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L'Atelier d'écriture de Villejean

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18 janvier 2022

L'Évasion / Marie-Thé

Contrarié par une rupture inattendue,
fâché, abattu,
il remplit un sac,
jette toutes les lettres dans le brasier,
claque la porte,
selle son cheval
et s’en va.

Il devient un voyageur nomade,
sans soucis, sans attaches.
C’est la fin de l’été ;
Le soir, au crépuscule,
fatigué, éreinté
près de sa tente, il fume sa pipe.

A cette heure tardive,
les oiseaux cessent de chanter,
la nature embaume des senteurs de fleurs et de terre humide.
On distingue quelques colchiques dans le pré ;
il ressent un bien-être, un sentiment de liberté.

2122-16 marie-Thé - Colchiques

Il a voyagé de ferme en ferme,
travaillé la terre,
participé à des spectacles de saltimbanques
et maintenant l’automne arrive ;
bientôt le froid, la neige.

Que faire de cette liberté ?
Ses pensées s’envolent vers sa vie passée.
Nostalgie, mal du pays ?
Sa maison n’a rien d’un palais.
Celle qu’il appelait autrefois sa dame aux camélias
avait planté, semé, recouvert le jardin
de fleurs de toutes sortes.

Oublier les orages, revenir, pardonner.
Un matin d’automne,
il a détaché son cheval d’un sapin,
puis, joyeux, il a repris la route de son logis.

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18 janvier 2022

Un poème à peu près / Laura

Faire un itinéraire de balade ou de voyage pour pouvoir me perdre
Sur l’épave de notre vie que je tente de renflouer et parcourir
Le musée de ma vie qui est dans le monde de ma bibliothèque.

Le bruit de l’oiseau se multipliait hier soir en paysage sonore comme
Un refrain populaire : « Amoureux comme nous, amoureux fous ». 1
Et je me fichais qu’ils regardent mon livre comme un objet étranger.

Maintenant, je m’efforce d’accueillir chaque matin comme une éclaircie de la nuit
Et boire à la source vive d’une femme-fontaine
Pour, comme lui, être vivante jusqu’à la mort,
Passant « à travers des forêts de symboles. » 2

Qui n’a jamais trouvé des signes dans les nuages qui défilent ?

Je guette l’arrivée des fruits des fraisiers.

 

210719 Nikon 042


1 http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2022/01/20/amoureux-fous-6361390.html#more

2 http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2006/08/21/correspondances-les-fleurs-du-mal.html

18 janvier 2022

Poésie de janvier / Jean-Paul

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L’hiver s’en vient dans les maisons
Sortir de ses blagues de givré
Le vieux tabac de la grisaille
Et cela dure des semaines.

On est piégé. 

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Quand vient l’horrible saison froide
Même l’alouette y laisse des plumes.
Pierrot qui passe
En ramasse une
Puisqu’au clair de la lune
Son voisin le distrait a égaré la sienne.

 

 Au chaud, dans le plus grand secret
Les buffets se régalent des sachets de lavande,
Des albums de photos et porcelaines rares
Ou des habits de deuil que l’on y entrepose.

3_Im6Où trouver le courage ?
Se lever au matin sans ramasse-poussière
C’est perdre assurément les débris des étoiles
Qui sont venues la nuit
Illuminer nos rêves.

Dans le geste d’écrire ?
On a beau tendre son cahier
Tel un miroir au monde
Rien ne s’y réfléchit,
Rien ne s’écrit dedans.
On ferait mieux sûrement
De tendre une tablette,
De ramener des photos du ciel
Ou de l’immeuble d’en face.

Peut-être, sur le cahier,
Fallait-il appuyer quelque part ?

En attendant, oui, j’écris.

S’il fallait mettre son espoir dans le Seigneur
Alors j’ai tout raté.
J’ai juste pour ma part
Mis un pied devant l’autre
Et rencontré l’humanité
Et même aussi parfois L’Humanité-dimanche !

Mais, c’est vrai, rien n’est simple.
La complicité avec le poète
Ne s’établit pas en un clin d’œil :
Ce voyant est peut-être un voyou
Et ce dévoiement du langage
Un désert empli de cailloux !

Sous le pavé de sept cents pages
S’étend peut-être juste
Une plage de nudistes
A l’oeil terne,
A la joie éteinte :
Des fracassés loquaces
Et inintéressants.

Qui décide que les pavés brillent ?
La pluie passagère ?

Ecrire, est-ce poursuivre
Des visions ?

1_Im2
Des êtres de légende, la plus inaccessible

Et la plus honorable parmi les homicides,
Chimère,
N’a d’yeux que pour Rodrigue
Et lui baye aux corneilles !

 

 

Trouve-t-on la joie au tourner du temps ?

Concert de nouvel an à Vienne :
Le gai tourbillon de la valse
N’enchante pas le musicien.
L’œil rivé sur sa partition,
Il procède à l’exécution,
Sans cesse menacé d’une réprimande
Par la baguette autoritaire du chef d’orchestre.

Alors on rentre se réchauffer
Et sans cérémonie
- On n’est pas au Japon -
Vers cinq heures on prend le thé.

220119 cabaret vert

Seulement une chose est sûre :
Désormais je n’entrerai
Que dans des cabarets à la façade verte
Et si en lieu et place d’une serveuse accorte
C’est un barman aigri qui apporte
Mon sandwich au jambon
Je lui enverrai ma bière au visage !

Hiver !
Saison d’enfer !

11 janvier 2022

Consigne d'écriture 2122-15 du 11 janvier 2022 : Dixit

Dixit

 

Voici trente six jolies cartes d'un jeu nommé Dixit, récupérable en partie ici.

Le jeu original consiste à faire retrouver à ses adversaires une carte qu'on a choisie, mêlée à d'autres, en leur donnant une phrase-indice relativement ambiguë : il ne faut pas en effet que tous les joueurs la retrouvent ni non plus que personne ne la retrouve sinon on ne marque pas de points.

Nous y avons joué un peu ce soir, le temps de récupérer dix de ces formules :

- Pour ne pas perdre le Nord
- Moi je t'offrirai la Belgique
- Il me vient une idée
- C'est ici qu'on cherche fortune
- Un amour de Mouloudji
- Meilleurs voeux
- Rêver
- Bercer
- Le marché de Cherbourg
- La musique s'est arrêtée

Il vous est demandé de choisir entre une et six de ces illustrations et d'écrire ce qu'elle ou elles vous inspire(nt) en incluant deux des formules ci-dessus dans votre texte.

Vous pouvez cliquer sur chaque image pour l'agrandir

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11 janvier 2022

Rêver / Josiane

Jojo 01



Se faire papillon, aux belles ailes d’or
Et grimper aux échelles pour sculpter les nuages
Et pour ne pas perdre le nord

Rêver. 

Jojo 2
Se faire violoncelle pour être la musique

Et se faire escalier pour tutoyer le ciel
De sa bibliothèque faire une citadelle

Rêver.



Jojo 3

 

Oser porter un masque quand on ne peut plus rire
Et oser des châteaux pendus aux montgolfières
Emprisonner Pierrot et la fée Mélusine

Rêver, rêver encore.

Jojo 4


Diriger le choeur des oiseaux qui s’ennuient

Et mettre des bouquets sur des troncs d’arbres morts
Peindre jusqu’à laisser déborder les couleurs

Rêver.

Jojo 5



 Au champ des coquelicots un seul blanc à fleuri
Les lettres du journal ont pris leur liberté

Le poète a pleuré des larmes de papier
La musique s’est arrêtée.

Interdit de rêver.

 

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11 janvier 2022

Mon ami Pierrot / La Licorne

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 Dans la nuit qui dure 

Pierrot est en pleurs

De tristes figures 

Encagent son bonheur

 

 La Lune insolente

Interpelle Mercure

Et lui dit "Invente

Un autre futur"

Quand l'Ogre du monde
 
Dévore tes jours
 
Quand sa faim immonde
 
Entre dans ta cour
 
Quand il t'emprisonne
 
Et qu'il te fait peur
Quand il t'empoisonne
 
De fausses frayeurs
 
 
Garde la lumière
Du fond de ton coeur
Sors de ta tanière
 
Brise les chaînes d'erreurs

 
Ôte tous les masques 
 
Qu'on te fait porter
Rejette les frasques
 
Des autorités

 
Si tu te réveilles

De tes protections

Tu verras le soleil

Et son affliction

 
Tu verras l'univers
Et son si bel ordre
 
Qui se moque des experts
 
Et de leurs contre-ordres

Tu verras la beauté
De ce qui t'entoure
 
Et toute la vanité
Des pauvres discours

 
 
 Observe les ficelles
 
Du pouvoir  déchu
 
Leur morte chandelle
 
Et  leurs coups tordus
Et puis mets les voiles
Et quitte le show
 
Retrouve les étoiles
Mon ami Pierrot
 Au clair de la terre
Accueille le temps
 
De la nouvelle ère
 
Qui déjà t'attend
11 janvier 2022

Directions / Anne J.


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Qu'est-ce que tu veux faire, quand tu seras grand ?

En voilà une question, quand on a 17 ans, un diplôme en poche et juste quelques désirs ou intuitions et que ce que pensent tes parents pour toi, c'est sûrement le meilleur !
Mais est-ce vraiment ton choix ?

 

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Et me voilà partie dans de longues études, guidée par une lumière vacillante et fragile qui éclaire à peine le chemin et laisse des ombres inquiétantes sur les murs et des illusions pleins la tête.

On ne marche pas vraiment dans la nuit mais l'espace est restreint et personne ne sait si la lueur mène quelque part.
Dans cette confortable prison, y a-t-il une porte de sortie ?
Rêver ?
Ou se prendre pour une fée, vêtue d'un manteau à étoiles bleues, qui, de sa baguette magique, peut changer le monde ?
A moins que ma mission dans ce monde qui n'est pas du cinéma soit d'être l'allumeur de réverbères ?

 

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Et si je me cachais sous une forêt de parapluie ?

Pour ne pas être mouillée, est-ce une bonne idée ?
Mais vivre là dessous n'est-ce pas se condamner à ne jamais voir le soleil,
Celui qui brûle certes
Mais aussi réchauffe et fait tout resplendir ?
Choisir le risque du plein jour
Ou rester à grelotter sous le parapluie ? 

1_Im03_Im1Aurais-je dû comme la plupart de mes amis
Choisir de partager ma cage ?

Délaissant les mirages
Comme le chat de l'image
En avançant en âge
Je deviens sage :
Je pars à l'aventure,
Je voyage léger
En faisant des bulles de savon.

«Je cherche fortune
tout au long du chat noir
et au clair de la lune
à Montmartre, le soir».

11 janvier 2022

Meilleurs voeux / La Licorne

Meilleurs voeux 

(Se chante sur un air de Geo)

 
Les gens qui pensent de travers pensent que les bons voeux qu'on lance début janvier
Sont faits pour les cons mielleux ou pour les petits vieux
Mais c'est une absurdité car à la vérité, ils sont là c'est prouvé
Pour faire fleurir dans le temps un monde plus heureux
 
 

 
Les voeux sincères se donnent sur des airs de musique
De musique, de musique
En s'foutant pas mal du regard cynique
Des casse-noisettes
Les voeux sincères se donnent sur des airs de musique
De musique, de musique
Et ceux qui osent des rêves chimériques
Rendent le monde plus sympathique
 
 

Ils inventent des colombes, un monde plus léger et des cieux bleu d'azur
 
 
 
 
 Laissant les fourmis cupides à leurs combats constants
 
 
 
  
Ils se voient déjà grimpant les marches du futur, d'un avenir si pur
 
 
 
 
Que même les coquelicots en deviendraient tout blancs
 
 
 
Les voeux sincères se donnent sur des airs de musique
De musique, de musique
En s'foutant pas mal du regard cynique
Des casse-noisettes
Les voeux sincères se donnent sur des airs de musique
De musique, de musique
Et ceux qui osent des rêves chimériques
Rendent le monde plus sympathique
 
 
 
 
Quand les apprentis sorciers leur promettent la lune...ils n'en ont rien à faire
Ils ont déjà leurs voyages dans les pays du coeur
Pas besoin de petites fioles, de médocs, ni de coke, ni de mauvais dealer,
Quand ils ont pour s'envoler les grands champs du mystère
 
 
 
 
Les voeux sincères se donnent sur des airs de musique
De musique, de musique
En s'foutant pas mal du regard cynique
Des casse-noisettes
Les voeux sincères se donnent sur des airs de musique
De musique, de musique
Et ceux qui osent des rêves chimériques
Rendent le monde plus sympathique
 
 
 
 
Quand les mois auront passé, que l'année sera vieille, que l'hiver reviendra
Même s'il reste encore quelques nuages lourds
Ils s'apercevront émus que leur petite chanson comme un joli mantra
Leur avait donné les clés d'une année d'troubadour...
 
 

 
Les voeux sincères se donnent sur des airs de musique
De musique, de musique
En s'foutant pas mal du regard cynique
Des casse-noisettes
Les voeux sincères se donnent sur des airs de musique
De musique, de musique
Et ceux qui osent des rêves chimériques
Rendent le monde plus sympathique
 
 
11 janvier 2022

Pour ne pas perdre le Nord (1) / Laura

1_Im1

Pour ne pas perdre le Nord, je monte… mes quatre collines.

Il y a celle de chez moi - Saint Etienne, ma ville d’adoption en compte sept, comme Rome - que je descends allégrement le matin vers la gare.

Je préfère la remonter en bus le soir mais je la grimpe souvent à pied après le marché (donc chargée), le cinéma etc., lorsqu’il n’y pas de bus (après 19h30 et le dimanche) ou que l’attente excède le temps de la grimpette.

Des personnes qui font attention à moi m’ont dit, alors qu’elles l’ont montée en voiture, que ça montait bien, que ça faisait une trotte jusqu’aux commerces.

Le mercredi, je descends ma colline pour la piscine mais la pente, après deux kilomètres dans l’eau, est raide (plus que celle des autres jours), encore plus après la nage. Ensuite, il faut monter les deux étages.

Il y a la colline de mon premier travail, les lundis et vendredis, en collège et lycée général, à dix minutes en train de chez moi. En sortant de la gare, je monte jusqu’à mon établissement puis je prends l’ascenseur (ouf !) pour mon CDI au premier.

Pour accéder à mon deuxième établissement, j’ai deux collines : celle du lycée professionnel lui-même et celle de la gare que je monte le soir. C’est le seul CDI en sous-sol que j’ai connu donc il y a des marches pour en sortir puis pour aller en salle des professeurs.

http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2008/09/19/j-ai-deux-amours.html

Le midi, je sors prendre l’air car ma discopathie sévère réclame du mouvement et le soir je fais des courses ou vais en bibliothèque. Je marche chaque jour entre 4,5 et 7 kilomètres en moyenne.

1_Im3Pour ne pas perdre le Nord alors que j’ai mal, plus ou moins intensément, du matin au soir (et inversement, je nage (cf. ci-dessus) et je fais de la gym entre vingt minutes pour le cardio et une demi-heure pour les abdos, la muscu, le vélo, etc.) je danse car mon arthrose réclame du mouvement.

Pour ne pas perdre le Nord alors que la douleur m’empêche de dormir et que la fatigue rend moins supportables les douleurs, j’écris. Depuis quinze ans, des pages de douleur physique qui font mal à l’âme s’envolent vers ceux qui ne comprennent pas.


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Pour ne pas perdre le Nord, je lis la presse pour comprendre, de l’art (revues, essais et catalogues) pour contempler et des polars pour comprendre aussi par la psychologie des personnages.

 

11 janvier 2022

Pour ne pas perdre le Nord (2) / Laura

 Moi je t'offrirai la Belgique, ce plat pays, frontalier du mien, où je faisais encore du vélo dehors, - j’ai maintenant un pédalier d’intérieur -, où les mémés (celles de Toulouse et de Nougaro aiment la castagne) boivent de la bière.

2122-15 Laura -Toulouse-photo-31

Pour ne pas perdre le Nord je bois de ma Champagne natale des bulles non champenoises. Peu importe la provenance, pourvu qu’on ait les bulles.

Source des illustrations : 

http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2017/09/03/ne-me-quitte-pas-5976456.html

http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2006/08/31/pont-neuf.html

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