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L'Atelier d'écriture de Villejean

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3 novembre 2015

Nouveau dictionnaire des idées reçues : lettres P et Q / Jean-Paul

 

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Pain : Autrefois on priait pour qu’on nous donne le quotidien. Aujourd’hui, à la lecture de certains hebdomadaires, on aurait plutôt envie d’en coller un à plus d’un.

Palladium : Dans les années 60 on ne pouvait pas danser devant le buffet vide : c’étaient les trente glorieuses. Aussi on allait jerker devant le bus. Même Najat Vallaud-Belkacem ignore ce que signifie ce mot latin. Constructeur de villas vénitiennes ?

Palmier : Cet arbre ne donne jamais de rameaux d’or sauf à Cannes.

Palmyre : Celui qui a déclaré « Delenda est Carthago » n’avait pas même imaginé que Palmyre subirait le même sort ou presque bien plus tard. Mais c’est déjà du passé. Palmyre n’est pas le pire. Le pire est à venir, le pire est avenir.

Parents : Les parents disent : "il n’y a plus d’enfants !". Et comme la nature a horreur du vide, quand eux-mêmes vieillissent, ils retombent en enfance.

Paysages : Les paysages de peintres font bonne impression au soleil levant. Mais à l’heure du déjeuner sur l’herbe ils donnent envie de casser la croûte.

Pauvres : Bien sûr qu’il en faut, des pauvres. Sans eux la vie des nouveaux riches n’aurait aucune saveur – Les pauvres mangent des pommes de terre. Qu’ils se consolent ! Le plus riche du cimetière n’a droit qu’à des pissenlits. Par la racine, encore !

Pédérastie : Discipline philosophique chronologiquement très connotée. Maintenant on dit "provocation à l'homophobie" – Le mot a été victime d’un apocope injurieux. La partie manquante est très recherchée : « rastie » cotée.

Pérou : Le Pérou n’est plus ce qu’il était. Si ce n’est pas le Pérou, si ce n’est pas l’Amérique alors c’est le mérou ? La paie ric rac ? L’apéricube ? La Périchole ?

Philosophie : La préférer dans le boudoir érotique que dans le foutoir médiatique qu’est devenue, France, ta culture.

Piano : Si tu y touches, ménage-le, il te le rendra ! Si tu pèses cent vingt kilos et que tu travailles chez Déméco, déménage-le. Il se rendra où te demande le client.

AEV 1516-07 Q 843575714d7c4455f33b3245cc1c00775Paris : C’est une blonde qui vaut bien une messe mais contrairement aux bières belges on ne peut pas la mettre en bouteille.

Pyramide : Le plus dur aura été de l’escalader et d’installer au sommet les quarante siècles qui nous contemplent.

Polonaise : Jamais célibataire car elle a toujours un petit Chopin.

Pucelle : Celle qu’on voit dans les missels n’a jamais brûlé la chandelle par les deux bouts sauf à Rouen un jour de 1431.

Quadrature du cercle : Pour sortir de la quadrature du cercle, il faut faire des ronds de jambes et être admis dans un cercle vicieux. Encore n’y est-on pas à l’abri des parties carrées.

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14 octobre 2015

Consigne d'écriture 1516-06 du 13 octobre 2015 : Expressions populaires à base d'animaux

Expressions populaires à base d’animaux

 

"Poser un lapin, vendre la peau de l’ours, payer en monnaie de singe, montrer patte blanche, donner sa langue au chat, mettre la puce à l’oreille, gai comme un pinson, emporter le chat, la mouche du coche, acheter chat en poche, la danse des dindons, le fils de la poule blanche, coq-à-l’âne, chercher la petite bête, le chant du cygne..."

 Soit vous choisissez une de ces expressions et vous en donnez une explication longue ;

Soit vous écrivez un texte contenant au moins cinq de ces expressions.

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13 octobre 2015

Le fils de la poule blanche/ Anne-Françoise

La poule blanche avait été séduite par le petit coq noir et ses exploits : ce petit coq noir, dont l'histoire est connue, avait avalé un essaim d'abeilles et toute l'eau d'un puits.

Ce coq avait eu beaucoup de prétendantes mais il avait été charmé par les tenues de la petite poule. Elle savait laisser voir un peu d'elle et juste ce qu'il faut montrer patte blanche tout en laissant deviner sous ses jupons la rondeur de ses cuisses grassouillettes. Le petit coq en était tout émoustillé !

C'est ainsi qu'aux premiers jours du printemps, on fêta en grande pompe le mariage du petit coq noir et de la poule blanche. Toute la basse-cour y fut invitée : du mouton au boeuf et du coq à l'âne. On fit la fête au poulailler. On entendit le chant du cygne, on vit la danse des dindons, on chercha la petite bête pour qu'elle conte son histoire drôle, on fit venir un loup magicien qui posa un lapin sur un chapeau et le fit disparaître, de telle sorte d'ailleurs qu'on ne revit plus jamais le petit lapin... Ce fut vraiment une belle fête et tout le monde gloussa, roucoula, glouglouta, caqueta, cocoricota de joie !

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De l'union du petit coq noir et de la poule blanche naquit le poussin gris. C'était un volatile fort laid qui fut mal accueilli dans la basse-cour. Puis on eut des égards pour lui en se souvenant de l'histoire de ce canard si vilain qui était devenu un majestueux cygne. Les parents du poussin gris virent leur couple mis à mal durant cette période, le petit coq noir se demandant s'il était bien le père de ce curieux enfant. Il fit faire un test de paternité auprès du docteur Minet. Ce test lui coûta fort cher puisque ses économies y passèrent, dont sa monnaie de toutes les fermes du monde. Il paya même en monnaie de singe. Il dut vendre la peau de l'ours qu'on avait offert pour son mariage et finalement, comme le compte n'y était toujours pas, il dut aussi donner sa langue au chat qui n'en fit qu'une bouchée. Mais ce test si coûteux lui apporta aussi satisfaction puisqu'il certifia que le petit coq noir était bien le père du poussin gris. Le petit coq épingla la photocopie sur la porte du poulailler qui jaquetait pour clore le bec à tous les médisants. Cette épreuve ressouda le couple et la poule blanche se fit de nouveau coquette pour celui qu'elle aimait. Elle se maquilla et se para de ses plus beaux bijoux : des colliers, des bracelets de cheville, à son visage des diamants, la puce à l'oreille...

Le poussin gris grandit en taille et en laideur et, vu qu'il ne se transformait pas en cygne et chantait faux, on se désintéressa de lui. Ses parents donnèrent naissance à plusieurs couvées de beaux petits poussins jaunes qui firent la joie de tous.

Puis ce fut le jour des élections. La fermière déposa un grand faitout dans le poulailler. Chacun vota consciencieusement. Le fermier vint récupérer le faitout le soir pour dépouiller les bulletins à huis clos chez lui. Les élections firent apparaître un résultat qu'on put croire antidémocratique puisque tous les volatiles avaient voté pour le même élu ! Au milieu, on ne retrouva qu'un bulletin...gris...

C'est ainsi que le poussin gris passa à la casserole un beau matin d'automne. 

7 octobre 2015

Consigne d'écriture 1516-05 du 5 octobre 2015 : Cauchemar à Nejdek 2

Cauchemar à Nejdek 2

Dans la petite ville de Nejdek habitent tous les personnages des contes de fée de notre enfance. Ils ont pour habitude de se rencontrer dans l’unique bistrot du village tenu par la sémillante Madame Lafée. Or, depuis samedi, le bourgmestre, Monsieur Leloup a disparu. Madame Leloup a porté plainte et l’inspecteur Chabotté, venu de la capitale, mène l’enquête. Chacun de vous tient le rôle d'un personnage de conte célèbre et va écrire une partie de cette pièce de théâtre de la Cie Tintamarre.

L’inspecteur Chabotté interroge ...

(Choisissez votre rôle :)

Les 3 petits cochons
Madame Ferrari, Le petit Chaperon rouge
Messieurs Atchoum, Grincheux, Simplet, Prof, Joyeux, Timide, Dormeur les sept nains
Madame Roupillon, la belle au bois dormant
M. Lebellâtre, le prince charmant
M. Faux-Pas le petit poucet
Mme Dufeu-Dedieu, Cendrillon
M. Lagneau, l’agneau de la fable de La Fontaine
Mme Kate Blanchette, la chèvre de Monsieur Seguin
Madame Lafée

- Quels étaient vos rapports avec M. Leloup ? Répondez ;
- Quand l’avez-vous vu pour la dernière fois ? Répondez ;
- Que faisiez-vous dans la nuit du 22 au 26 ? Répondez ;
- D’après vous, qui pouvait lui en vouloir au point de le faire disparaître ? Répondez ;

- Ajoutez d’autres questions et réponses délirantes sous forme d’un dialogue théâtral
- Suggérez à l’enquêteur d’autres pistes indiquant que M. Leloup n’a peut-être pas été assassiné.

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6 octobre 2015

Cauchemar à Nedjek : Chabotté et Madame Lafée / Dominique MD

L'inspecteur Chabotté enquête après la disparition du bourgmestre M. Leloup, auprès de la tenancière du bistrot, Mme Lafée.

 - Vous, vous appelez La Fée du Logis ou la Fée tout court ?

- Chez nous, on n'a pas de particules, on est des plébéiens pur jus. LaFée tout court, je ne connais pas. Allez voir à Rennes, ils ont Tout Rennes court.

- Bon, Madame Café.

- LaFée !

- Bon, madame, connaissiez-vous le disparu ?

- Le disparu ! Vous n'y allez pas de main morte ! Disons que Mme Leloup a porté plainte. On se demande pourquoi ! D'habitude, elle ne fait pas de démarches, elle ne porte rien, c'est une petite souris..

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- Je vous interroge sur M. Leloup. Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ?

- Pour la dernière fois ? Moi, j'espère que ce n'était pas la dernière fois. J'espère bien le revoir. C'est un bon vivant c't'homme-là !

- Donc, quand l'avez- vous vu ?

- On le voit souvent, et aussi quand va y avoir des élections, il paie la tournée alors.

- C'était quand les élections ?

- Ben c'est vous l'inspecteur, vous devez bien savoir la date des élections !

- Ecoutez, Madame Café au lait.

- LaFée !

- Ecoutez, Madame LaFée au lait. C'est moi qui pose les questions, et vous, vous répondez. Réponses courtes, précises. Que faisiez-vous dans la nuit du 22 au 26 ?

- Ben, dites donc, elle est longue votre nuit. Une nuit de cent heures ! Ça alors ! Y a eu une éclipse totale de soleil qu'a duré quatre jours ! Là, j'ai rien vu moi ! Ils en ont pas parlé à la télé ! C'est vrai qu'ici, y'a toujours le néon allumé, alors forcément j'vois pas trop l'extérieur. Mais quand même, j'men s'rais aperçu de l'éclipse totale !

- Madame Martini, vous nous égarez. C'est vous qui avez une éclipse totale du cerveau. Dites moi plutôt qui voulait faire disparaître Monsieur Leloup.

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- Oh ! Leloup, il aimait bien Mamzelle Chèvre de Monsieur Seguin. Mais, bon ! Dans sa situation, c'était pas possible de courir les près derrière une jeunette.

- Qu'est ce qu'elle est devenue cette jeunette ?

- Ben, elle a disparu aussi ! Monsieur Seguin pleure, mais il ne porte pas plainte, lui. Il sait qu'il faut que jeunesse se passe.

- Monsieur Leloup aurait disparu avec Mademoiselle Chèvre de Monsieur Seguin ? Ça alors ! Vous essayez de m'emmener sur une drôle de piste.

- Mais, non. Pour aller chez Monsieur Seguin, c'est pas une piste. C'est un petit sentier dans le bois, et ensuite on traverse la grande prairie verte.

- Et, comment il va, Monsieur Seguin ? J'aimerais bien le rencontrer lui aussi.

- Ca alors ! Vous voulez voir M. Seguin ! Mais personne ne veut le voir. Quand il arrive au bistrot, tout le monde s'écarte. Il sent trop le bouc, c't'homme-là. Il est trop sauvage, si vous voulez savoir. Même que maintenant, il a acheté un patou, vous savez ces gros chiens qu'ont un collier clouté, et si Monsieur Leloup revient voir Mamzelle Chèvre de Monsieur Seguin, sûrement il va lui lâcher le chien dessus.

- Je ne comprends plus rien. Vous m'avez dit que Mlle Chèvre était partie. Pourquoi Leloup reviendrait-il ?

- J'sais pas tout, moi. Peut-être qu'elle a des remords, qu'elle veut consoler son vieux. Peut-être qu'elle veut l'héritage aussi. Si elle revient pas, elle aura rien.

- Vous en savez des chose, vous ! Donc, pour vous, Monsieur Leloup n'a pas été assassiné ?

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- Vous avez vu du sang, vous ? Où est-ce qu'il aurait été assassiné ? Ya pas de château de Barbe-Bleue ici !

- Vous confondez tout. Barbe-Bleue a assassiné sept femmes mais pas un seul bourgmestre !

- C'est pas une raison. Il peut changer, il peut attirer les hommes maintenant. C'est possible avec le mariage pour tous.

- Allons, donc ! Vous suggérez que Monsieur Leloup et Monsieur Barbe-Bleue auraient pu convoler en justes noces ?

- C'est vous qui le dîtes !

- Mais qui les aurait mariés ? C'est tout de même Leloup , le bourgmestre !

- Oui, mais ils peuvent se marier ailleurs !

- Donc, résumons ! Monsieur Leloup est attiré par Mademoiselle Chèvre, et par Monsieur BarbeBleue. Il n'a peut-être pas été assassiné mais mangé par un patou et il se trouve peut-être dans une cave du château de Barbe-Bleue, ou bien dans un bourg dont il n'est pas le bourgmestre ?

- Oui, peut-être dans un autre pays. Un pays accueillant. Tiens, l'Allemagne par exemple ! Voilà un pays accueillant ! Les gens manifestent pour vous accueillir. Ils ont dit qu'il fallait ouvrir la forteresse de Schengen. Toutes les femmes emprisonnées par tous les Barbe-Bleue du monde vont pouvoir se réfugier dans la forteresse de Schengen.

- Je comprends plus rien à cette histoire. BarbeBleue, c'est un gentil ou un méchant ? Mademoiselle Chèvre, elle est toujours là ou elle est en Allemagne ? Monsieur Leloup, il va revenir ou rester à Berlin ? 

 

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6 octobre 2015

Cauchemar à Nedjek : Interrogatoire de M Faux-Pas, le petit Poucet, par l'inspecteur Chabotté / Anne-Françoise

 - Quels étaient vos rapports avec Mr Leloup ?

 -  J'ai de bons rapports avec Mr Leloup et ce, depuis longtemps. C'est mon ami et on s'appelle par nos prénoms. » répondit le petit Poucet qui avait bien grandi et qu'on surnommait maintenant le grand Majeur.

Il poursuivit :

- En effet, lorsque j'étais enfant, j'habitais avec mes parents et mes frères une pauvre masure dans la forêt. Loulou habitait tout près avec ses parents et ses six frères. De nos deux familles, je ne sais laquelle vivait le plus chichement. Nous ne mangions pas à notre faim tous les jours, croyez-moi... Puis il m'est arrivé une histoire avec un ogre et ce jour-là, comme cet ogre bouillait dans plus d'une dizaine de marmites, j'ai invité la famille loup pour le manger avec nous. On s'est régalés pendant deux semaines ou plus ! Ca nous a soudés, tous ces repas pris ensemble. L'après-midi, nous faisions la sieste ou nous jouions aux billes avec de petits cailloux blancs que j'ai toujours dans ma poche. Nos familles ont déménagé dans la maison de l'ogre et nous avons grandi ensemble.

 - Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ?

 - Je l'ai vu vendredi. Il allait porter une galette et un petit pot de beurre à sa grand mère qui habite de l'autre côté de la forêt. Mme Leloup lui disait : « Fais bien attention aux petites filles en rouge qui cueillent des fleurs dans la forêt .» Et je ne l'ai pas vu depuis.

 - Que faisiez-vous dans la nuit du 22 au 26 ?

 - J'étais avec mes six frères. Je vais vous expliquer. Mes frères et moi avons fait des études de médecine et la secrétaire de l'hôpital, celle qui n'a pas grand chose dans la tête et qu'on surnomme entre nous « la princesse au petit pois » nous avait envoyés, mes frères et moi, ausculter tout un village dont les habitants dormaient. On y a passé un temps fou, on a tout fait pour les réveiller : des électrochocs, des injections de sauge, des perfusions de poudre de perlinpinpin. Rien n'y a fait. On avait le moral dans les chaussettes. Pour se redonner du courage, on est rentrés en chantant :  « Heho, heho, on rentre du boulot... » Quand on est arrivés chez nous, on s'est endormis direct tellement on était fatigués.

 -  D'après vous, qui pouvait lui en vouloir au point de le faire disparaître ?

 - Moi, je soupçonne cette folle de Cendrillon. Elle était verte de rage quand mon ami Loulou a bouffé quatre rats, un vieux chien et une citrouille qui étaient sur le trottoir. Un goûter comme ça, ça ne doit pas traîner dans la rue ! Surtout que Loulou avait vraiment faim... Il avait bossé d'arrache-pied sur le nouveau lotissement du village. Il avait galéré avec les constructions en paille, en bois et en pierre des trois entrepreneurs locaux qui, aussitôt qu'ils le peuvent, mettent des bâtons dans les roues du vélo de Loulou. En fait, ils lui reprochent d'être enrhumé. Mais moi, je le sais, mon ami est allergique, c'est pour ça qu'il a tendance à éternuer un peu fort parfois. C'est quand même pas de sa faute si leurs constructions tiennent pas la route et s'écroulent pour trois fois rien.

Mais je sais aussi qu'il a refusé un permis de construire à une famille grognon. Ils voulaient un grand garage pour mettre une grande voiture, un moyen garage pour une moyenne voiture et un petit garage pour une petite voiture. Loulou leur a suggéré de prendre le bus. Ils sont partis en bougonnant quand ils ont compris que ce serait le même bus pour les trois et non pas un grand bus, un moyen bus et un petit bus !

- Ce n'est pas facile d'être bourgmestre tous les jours !

- Il y a aussi cette chèvre et sa marmaille qui lui empoisonnent la vie. Ils refusent de lui ouvrir la porte lorsqu'il tire sur la chevillette pour que la bobinette choie. Derrière la fenêtre, ils se moquent de lui en criant : « Montre nous patte blanche ! ».

Il y a aussi ce garnement de pain d'épice qui court partout et qu'on risque à tout moment d'écraser. Loulou lui a déjà fait la leçon bien des fois mais il s'enfuit sans jamais rien écouter !

Sans compter cette compagnie d'animaux SDF qui a fait un boucan horrible et qui voulait aller à Brême avec un joueur de flûte et des rats... »

30 septembre 2015

Consigne d'écriture 1516-04 du 29 septembre 2015 : Insérer Mishima chez Eluard

Insérer Mishima chez Eluard

Vous écrivez un texte. Vous insérez au milieu de votre texte ce fragment de roman de Yukio Mishima :

- Hatsue ! cria le garçon.
- Saute par-dessus le feu ! Si tu sautes par-dessus… » dit la fille d’une voix claire et forte.

Le garçon n’hésita pas. Le corps nu que la flamme illuminait, il prit son élan sur la pointe des pieds et bondit au travers du feu. En un clin d’œil il se trouva face à la fille. Sa poitrine toucha légèrement les seins de Hatsue…

Vous pouvez en plus utiliser des images de la poésie suivante :

A la flamme des fouets (Paul Eluard)

Métal qui nuit, métal de jour, étoile au nid,
Pointe à frayeur, fruit en guenilles, amour rapace,
Porte couteau, souillure vaine, lampe inondée,
Souhait d’amour, fruit de dégoût, glaces prostituées…

29 septembre 2015

Solitude / Josiane

Je coupe le silence,
Ouvre la radio, la ferme,
Allume à nouveau le silence.
Rien ne va mieux, rien n'est mieux.
La rue est parfaitement vide et sale,
Comme l'heure qui se lève,
Comme mes sueurs juvéniles
Que je laisse traîner
Dans la main neuve du matin.

Sur les pavés courent
Des femmes grises comme le temps.
Un enfant posé sur un banc de pierre
Compte des nuages tracés à la chaux.

Hier était un lundi,
La semaine encore jeune,
Le matin criait sa joie
Dans la tiédeur d'un ciel ardent.

Où est le soleil de ce matin flamboyant ?

Le soleil s'est perdu au delà de la colline,
Derrière les fresques bleues des grands châtaigniers.
J'ai perdu jusqu'à l'odeur de ta peau,
Je suis fou,
J'allume un feu sur la gelée blanche de mes regrets.

Sur les pavés inégaux
Résonne encore le bruit de tes pas.

Je coupe le silence,
Ouvre la radio,
Rien ne va, rien n'est mieux.
Un vent désespéré à claqué le volet.
Une vieille a tendu une main décharnée au pigeon affamé.

Une autre solitude. 

29 septembre 2015

Le garçon et la fille de la forge/ Anne-Françoise

 

Au matin, le feu craquait dans la forge.

A midi, on l'entendait vrombir, lancé à plein régime.

Au soir, il ronronnait doucement en rougeoyant...

 Certains jours de nuit, le métal, de frayeur, courbait l'échine et se tordait de douleur. Le marteau rapace frappait en mesure le tocsin et l'enclume ravageuse lui offrait sa résonance macabre. Le métal devenait souillure vaine du désespoir.

 Certaines nuits de jour, le métal fondait de plaisir sous la caresse de la flamme. Le forgeron magicien lui donnait à danser des volutes souples ou des arabesques envoûtantes sous l'emprise des souhaits d'amour qui guidaient ses gestes.

 La forge abritait un village de lutins qui menaient leur vie à l'humeur du jour ou de la nuit. Deux jeunes adolescents avaient pris l'habitude de se retrouver le soir près du feu. L'un et l'autre se lançaient des défis pour jouer, rire, découvrir mais aussi pour s'éprouver, rivaliser et même blesser.

 Ce soir d'hiver-là, Hatsue et le garçon s'étaient d'abord raconté des histoires improbables, fruits en guenilles et porte couteau. Ils s'étaient ensuite placés l'un en face de l'autre de chaque côté de la forge.

« Hatsue ! Cria le garçon

  • Saute par dessus le feu. Si tu sautes par dessus... dit la fille d'une voix claire et forte. Le garçon n'hésita pas. Le corps nu que la flamme illuminait, il prit son élan sur la pointe des pieds et bondit au travers du feu. En un clin d'oeil, il se trouva en face de la fille. Sa poitrine toucha légèrement les seins de Hatsue... »

L'un et l'autre furent surpris de ce qui venait fortuitement de se produire. Un silence de glace s'en suivit. Pour briser la gène qui commençait à étouffer le feu, Hatsue félicita son camarade : « Whaou ! Je n'ai même pas eu le temps de te dire ce que je te réservais si tu sautais que déjà, tu avais bondi ! » Le garçon lui répondit : « Je suis capable de relever tes défis sans que tu aies besoin d'y rajouter un enjeu... Mais tu m'intéresses, quelle était la fin de ta phrase ?

  • Si tu sautes par dessus... tu découvriras l'étoile au nid » compléta Hatsue.

Des petites flammèches s'échappèrent du feu qui s'endormait. Elles dessinaient des images fugitives sur les murs de la forge. Ces images goûteuses, parfumées, luxuriantes, calmes et sensuelles se gravèrent dans les yeux des deux adolescents tout troublés.

En ouvrant son atelier le lendemain matin, le forgeron découvrit les deux lutins. Ils étaient enlacés là, nus, au milieu du feu, dans des draps de soie rouge. Une petite couche de cendre leur servait de couverture. Ils souriaient.

Le forgeron, décontenancé, se tourna vers son grand soufflet qui se gonfla et fit passer sur le feu un air doux. Le garçon et la fille s'envolèrent et disparurent...

Le feu se réveilla et le forgeron se mit au travail. Ce fut un jour onirique. Le métal se plia à toutes les volontés des rêves de celui qui n'avait jamais pensé créer les formes qui sortirent du feu. Il ferma son atelier le soir venu...

Une lampe qui déambula dans les rues cette nuit là crut voir de drôles de lueurs s'échapper de la forge. Elle entendit des rires étouffés et des caresses soyeuses passer par la cheminée et monter en farandole dans la nuit étoilée...

29 septembre 2015

A tes souhaits / Jean-Paul

Tous les souhaits d’amour
Parcourent
Le réseau de nos veines.

Parfois un ange passe,
Semant l’amour rapace,
Faisant naître nos peines.

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C’est l’âge adolescent,
Métal incandescent
Qui ronge

Et accroche au linteau
De la porte le couteau
Du songe.

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C’est un temps de chenilles :
Pour des fruits en guenilles
On tente le démon.

Des étoiles ont surgi
Au pays du Fuji
Pour entourer le mont.

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- Hatsue ! cria le garçon.
- Saute par-dessus le feu ! Si tu sautes par-dessus… » dit la fille d’une voix claire et forte.

Le garçon n’hésita pas. Le corps nu que la flamme illuminait, il prit son élan sur la pointe des pieds et bondit au travers du feu. En un clin d’œil il se trouva face à la fille. Sa poitrine toucha légèrement les seins de Hatsue…

Et elle disparut
En un éternuement
Dans les nuées célestes.

Comme une étoile au nid
Pour l’oiseau ferrailleur
On ramène chez soi

Une âme désunie,
Une pointe à frayeur
Une échelle de soie.

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 On l’accroche au nuage,
On franchit un barreau,
On s’agrippe aux montants.

A quoi bon s’évertuer ?
Les glaces prostituées
Fondent sur le printemps

Car le nuage est l’ange,
La flamme est le fouet
Et la souillure est vaine.

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Ils sont loin désormais
Tous ces jeux de folie.
La nuit les cicatrise

Les anciennes brûlures,
Les émois de jadis
Le temps les électrise.

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Sur la chaise, au jardin,
Sous les grands pruniers roses
Un vieillard se souvient

Et la lampe, inondée
Des jeunes papillons
Naufragés de minuit,

S’éteint avec le feu
Qui brûlait sous ses pieds
Et sous son torse nu.

151004 265 178

 

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