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L'Atelier d'écriture de Villejean

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11 janvier 2017

Consigne d'écriture 1617-14 du 10 janvier 2017 : Logorallye livresque

Le logorallye livresque

AEV 1617-14 Snoopy

L’animateur distribue à chacun un livre dans lequel il est demandé de choisir :

- une phrase qui pourrait être une phrase de début d’un roman ou d’une nouvelle (ex. : C’était par une nuit sombre et orageuse)

- une phrase qui pourrait apparaître dans le milieu d’un texte pour faire rebondir l’intrigue
(ex. : Soudain le loup sortit du bois)

- Une phrase qui pourrait être une phrase de conclusion.

Il est demandé à l’écrivant de prolonger la première phrase qu’il a choisie en écrivant trois autres phrases à la suite pour commencer une histoire.

Lorsque cela est fait, l’écrivant n° 1 dicte à tout le monde la deuxième phrase qu’il a choisie. On doit alors écrire quatre autres phrases : une d’entre elles sera la phrase dictée.

Ensuite l’écrivant n° 2 donne sa phrase intermédiaire que chacun inclut dans son texte.

Etc.

A la fin, si on peut, on termine par la phrase de fin qu’on avait choisie au départ. Cette étape est facultative.

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10 janvier 2017

L'Homme aux cheveux gris / Eliane

AEV 1617-14 L'homme aux cheveux gris

Vêtus de leurs plus beaux atours, le professeur et Philippe descendirent le grand escalier d'honneur.

Ils étaient venus à cette cérémonie pour honorer la mémoire du vieux patriarche, rendant hommage à son dévouement qui ne s'était jamais démenti à la tête de la fondation.

Philippe regardait l'assemblée, se demandant si tout ce beau monde était vraiment compatible avec l'âme de l'entreprise. Mais il savait bien que la fondation avait besoin de donateurs, qu'importait alors l'habit.

Le jeune loup Richard, play-boy de profession, descendit le majestueux escalier en trombe, bousculant le Professeur au passage et créant un appel d'air dans le vaste édifice. On ne pouvait manquer de le remarquer.

- Bonsoir ! cria-t-il. Belle soirée, jolies femmes !

Philippe lui lança un regard noir et lui adressa son rictus le plus vache. Il détestait ce genre d'individu. « Eh, oui, soupira le professeur, il est certain que nous avons besoin de donateurs ! ».

Sur le trottoir, Philippe proposa au Professeur de le raccompagner en voiture. Ce dernier déclina l'invitation, arguant qu'il avait besoin de marcher, qu'un peu d'air lui ferait du bien.

Il marchait depuis dix minutes quand une élégante voiture stoppa à sa hauteur.

- Bonsoir ! dit la conductrice.

Il reconnut une des amies de sa fille. Elle proposa de le prendre à bord et il n'eut pas le cœur de refuser.

Le court trajet fut très agréable : elle conduisait à la perfection, une conduite douce et souple et sa conversation était agréable. En le déposant devant son immeuble elle l'invita à venir dîner un soir en compagnie de sa fille. Il répondit qu'il en serait très heureux, qu'il fallait voir avec cette dernière.

Elle redémarra. Le professeur, après un dernier signe de la main, gagna la porte et introduisit la clé dans la serrure. Mais avant qu'il ait pu entrer un individu à cheveux gris et vêtu de gris s'approcha, l'air peu aimable.

Le professeur se figea :

- Je vous préviens, j'ai très peu d'argent sur moi.

L'homme le prit brutalement par le bras et le fit entrer dans la cour.

- Allons chez toi !" dit-il.

Le professeur obtempéra, bien conscient qu'il n'aurait pas assez de force pour résister.

Il espérait ardemment que Philippe allait l'appeler, s'inquiétant de savoir s'il était bien rentré. Il trouverait alors un moyen de lui faire comprendre la situation délicate dans laquelle il se trouvait.

L'homme referma à clé derrière eux. L'angoisse étreignit le professeur comme un étau.

- Que me voulez-vous ? demanda-t-il.

L'homme le détaillait des pieds à la tête.

- Vous êtes bien le professeur X qui œuvre dans l'association d'aide aux victimes ?

AEV 1617-14 c'est dangereux

Le professeur hocha la tête.

- Et vous avez oublié de vous occuper de cette jeune femme, ma fille, qui s'est retrouvée seule sur le point d'accoucher. Elle a perdu son bébé, mort de froid dans la rue, et personne n'a daigné poser un regard sur elle et sa détresse.

- De qui parlez-vous ? Nous nous préoccupons toujours de tout le monde, sans distinction de rang, de situations ou de race. Mais vous-même, pourquoi ne vous êtes-vous pas soucié d'elle dans ce moment de grande détresse ?

- Je n'ai aucun talent comme sage-femme, ricana l'homme.

- Amenez-la nous. Nous ne pourrons certes pas lui rendre son bébé, mais nous pourrons certainement lui apporter un soutien psychologique et matériel dans la mesure de nos moyens.

- Bien sûr ! ricana l'homme de nouveau, De toute façon vous pensez qu'elles sont bêtes toutes ces femmes qui veulent un bébé. Pourtant ma fille n'en voulait pas mais elle ne voulait pas non plus le perdre.

Le téléphone sonna, l'homme fit signe de répondre. C'était Philippe :

- Vous allez bien ? Vous êtes bien rentré ?

- J'ai un petit souci.

Philippe sentit qu'il n'allait pas développer davantage.

- Voulez-vous que je vienne ?

- S'il vous plait !

Philippe se pressait, inquiet. Il y avait longtemps qu'il n'était pas allé jusqu'au domicile de son vieil ami, et brusquement lui revint le souvenir de cette jeune femme qu'il avait aimée et qui l'avait aimé. Il entendait à nouveau les mots qu'elle murmurait contre sa peau. Une bouffée de nostalgie vint se mêler à l'inquiétude qu'il éprouvait.

Il se secoua. A quoi bon regretter, ce temps-là ne reviendrait pas, il fallait simplement souhaiter ne pas croiser, au domicile du Professeur, sa fille chérie.

4 janvier 2017

Consigne d'écriture 1617-13 du 3 janvier 2017 : Enseignes poétiques

Enseignes poétiques

 

Placez ces expressions dans un texte poétique (ou pas !) :

- Le Grenier des Anges
- L'Encrier
- Les Orangers
- Grandeur Nature
- Hémisphère Sud
- La Maison Bleue
- Passion
- La Plume d'Oie
- Couleurs du Temps
- Vie Privée
- Bleu Ardoise

DDS 436 enseignes poétiques rennaises

3 janvier 2017

La Maison bleue / Eliane

AEV 1617-13 Eliane la-maison-bleue

Il avait hérité de cette maison bleue,
La maison de son enfance.

Il errait à travers les pièces
Ouvrant les volets
Faisant entrer la lumière
Dévoilant les lézardes, les toiles d'araignées,
Quelques fuites d'eau, des ardoises disjointes.

Il se laissait envahir par un flot d'émotion ;
Les souvenirs affluaient en masse
Dans un désordre qui le faisait chanceler.
Cette maison avait abrité tant d'êtres chers.
Il se dirigeait déjà vers le grenier
Que les enfants avaient complètement investi
Et que les adultes appelaient le Grenier des Anges.

Que d'histoires ici, lui, ses frères et ses cousins
Avaient inventé, avaient mimées,
Puisant dans les vieilles malles
Des habits de pirates, des habits de fées.
Leur imagination était sans borne.

Il était déjà en haut de l'échelle.
Rien n'avait changé.
Il s'affala dans le vieux fauteuil défoncé,
Faisant naître un nuage de poussière
Et contempla le paysage immobile.

AEV 1617-13 grenier eliane 86730945_oIl revit bientôt les yeux bleu-ardoise
De cette cousine brune si jolie.
Elle avait été son premier amour,
Les premiers émois de son jeune cœur.
Qu'était-elle devenue ?

Qu'allait-il faire ?
Garder cette maison ?
La retaper ?
En faire son lieu de vie ?
Lui qui avait rêvé partir pour l'hémisphère sud,
Habiter une maison coloniale entourée d'orangers,
Vivre une passion torride avec une belle métisse,
Allait-il renoncer à ce rêve ?

La maison bleue l'avait déjà capturé, annexé,
Elle ne le laisserait pas partir
Il était son prisonnier et le savait.

Il redescendit lourdement,
Referma les volets
Et, du jardin en friche, contempla longuement la bâtisse.
Grandeur nature,
Elle lui paraissait plus petite que dans ses souvenirs.
Elle avait une âme,
Elle pourrait être le nid de son intimité,
Elle cacherait si bien sa vie privée.

Il la contemplait
Les couleurs du temps étaient passées sur elle,
Dévoilant son histoire.
Il s'imaginait déjà,
Dans l'ancien bureau de son père,
Tremper une plume d'oie dans le vieil encrier
Pour écrire cette histoire.

3 janvier 2017

Des anges au grenier ? / Jean-Paul

Qu’ai-je fait de ma vie privée ?
Je l’ai gardée pour moi, pour nous.

Une partie est au grenier,
Tout le reste aujourd’hui se joue

Car nous n’avons rien achevé :
Nous continuons d’être fous !

Chaque jour, c’est à l’encrier
Que je trempais ma plume d’oie ;

Sur le déclencheur, j’appuyais :
Je n'eus jamais d'ampoule au doigt !

Ah j’en ai rempli, des cahiers !
J’en ai pris, des photographies !

Avoir la passion du passé
A ce point, c’est de la folie !

Sous ce toit pentu, bleu ardoise,
Le grenier des anges fourmille

Des couleurs du Temps qui nous toise
Mais que malgré tout j’entortille

Dans mon lasso. Je les capture,
Je les enferme dans des boîtes.

De cette vie grandeur nature
J’ai fait une planète coite :

Tout est en ordre, bien rangé,
Pas de bordel – je suis trop prude ! -.

Traces d’étrange voyager :
Rien n’y vient d’hémisphère Sud,

Rien d’Irlandais, pas d’oranger
- Le climat là-bas est trop rude –

Ce sont des trésors tempérés :
Rien qui mérite qu’on le brûle,

Rien qui vaille d’être publié.
C’est notre vie, dans notre bulle :

Jamais nous n’avons habité
De maison bleue peuplée de fous ;

Une vie simple, en vérité,
Un « toi », un « moi » et voilà « nous ».

Ces morceaux de réalité,
A vous confiés, qu’en feriez-vous ?

Que vous dirait-il, ce viager,
Qui ne soit déjà obsolète ?

Ce sont des moments partagés
D’un bonheur tranquille et honnête,

Du théâtre jamais joué
Et nombre d’images de fêtes,

Des mots écrits en atelier :
Avec ça, on joue au poète !

On l’est peut-être bien, qui sait ?
Personne ne vient le dénier !

D’ailleurs, les anges archivistes
Qui farfouillent dans nos cartons

Si nous n’étions un peu artistes
Que feraient-ils à la maison ?

Et pourquoi sèmeraient-ils donc
Sur mes rimes, et ce, sans raison,

Ces Pénélopes sans galons,
Ces innombrables araignées

Qui tissent des toiles à foison
Par-dessus nos jeunes années ?

DDS 436 enseignes poétiques rennaises

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14 décembre 2016

Consigne d'écriture 1617-12 du 13-12-2016 : Redoubler d'efforts

Redoubler d'efforts

 

Chaque membre de l’atelier est chargé d’établir une liste de mots commençant par ou contenant deux syllabes données au départ (exemple : Do et Ron, Ca et Po, Né et Lo, etc.). On écrit ensuite une histoire intégrant le maximum de mots de sa liste. Lorsque le texte est terminé, il est demandé de réécrire les mots contenant les syllabes de départ en doublant celle-ci (exemple : gynécologue devient gynénécologue)


AEV 1617-12 ronronnement-chat-995x480

Do ron      Histoire de sommeil
Ca po        Histoire de constipation
Né Lo        Histoire de poitrine féminine
Pan Zi       Histoire érotique
Cra Mi      Histoire de propreté et de saleté
Ba Bo        Histoire d’évolution des mœurs de mai 68 à mai 2017
Na Tou     Histoire d’une fille et de son chien
Dou Tin    Portrait d’un vilain garnement prénommé Augustin
Jo Cri        Histoire de Georges et de Christine
Nou Bé     Histoire de baby sitting

13 décembre 2016

Petite boule d'énergie / Eliane

Une fois endodormie, elle était adodorable. Je ne me lassais pas de contempler la rondeur veloutée de ses joues. Elle avait gardé un pouce dans sa bouche et elle émettait un léger ronflement.

La contempler si sage délivrait en moi une bonne dodose d'endodorphines, mais avant d'en arriver là il m'avait fallu beaucoup de maitrise pour ne pas exploser.

Nous ne savions plus quoi faire pour fatiguer cette petite boule d'énergie qui nous épuisait.

Hier Alfredodo l'avait emmenée sur le tatami où un judodoka l'avait initiée à son art. Elle avait beaucoup aimé, voulait recommencer le soir même. J’avais répondu que c'était d'accord mais plus tard. Mécontente, elle était allée ronchonner dans son coin en dodonnant quelques coups de pied rageurs dans ses jouets. Je feignis l'indifférence et j’allai préparer une soupe au potiron que, habituellement, elle adodorait. Mais bien sûr, ce soir-là elle n'en voulait pas, affirmant qu'elle n'en avait jamais goûté et réclamait des rondelles de saucisson en tapant du pied. Je lui fis la promesse de lui en dodonner sitôt le potage avalé, mais elle ne décolérait pas.

AEV 1617-12 Lucy Van Pelt

Je soupirais. Que faire pour qu'elle se montre un peu plus dodocile ? Alfredodo et moi étions déjà allés consulter le dodocteur Dodolori, cette enfant ne souffrait-elle pas d'une hyperactivité qu'il faudrait soigner ?

Le gentil dodocteur nous avait ri au nez, affirmant qu'il ne s'agissait nullement de pathologie.

- Amenez-la moi quand elle aura une bronchite et je vous promets que je pourrai faire quelque-chose !

Bon, il semblait que nous devions prendre notre mal en patience. Je la regardais de nouveau, ses longs cils faisaient des ombres sur ses yeux vairons qui lançaient si souvent des éclairs. J’éteignis la petite lampe d'ambiance et me retirai sur la pointe des pieds, il ne s'agissait pas de la réveiller. Il fallait savourer cette trêve qui nous permettait de recharger nos batteries.

Le lendemain, la tempête serait à nouveau déchaînée. A quoi se dodopait-elle pendant son sommeil ?
Nous aurions perdu ce rôle de deux dodominants permettant d'éduquer un enfant, il nous faudrait faire ses quatre volontés. Il nous faudrait accepter d'être les parents d'un petit être dodoué d'une belle énergie et d'une volonté inébranlable.

Je ferais ma rombière, exigerais qu'elle s'assoie correctement pour prendre son petit déjeuner, qu'elle accepte les vêtements que je lui propose ; tout cela, je le savais déjà, en pure perte.

Dès le matin je serais usée, usée. C'était comme ça chaque jour, il fallait proposer des activités physiques, petite randodonné, aviron, piscine ou autre. Le but étant qu'en fin de journée elle soit un peu fatiguée. On lui proposerait alors un jeu de dodominos, un petit air de mandodoline ou d’aider à la préparation du repas.

Quelquefois ça marchait, et quand, enfin posée devant un dessin animé, elle suçait son pouce et commençait à dododeliner ses boucles blondes, nous savions alors que nous étions sauvés, du moins pour cette journée-là , avant le grand chambardement du lendemain.

7 décembre 2016

Consigne d'écriture 1617-11 du 6 décembre 2016 : Néologismes de quatre syllabes

Néologismes de quatre syllabes

 

Chacun écrit sur des papiers découpés de type post-it huit mots de quatre syllabes. On coupe ensuite le papier au milieu et on met le tout dans un chapeau.

Chacun pioche seize papiers dans le chapeau et reconstitue des mots forcément nouveaux de quatre syllabes. On a donc chacun huit néologismes.

- Soit on écrit un texte qui inclut les huit néologismes. On les fait suivre d’un astérisque et on explique en note de bas de page leur signification forcément fantaisiste.

- Soit on écrit les définitions de ces huit mots, comme pour un dictionnaire et on fournit, pour illustrer la définition, des exemples, forcément imaginaires, tirés de la littérature et où le mot est en situation.

Exemple :

Mécavaillon, n.m.


Se dit de la tête d’un homme chauve quand elle est ronde et que son possesseur, prétendument intelligent pourtant, à tendance à se prendre pour un melon ou à avoir le melon.

Litt. "Sous la cinquième République, les mécavaillons sont de tous les bords : de Giscard à Fabius en passant par Juppé, on ne compte plus les crânes d’œufs à la réputation surfaite de « meilleur d’entre nous tous qui n’a même pas vu venir la peau de banane des affaires sur laquelle il s’est étalé » in : Gustave Flaubert, « La Vie sexuelle de Jacques C. : roman abracadabrantesque ».

6 décembre 2016

Quelques néologismes / Eliane

INSENCOPE : personne qui, insensible au froid, à la chaleur, à la douleur, tombe néanmoins perpétuellement en syncope.
« Les belles poudrées du XIIIème siècle, n'étant pas insensibles, tombaient fréquemment en syncope, nécessitant d'aller chercher des « sels » pour les ranimer ». in « La vie intime des dames de la cour » de Françoise Chandernagor

ENATIBLE : Les énarques doués pour la politique et ayant brillamment réussi en tant que hauts fonctionnaires se virent éligibles et ne se privèrent pas de faire acte de candidature aux plus hauts postes de l'état, avec plus ou moins de réussite.
Les exemples sont trop nombreux pour les citer. Cf « De l'Ena au pouvoir » par D Foenkinos.

MASTURDISIAQUE : Pratique sexuelle individuelle qui, si elle est pratiquée avec art, tact et sensualité, permet d'atteindre un niveau aphrodisiaque n'ayant rien à envier aux pratiques élaborées et longuement étudiées du Kama Sutra.
Vous comprendrez que le respect de la sphère intime de chacun interdit de citer des exemples. Nous pouvons toutefois recommander le très bon ouvrage de Baudelaire « Sexualités ».

COLIRAGE : Etat de celui qui, ayant eu des coliques toute la nuit, enrage de ne pouvoir mener à bien les activités de la journée. Elles seront au mieux reportées et au pire annulées tant il est las.
Je n'ai jamais rien lu concernant ce cas de figure.

PIZZACESCENT : Se dit d’un pizzaiolo d'une telle adresse, d'une telle grâce, d'une telle vélocité, que la pâte semble friser la perfection sous ses mains tant elle est fine et d'une rondeur parfaite. « C'est un vrai magicien qui ne semble pas toucher terre, être évanescent, à peine perceptible dans l'air d'une tremblante chaleur émanant du four » in « Pizzaiolo » d’Umberto Ecco.

COVOITINAL : Pour les petits budgets le covoiturage est une solution économique et conviviale pour les trajets assez longs. Il est logique que ces voyages à plusieurs démarrent tôt le matin. C'est pourquoi les conducteurs proposant des places dans leur véhicule passent leur annonce dans la rubrique « Covoitinal ». Les personnes intéressées savent ainsi à quoi s'attendre, étant conscientes par ailleurs que cette formule les fera arriver plus tôt ou, tout du moins, moins tard.

AEV 1617-11 castafioreCANTAGEADE : Femme qui pousse la chansonnette dès le matin, en pressant son orange. Les cantageades chantent plus ou moins juste et quand elles n'ont pas une voix de rossignol - mais qui a une telle voix au réveil ? - agacent prodigieusement les voisins. Cf « La Castafiore : mémoires » du capitaine Haddock.

6 décembre 2016

Sept néologismes quadrisyllabiques / Jean-Paul

EFFERTERIE n.f.

Etat d’excitation partagé par un groupe d’individus qui a préparé une surprise collective pour fêter l’anniversaire d’un ami commun.

« Notre ami Marcel P. habitait au rez-de-chaussée d’un immeuble collectif. A notre intention, sa gouvernante, la bonne Céleste A., avait laissé ouverte la fenêtre de la cuisine. Avec une efferterie certaine nous entrâmes dans l’appartement, déposâmes victuailles, bouteilles, gâteaux et cadeaux sur la table puis nous allâmes ouvrir la porte de sa chambre où nous pensions qu’il était en train d’écrire.
- Surprise ! » hurlâmes-nous.

Mais nous fûmes surtout étonnés : Le petit Marcel se livrait à des ébats sexuels particulièrement acrobatiques en la compagnie du vicomte de F. »

Maniffe-Pourtousse, Pierre-Henry Aymeric de - Splendeur et misère des petits fours sans tisane. - Rennes : Ouest-France, 2010.



SINCÉGOMMABLE adjectif

Goût relativement fluctuant voire complètement incertain pour la sincérité et la fidélité dans les relations sociales, amicales ou amoureuses

« Lorsque nous fûmes repartis, emportant cadeaux et boustifaille pour les aller partager en un endroit moralement plus sain, Marcel P. se rhabilla. Il tança vertement Céleste à qui il reprocha d’avoir ouvert l’accès de son home sweet home à des carnavaleux particulièrement sincégommables. C’est tout juste s’il ne la renvoya pas ce jour-là. »

idem



PERFECTATION n.f.

Art de confectionner des pâtisseries si savoureuses que l’on prend des mines affectées en les dégustant.

« Mais Céleste était quand même la perle des cuisinières. Sa perfectation dans la confection des petites madeleines chères à Marcel, le côté aphromalier, stimulant, hallucinatoire qui déoculait de leur consommation a fait dire à Marceline Desbordes-Virenque dans sa thèse de troisième cycle de l’Université de Besse-en-Chandesse « Comment va Proust ? Commercy, commerça ! : Prolégomènes de l’empoisonnement de l’existence du commun des mortels par l’orgasme antestylistique des salonneuses du XXe siècle» que « pour écrire sa « Recherche du temps perdu » Marcel P. n’avait pas hésité à prendre des drogues dures à l’insubité de son plein gré ni à les tremper dans des boissons nostalgisantes».

idem



INSUBITÉ n.f. Choses que l’on fait en cachette de soi-même ou que l’on a faites en éprouvant de la honte et qu’on essaie d’oublier en pratiquant le mensonge par omission

« Lorsque, beaucoup plus tard, Céleste vint nous voir et nous demanda si elle pouvait raconter dans son livre de mémoires l’histoire de cet anniversaire, celui où notre efferterie s’était écroulée d’un seul coup d’un seul, nous fîmes preuve d’une grande insubité et déclarâmes qu’elle devait confondre, que nous n’avions pu nous y rendre, étant retenus au lit par la gastro-entérite du siècle. Il est vrai que longtemps encore après cet épisode, nous étions restés d’incorrigibles sincégommables »

idem



APHROMALIER
adjectif

Caractère de toute nourriture ayant des effets secondaire sublimatoires, masturbatoires ou ostentatoires.

« Manger des carottes rend aimable, consommer des pois chiches c’est comme fumer du haschich. Cuire en cocotte vous donne la cote, racler le fond de la marmite est très bon pour la réussite, manger des frites donne la patate, manger des pêches donne la banane… »

Juppé, Alain. - Pour une identité heureuse, votez Aphromalier ! - Bordeaux : Ed. du Gros rouge qui tache, 2016



DROMALOQUENT
adjectif

Se dit des écrivains qui pissent de la copie stylée sous forme de phrases interminables dont la lecture est si difficile à suivre qu’on a l’impression d’écouter les blatérationss, borborygmes et déblatérations d’un chameau à une bosse là où le clapotis de l’oasis où le silence du désert vous rempliraient d’aise

« La définition du mot « dromaloquent » dans le Dictionnaire des mots que y’a que moi qui les connais de Joe Krapov est particulièrement dromaloquente ! »

Krapov (Joe). - Parlez-moi d’moi, y’a qu’ça qui m’intéresse !. - Sablé-sur-Sarthe, Editions du Petit port et de la Haute Folie, 1995. 



EMERRICORDE
n.f.

Corde à nœuds entourée de papier de verre en vue de rendre plus difficile encore la montée au paradis des animateurs d’ateliers d’écriture qui osent se moquer dans une seule et même séance de Marcel Proust, d’Alain Juppé et d’eux-mêmes.

« - Tu ne l’emporteras pas au paradis, Joe Krapov ! Déjà que t’es acrophobe, en plus, pour que tu y montes on t’a préparé une émerricorde ! Et ne te plains pas, on aurait pu te pendre avec ! »

Fouettard, Révérend Père (1957 -.... ; moine pécurancunier de l’abbaye de Solesmes). - J’ai les noms de ceux qui n’ont pas voté pour François Fillon ! . - Solesmes : Ed. du Nonsense commun, 2017.

 

Petillon - Les Electeurs de Fillon CE 161207

Dessin de René Pétillon extrait du "Canard enchaîné" du 7 décembre 2016

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