Sur les traces de Rimbaud / Eliane
La vie est la farce à mener par tous.
Alors nous nous obstinons à la trouver sérieuse
Pour trouver un but et ne pas patauger dans la mousse.
Le monde a soif d'amour. Tu viendras l'apaiser.
Tes yeux pleins de tendresse sauront le consoler
Le chant des cieux, la marche des peuples :
Esclaves ne maudissons pas la vie !
Nous trouverons peut-être de quoi assouvir nos envies !
Je me crois en enfer, donc j'y suis.
J'ai beau écarquiller les yeux
Je ne vois que ce que je crois dans le brouillard assis.
C'est un trou de verdure où chante une rivière
Ceux qui passent par-là ne voient que la lumière.
Les inventions d'inconnus réclament des formes nouvelles
Car tout déjà a été vu, dit, déjà est éternel.J'écrivais des silences, des nuits.
J'exprimais l'inexprimable.
Je ne sais d'où me venait cette certitude
Que les mots jamais ne pourraient suffire
A dire l'instable, l'insondable, l'insoutenable.
Oh la la ! Que d'amours splendides j'ai rêvées,
Etre deux à se porter vers les nues,
Dans ses yeux se sentir Dieu
Et toujours rebondir vers l'inachevé.
Sur un lit d'étoiles les enlacements nus
Transportant en d'autres temps, d'autres lieux.
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir.
Ne pas se méprendre, tout comprendre dans la nuit noire.
C'est faux de dire : je pense.
On devrait dire : on me pense.
Personne n'existe seul
Chacun est l'élément d'un tout
Qui gravite dans un magma immense.
Il faut être absolument moderne
L'homme ne saurait piétiner sur le passé, sur des valeurs sures
Il faut qu'il avance jusqu'à son terme.
J'ai avalé une fameuse gorgée de poison
Le savais-je ? Je ne sais plus
Je me tords dans un trou noir sans fond.
Elle est retrouvée. Quoi ? L'éternité : c'est la mer allée avec le soleil
Patiemment ils ont fait le chemin
Jusqu'à se retrouver entre monts et merveilles.
Je m'entête affreusement à adorer la liberté libre
La parole s'envole, personne ne la dicte
Les actes sont insoumis
Je ne serai jamais celui qui rentre dans le rang.
Ô saisons ! Ô châteaux ! Quelle âme est sans défaut ?
Où sont les vices inavouables des cœurs purs
Ceux qui font des accrocs peuvent-ils jeter la première pierre ?
Oisive jeunesse à tout asservie !
Par délicatesse j'ai perdu ma vie
Déjà tout vu, tout fait
Plus de saveur pour le reste du chemin.
Ne vaut-il pas mieux partir riche, déjà, de sa propre vie ?