensez pas que je suis un affreux Jojo ! Rangez-moi plutôt parmi les timides, mettez-moi chez les moutons plutôt que chez les toros. Je n’étais et je ne suis toujours, au fond, qu’un enfant. C’est comme ça !
Et si j’ai sorti Marieke de mon enfance, c’est parce qu’il nous faut regarder, sur la photo jointe, comme elle doit être un peu vieille et pourtant très, très belle, maintenant. Je n’écris pas ici des litanies pour un retour dans le temps. Nous étions à l’âge idiot, heureux, à deux, très souvent ensemble, je ne sais pas, je ne sais plus pourquoi, peut-être parce que j’aimais son calme et sa sagesse.
Peut-être étais-je pour elle le fou du roi à la tête dans les nuages, le troubadour inoffensif qui ne demande pas à jouer au docteur ! Pas tout de suite, toujours ! Parce que j’ai tout ce qu’il vous faut, maintenant, mesdames ! Le stéthoscope, la vigueur du lion, la douceur, la tendresse : je suis bien… sous tous les rapports !
Mais bon, le temps s’en va et pourtant on n’oublie rien ! La preuve, je repense à elle aujourd’hui. Alors que faire de ce souvenir inutile de deux amants de coeur âgés de neuf ans, quelque part au plat pays ? Comment rejouer ces deux vieilles notes de musique étouffées dans la symphonie du grandir, du vieillir, des départs, des la… la… la… et facéties (fa et si ?) de l’accordéon de la vie ?
Aller les enterrer dans les jardins du casino ? Les jeter dans la Vistule depuis les remparts de Varsovie ? Les lancer dans l’eau du port d’Amsterdam ?
Ah, Marieke, Marieke !
Je te souhaite de t’être aussi bien mariée-marrée que moi dans ta vie !
J'ai inclus 77 titres de chansons de Jacques Brel dans ce texte.