Souvent en centre ville, on remarque quelques curieux attroupés en galerie autour d’un cadre de cercle de jeu – cercle posé informel sur la grande place parfois entourée de quelques cafés – où s’affrontent aux boules plusieurs joueurs de cabanon.
Alors, on s’approche un peu. Et des types en casquettes, en chapeaux et autres couvre-chefs sont concentrés sur leur partie. Rien ne pourrait les perturber. Rien …
Quand donc vous assistez à une partie de boules et que, carrément outré par le coup vicieux d’un cador, d’un ténor, vous perdez votre calme et, levant haut les bras, souvent vous criez : « Ho le Jaxophone ! Le Jaxophone ! … », à ce cri, une horde de groupies apparaissent sans ménagement en hurlant … ce qui bien sûr casse le bras de tous les joueurs. Ça clanche les carreaux de mille éclats de voix. Ça chique et ça crochète à tout va, à volo, à tour de bras. Même les chiens présents en perdent leur latin.
Un Jaxophone. Faites donc toujours très attention au sens réel de ce mot. Pour que vous puissiez toujours l’utiliser à bon escient, je vous en rappellerai ici rapidement son origine et son évolution historiques :
« Début du siècle, expressions françaises : faux jaxon, jaxon le faux, jaxon-faux. Suite à la série de longs procès mettant en cause un chanteur milliardaire moonwalkant, souvent, reconnu coupable de nombreux délits, malgré ses nombreux démentis. Ont pris le même sens que salaud : « Quel faux jaxon celui-là ! » (Phrase commune)
Le mot a fini par être troublé par une altération analogique et un rapprochement morphosémantique (attraction paronymique) avec saxophone. Au milieu du siècle, seuls les musiciens mélomanes boulomanes de la puissante et riche mafia – Nuova Camorra – du Groenland les utilisaient encore : « Il n’y a que les boulistes jaxon-faux pour jouer du saxophone. » (Commissaire Leblanc)
Ensuite, comme beaucoup d’autres mots dans certains groupes consonantiques, la consonne centrale intervocalique « N » s’est déplacée en dernière position. (JaxoNpho -> JaxophoN). De plus, comme souvent en français, il s’est produit l’addition d’une nouvelle voyelle (e muet) dans la syllabe atone.
Fin de siècle, jaxophone : nom masculin. Personne méprisable, indigne de considération : « Quand une femme s’affiche, ce n’est jamais pour un homme honnête, c’est pour un jaxophone. » (Raymond)
Au pluriel : grandes démonstrations de train de vie. « Ces boulomanes parvenus étalent des jaxophones somptueux dans leur cadre de vie et dans leurs aménités : mais du reste, ils n’ont ni déjeuners, ni dîners, pas de dépenses ménagères. » (Carole Henny)
Extrait tiré du "Dictionnaire de l’histoire des significations complètes du français, Paul Gerbault, Edition Labrune, août 2299".
Une histoire empreinte de l’univers de la boule. Oui. Bon ceci étant dit … je me rends compte et donc préconise que quand donc, plus tard, vous assisterez à une partie de boules et que quand, carrément outré par le coup vicieux d’un cador, vous perdrez votre calme et, levant haut les bras, alors vous crierez fort : « Ho la Galejade ! La Galejade ! … » voire tout bêtement : « Ho le Tricheur ! ». Point …
Quel canapé convertible pour mon intérieur ? Importante question. En effet, je n’ai pas trop de place dans ma chambre. Alors, je viens de choisir un magnifique modèle avec tiroirs de rangements. Conçu pour s’intégrer parfaitement dans mon intérieur, il m’offre en plus la flexibilité dont j’ai besoin au quotidien. Il allie design et fonctionnalité pour rendre ma maison encore plus accueillante. On vient de me le livrer. Vivement ce soir. C’est le pied … quoi.
Dans ma baraque
Pied de nez, pied de lit, mes rêves bien au chaud,
Je ne les ai point vus durant ces insomnies,
Aux cent diables Vauvert, aux mille gémonies,
C’est ici aussi vain qu’un vieux sommier à eau.
Petits pois de Princesse et lattes sans écho,
Comptages de moutons aux laines dégarnies
N’apportent que fureurs, colères démunies
Sur tous ces cauchemars planqués sous mon cerveau.
Je n’arrive à dormir, c’est cela qui résonne !
Mes draps sont trop serrés, ils me bloquent toujours,
Tourne et tourne mon corps sous ma tête à rebours …
Tonne et tonne ma voix : Nom d’un petit bonhomme !
Houf… enfin je somnole… Alors que patatrac !
Là encore je gis ! Coincée sous mon clic-clac ! …
C’est vrai que depuis quelque temps ce convertible est attachant, il est même parfois difficile de s’en détacher. Une chose est sûre, je le déteste, je le conchie…
En imposer dru à sa Belle, en meublant quelque peu la conversation
Sur ton récamier si doux
Love me, please, Marylou
La fraîcheur de ton corps lové s‘appuie sur son toit
Sur moi
Mon porte-revues joli tuile notre amour, tu
Les vois, mes brochures en vacances
Mes redevances
Au travers, plastiques et élastiques
Dansant vainement en mille diamants
Sur les pages, dans l’écritoire, en avance
En retard
Mes dégrèvement suivent le cours du fleuve
Les prélèvements plafonnent comme le cri
Vénéneux, sur-taxé, intoxiqué de l’épeire
D’un soir, sur son étagère revenue
Tu vas poser des limites sur mes tableaux paysages
Sur les frontières de mes mites peu fières
Des limites d’assises pas en reste
Reparties loin au Bal des Laze
Peut-être s’effaceront-elles ?
Et tu pourras te frotter à l’ISF, à ton SDF
En pattes d’EF, around Tazieff ou Polnareff
Comme une poupée dans la Rue, qui contribue
Dans la Rue, qui dit oui, assise sur les pelles à cul
Tu renais. Ouais, beep, beep
Et ta voix s’essouffle : qui dit oui, qui dit non …
Holidays, oh holidays !
Et moi Johnny, je paie de ma peau
Locale tes opérations, tes cotisations
En fractions brutes de fonderies
Tes casses d’imprimerie
En lettres d’ors et d’argents
Orfèvrerie fiévreuse
Sur satin de chauffeuses
Dans la chambre vide
Ta tête sur mon épaule
Posée sur ma causeuse
Et tes mains s’imposent, sur mon cou
Sur mon compte en taux de taxe
Taxe auto, globale, et tu devances
Avances, redevances, références. Douce France.
On y pense
Pensive, tu bailles
Aux détails, alors good bye
Johnny, Johnny ? Mon porte-revues décroche
Marylou, dans le bronze du crépuscule
Plus de peps, déjà tu sommeilles
Abattement contre X
Mary, et ta voix, en fatigue peu commune, s’éteint :
Si tu marches dans la rue, tu peux entendre une symphonie si tu écoutes suffisamment pour la capter (Kraftwerk)
Et tout ça là-bas, ici,… et puis moi, à quoi bon ?
J’ai marché. Ce sont mes traces,
Ce chemin, et rien de plus.
J’ai marché. Il n’y a pas de chemin,
Le chemin se construit en marchant.
En marchant se construit le chemin,
Et quand sur lui je me retourne,
Il s’efface déjà, et plus jamais
Il ne sera foulé à nouveau.
J’ai marché. Il n’est pas de chemin,
À peine un sillage d’écume sur la mer …
Antonio Machado, traduction, adaptation Lothar
Le jumeau de Glinde *
Je marchais. Je marchais dans la rue, Et les Beatles chantaient (et les Beatles chantaient) Un truc qui me colle encore au cœur et au corps …
« C’est toi qui sais réparer les postes à lampes !? »
Cette voix me fit tendre tous les sens. D’un coup, mes pensées songeuses posées sur le bitume s’éveillèrent. Ce grand garçon avait des accents dans le ton avec quelque chose d’impérieux et à la fois d’empathique. Sans réfléchir plus, je répondis que oui. Il me donna une poignée de main franche avec un sourire charismatique, le menton légèrement levé. En écarquillant les yeux. La langue bossant sa joue. En joue, je sais que tu sais. Goguenard et malicieux … C’était lui le chef.
On était juste en haut de la rue de la Croix Blanche, à la bifurcation, et de la musique sortait d’un petit local, porte ouverte, juste là. Le garçon à côté de lui ne pipait mot. Il semblait ailleurs en tirant de longues bouffées sur sa cigarette. « C’est lui ton correspondant allemand de Glinde ? demandai-je en le montrant. Du doigt, même… Sortant de son mutisme, comme vexé, le gars réagit brusque et répondit « Mais je suis français !! » Lui … pas content. Bon.
Aucun doute ce petit gars rouquin et rigolo était du coin. Il plissa les yeux derrière ses lunettes loupes. Il balança sa clope très loin d’une chiquenaude et cracha de conserve. Synchro. Bon… Bien…
Je rentrai chez moi, le vieux poste en bois verni sous le bras, par la rue des Prisonniers puis par celle de la Treille. Je me voyais déjà changer le condensateur fameux de 0,1 micro farad de découplage du positionnement de la grille de l’amplificateur à tube pour replacer sa transductance S bien à sa place au chaud sur sa droite de charge. Mais bon, je n’avais pas cette théorie jolie idoine encore mais je savais bien, pour l’avoir fait, que souvent cette capacité fragile était à changer. Oui. Souvent.
C’est ainsi que je rejoignis la Bande.
L’amplificateur du poste fut réparé et branché, jumelé grave avec les autres baffles, pour avoir un peu plus de son… fort… au Cabanon.
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* Ville jumelée avec Saint Sébastien Sur Loire
Oui, je replacerai la transductance S bien à sa place au chaud sur sa droite de charge !
Oui, je sais l’idée est sûrement nulle. Saugrenue. Cela fait déjà deux fois que j’écris sur une chanson. Sur deux tubes en fait. Mais les deux fois je revisite un peu l’histoire chantée. Le lyric. À ma façon. Poétisant. En plus quand j’écris cela, juste là, ici, je n’ai rien encore commencé.
Mais je sais que bientôt quand je lirai vos commentaires, s’ils sont possibles – sur cet Atelier de Villejean, je me remémorerai cet instant de doute où l’idée de ne pouvoir rien faire de bien me traversa. Alors, action !
Juste le temps d’écrire ceci et mon Sussudio oublié me revient en mémoire. Oui, j’avais écrit jadis avec Pépitoune en duo un texte enjolivant la banalité unique de la chose dans un pub sur cette chanson … plutôt d’ailleurs sur le clip. Cela avait aux feu impromptus, je crois bien, fait rire un certain Joe K, à l’époque. Vintage d’un autre âge, déjà. Bon. Nul n’est parfait :
Le synthé synthétise,
la batterie bat son tempo contre des moulins,
le guitariste encordé n’accroche pas sa barbe,
les trompettes éclatent de quatre noirs,
ils fendent le vent, dansent de conserve,
crèvent l’écran de leurs grands ronds cuivrés.
Bon, là l’hommage à George, sis au Royal Albert Hall de Londres, est long, et il y a du monde. Et du beau. "While my guitar gently weeps" le tube tiré du concert démarre.
Cela commence sur le piano de Paul. Noblesse oblige. Ça tape. Traveling sur quelques guitaristes. Ils sont concentrés des taquets. Et puis arrêt sur le chanteur Éric Clapton. Petites lunettes rondes. Dieu. Ha mais attendez ! On est passé vite sur un jeune garçon. Ce n’est pas George, mais son fils. Dhani. Incroyable ! On le reverra parmi les autres guitaristes. Éric chante beau. Haut tête haute. Ça fait du monde pendu accroché sur les guitares. Le nombre de batteries qui tapent dru n’est pas en reste. Ça tape. Paul accompagne au chant. Il est doux. Allez Éric, premier solo de guitare. Du concentré. On voit Ringo. Filmé du bas. Il a l’air bien. Ça madeleine jolie, si goûteuse, de le voir. Ça tape. Trop cool. J’aime bien.
J’adore ceux des tambourins aussi. Trop. Allez, encore des riffs de guitare et puis c’est Dieu qui dit. Ça semble venir de loin, de très loin, du fond de son âme, de ses tripes. Venir d’un hommage, comme un parfum de luxe envoûtant. Ça chœur autour. Le guitariste guitare sèche frisant, barbu à sa droite, en baille des ronds de chapeau. Il y a de quoi. Ça retape.
Ça s’active. Ça bosse. Il y a du monde c’est fou. Les deux choristes sont un peu noyées, mais les garçons pas en reste donnent de la voix. Still my guitar gently weeps.
***
Sa mémoire avec 28 musiciens-chanteurs ici et les Monty Python
Il avait préparé son meilleur répertoire
En moindres détails peaufinés
Des accords en mots peu ordinaires
Bien choisis, sonnant en harmonie
Des histoires en paroles rythmées
Coulant, incisives
Sous sa guitare en bandoulière
Il pouvait enfin sortir de l’ombre …
Or ici, dans cet autre monde connexe
Parallèle, ceci se serait poursuivi ainsi
Si par un hasard bien heureux
L’autre Georges, poète chanteur, inconnu lui aussi
Ne fût enlevé par des Aliens avenants
Ces bougres lui montrèrent l’avenir de l’humanité :
Les grands chênes s’éteignent, écrasant
tous les petits chevaux clonés
Les gorilles agonisent sur des claviers
intoxiqués par des croque-notes
Les bougnats adultères se robotisent
délaissant pour des IA jolies leurs femmes de pierre
Le corps sage de Margot s’enfuit
et les sabots d’Hélène pataugent du côté des junkies
Là où la plage de Sète se bétonne
jusqu’au fin fond du plancher à l’amer
Là où il ne suffit plus de passer l’éponge
Et où Cupidon s’enroue
Ils le relâchèrent. Lui rendirent sa plume
Sa sagesse a grandi
Il sait qu’il n’a pas rêvé :
Des formes de vie extrêmement intelligente existent dans l’univers
En effet, elles se sont toujours bien gardées
De nous contacter ouvertement
Hé toi, tu me connais déjà !
Moi, si petit et qui t’infiltre
Qui tombe les jeunes comme les vieux
Comme Corona, comme corps aux noms
Comme Wenliang, comme qui mieux mieux
– Cavalier de l’Apocalypse –
Je te ferai voir bien trop d’éclipses
Oui, envoie-moi donc tous tes philtres
Et tous tes doutes, tous tes sermons
Je viens leur mettre le pied à l’étrier
M’assurer qu’ils s’en lavent les mains
Qu’ils recommencent à m’éclater
Pandémies ! Ce sera pire demain
Hé toi ! tu sais bien qui je suis. Oh, oui
Ton doute, c’est mon Jeu de la Vie …
Lothar
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« On cherche à nous couvrir de poux, de larves, de chenilles. On a peuplé l’air de microbes (Pasteur). Il y a maintenant dans l’eau pure à boire et à manger. »
La Mort à vivre, Francis Ponge
Giorgio de Chirico – Il Ritorno di Ebdomero, 1968
Nous vivons dans une grande soupe, c’est pourquoi, parfois il faut se laver les mains, porter son masque, bien, et/ou aller au vaccin.
« Mes mots réduits en morceaux
et le retard dans mon écriture
et toi qui lis mes angles brisés
triangulés, miroirs petits miroirs … »
Depuis le temps que tu dormais dans la chambre
que connaissais-tu des images du soleil ?
De ces mannequins en cuirasse aux forges de Vulcain,
de ceux qui décrassent les cheminées d’usine ?
De ceux qui accouchent des panaches de fumées ?
De leurs tout à coup rayonnant sur l’équerre de ces murs noirs
en premiers reflets ?
Jeune femme, dans ce pays tout éclairé,
le rêve dit le temps d’une bien belle chose,
et des animaux qui errent sur les couleurs stridentes,
de celles qui tirent des traits d’ombre dans l’espace,
mêlant arcades de cerceaux et ressorts spirales,
Dans tous les coins de la nuit calme,
s’espaçant comme les doigts d’une main,
comme les branches de l’arbre,
comme les statues, les sculptures autour de la place,
comme l’absence du jour sous les blancs de l’horloge,
sous la lettre effacée du journal.
Mais le bonheur de l’homme et de la femme s’y assemble en oblique,
et dans ton esprit il y a comme de gros poissons de paresse,
des oiseaux chamarrés, colorés, attentifs, des coquelicots déployés
sur des pierres vermeilles.
Il y a comme un immense étang où s’affrontent des voiles de bateau,
des trains amphibies, des chevalets plombés,
des oeufs de Colomb et d’énormes poignées de main.
Il y a comme des joueurs de flûte essoufflés,
des chevaliers gantés à l’épée, à cheval, fonçant la barbiche en avant,
des étoiles spiralées jaillissant en mille et un cristaux de lune.
Il y a comme un jardin suspendu entre les coins du tableau,
des cannes à sucre, des bananes, des tomates, des artichauts,
et des palmiers protégeant la roulotte, la cabane et la tour aux drapeaux,
Et des fleurs carnivores déroulant leurs langues de serpent, il n’y en a pas …
Cependant la bougie, par le vacillement des clartés sur le livre au brusque dégagement des fumées originales encourage le lecteur, — puis s’incline sur son assiette et se noie dans son aliment.