15 novembre 2022

Consigne d'écriture 2223-09 du 15 novembre 2022 : Animal on est mal ?

Animal on est mal ?

 

Si vous regardez votre environnement immédiat, lorsque vous êtes chez-vous, vous y découvrirez sans doute des représentations d'animaux sous forme d'illustrations aux murs, de magnets, d'objets utilitaires (porte-savon, poubelle de table, etc.). Faites-en la liste, de mémoire, ou photographiez-les.

Chaque écrivant· a été invité·e à en amener un ou deux à l'atelier.

Maintenant le moment est venu de donner la parole à cet animal, à ces animaux : a-t-il envie de vous rappeler d'où il vient, de vous confier ses plaintes, ses bonheurs, de raconter son rapport avec vous, de balancer des choses qui l'énervent dans votre home sweet home, de parler des autres locataires ?

Prêtez-lui votre plume, même si c'est un oiseau et qu'il en a déjà !

Si vous n'avez pas d'animal chez vous, vous pouvez emprunter ceux de certain·e·s d'entre nous ci-dessous :

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V comme Vive la famille ! / Adrienne

On m’appelle l’homme des bois et non, ce n’est pas une légende.

Ce n’est pas le Hollandais du 17e siècle qui a mal compris le langage local ou mal interprété ce qu’il entendait pour la première fois.

Le malais et le javanais me donnent ce nom depuis le premier millénaire: urang, qui veut dire homme, être humain, et hutan, qui désigne les bois, la forêt.

D’ailleurs, vous le savez bien que nous sommes frères.
Ou plutôt cousins, pour être exact.
Vous êtes frères des chimpanzés et des bonobos, que ça vous plaise ou non.

Vous m’avez vu faire face aux machines venues détruire les arbres qui m’abritent et me nourrissent.
Geste désespéré et dérisoire, je le sais bien.
Je suis assez intelligent pour le savoir.
Mais on fait de ces choses désespérées quand on l’est.
Vous comme moi.

Vous le savez bien, pourtant, que je suis sur la liste rouge, celle des animaux menacés, en danger critique d’extinction.

N.B. Le dessin d'Adrienne date du temps où Bruxelles brusselait et l’Adrienne dessinait 😉

Tout savoir sur l’origine du mot orang-outan? c’est ici.

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Mon petit bestiaire / Maryvonne

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Holà ! Holà ! C'est la ferme des animaux ici ! dit le petit lapin figé sur le coussin ovale. Où vais-je trouver ma place, moi, le timide, qui me plais plus volontiers au fond d'un terrier ?

De mon œil rond je fais un tour d'horizon de la pièce où je viens d’atterrir. Le côté positif c'est qu'il n'y a pas de belette dans les environs qui viendrait me disputer ma place ni de Raminagrobis pour faire la loi. Comme je suis petit je me loge dans un coin du canapé. Au-dessus de moi est perché un écureuil. Nous sommes tous les deux des coussins très doux mais le jour du scrabble c'est lui qui est choisi en premier pour aller sous les fesses d'une joueuse. Je ne suis pas jaloux, c'est une position un peu humiliante. Moi je reçois plutôt les têtes fatiguées ou les dos douloureux.

2022-11-15 - 285 9Parfois la petite souris dont la tête dépasse du dossier me regarde avec amour. Elle m'a raconté qu'elle était un cadeau de naissance pour la petite fille de la maison. Ce qui l'amuse beaucoup c'est qu'elle a été offerte par une dentiste. Moi je ne comprends pas pourquoi c'est drôle, alors elle m'a raconté l'histoire des dents de lait tombées que les enfants posent sous leur oreiller et que la petite souris vient chercher pendant leur sommeil en déposant à la place une pièce ou un présent. Que les hommes sont crédules !

2022-11-15 - 285 7A l'heure de l'apéro mes colocataires sortent la basse-cour. Dans le petit plat en forme de poule ils jettent des graines, l'écureuil regarde d'un œil gourmand les noisettes, noix de cajou et pistaches. Les coqs, eux, au garde-à-vous sur les sous-verres, reçoivent les verres à pied fiers comme des coqs sur leur unique pied sans ergot.

Je ne suis pas un lapin philosophe mais je me demande pourquoi la race humaine a tellement besoin de s'entourer d'objets animaliers. Est-ce que ça les console de nous maltraiter ? Rêvent-ils de perdre la parole quand nous rêvons de l'obtenir ?

2022-11-15 - 285 17Je me réjouis quand ils prennent l'air niais en nous regardant pleins d'admiration. Nous sommes souvent associés à l'enfance, alors que la nôtre est si courte.

Je ne me plains pas : d'autres lapins ont un sort moins enviable quand ils passent à la casserole. Et je pense aussi aux escargots, aux grenouilles, crevettes, langoustines, coquilles Saint-Jacques, car je suis chez des ogres qui avalent toutes sortes d'animaux alors que, franchement, du thym, du serpolet et quelques fanes de carottes pourraient leur être plus profitables.

 

En réalité je suis bien aise de n'être qu'une image posée sur un coussin ; comme je suis un peu rond on ne s'assoit pas sur moi. Heureusement car mes maîtres sont un peu replets, Enfin moi, j'dis ça, j'dis rien !

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La Girafe / Anne J.

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Le jour où j'ai découvert cette pendule est un jour mémorable entre tous : j'avais 50 ans, c’était le jour de mon anniversaire et je débarquais de l'avion de Brest en rentrant de Montréal le 11 janvier 2004.

Dix-huit heures de voyage et de décalage horaire ! En arrivant à l’aéroport de Brest je n’avais qu’une idée en tête : dans 1h 30 je serais sous ma couette à dormir, enfin. Mais avant il fallait faire une heure de route pour rentrer chez moi, il était 12 h et je suis sortie au plus vite après avoir avalé un café pour me tenir éveillée.

J’ai garé ma voiture dans le parking de l’immeuble, attrapé mon sac à dos et commencé a traverser le parking. Dans l’entrée j’aperçois un couple d’amis âgés et je m’étonne : «  Qu’est ce que vous faites ici ? On est dimanche et il est 14 h ? » Ils ont bredouillé quelque chose de vague, je ne me souviens plus quoi et sont retournés à leur voiture, alors j’ai mis la clef dans la porte et j’ai ouvert mon appartement. Tout était dans le noir, volets fermés. J’ai allumé la lumière et là, plein d’amis dans mon salon ont entonné : « Joyeux anniversaire ! ».

Je suis restée là les bras ballants. Une seconde j’ai pensé : « Ah zut, c’est mort pour aller dormir !».

Je ne savais pas si je devais me réjouir ou me désoler. Ma filleule s’est jetée dans mes bras, je l’ai serrée fort contre moi, c’est bien pour masquer l’émotion qui monte.

Il y avait une banderole qui traversait mon salon, un énorme gâteau et tous les yeux de mes amis braqués sur moi. Il y avait des paquets et des rubans et dans un gros paquet plat, cette pendule improbable avec sa girafe kitsch qui me regardait.

Dix-huit ans après elle me regarde encore. Elle a changé de maison puis de place mais elle est comme un souvenir de cet anniversaire surprise, inattendu.

Elle veille sur moi, elle mesure le temps qui passe et me rappelle chaque matin que les amis sont parmi les plus belles choses du monde.

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La Souris / Anne J.

2223-09 Anne J

Avant d 'arriver sur cette table, j'ai longtemps été dans la vitrine d'un marchand de jeux dans une rue piétonne de Lannion. J'en ai vu passer du monde dans cette période de Noël mais après le 25, j'étais toujours sans propriétaire, dans ce joli magasin et promise à une solde, voire au rebut.

Pourtant je l'ai vue passer devant plusieurs fois, me regarder. Je pouvais lire dans ses pensées : «  Si seulement quelqu’un me l'achetait, cette belle souris rouge, elle aurait sa place dans mon salon , je la trouve si sympa !».
 
Et ce soir du 28 décembre elle est entrée dans le magasin, elle m'a prise dans ses bras et a dit au marchand : «  J’espérais bien l'avoir en cadeau mais non , personne n'a osé , alors je me l'offre moi même !».

Et c'est ainsi que j'ai trouvé ma place et je n'ai pas eu à la disputer au chat de la maison, il m'ignore . Il n'a pas compris et de toute façon je suis bien plus grosse que lui.

D'ailleurs il a lui aussi sa trace sur la photo !

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Le Coq observateur / Marie-Thé

AEV 2223-09 Marie-Thé - Coq

Il voulait un coq dans sa maison, Bernard. Alors, il m’a acheté dans une jardinerie. Il dit que ça lui rappelle sa jeunesse, le temps où il vivait à la ferme.

Et pourtant, à 11 ans il est parti en pension et il ne retournait chez lui qu’une fois par trimestre. C’était bien jeune pour quitter sa famille.

Après son service militaire, il a rencontré Marie-Th. et ils se sont mariés.

Elle venait de la ville, elle distinguait à peine une poule d’un coq, elle avait peur des vaches et des chiens et de tous ces animaux qu’on rencontre à la campagne. Quant aux cochons, elle ne les connaissait que sous forme de côtelettes !

Quelquefois le dimanche, ils allaient dans sa famille, à la ferme, chez ses parents et elle se familiarisait avec les frères et sœurs. Ils étaient nombreux, les enfants, il y en avait 9 et il fallait retenir tous les prénoms et ceux des « valeurs ajoutées », comme ils disent là-bas. Il y a même le frère aîné qui a dit que « pour une fille de la ville, elle s’est bien adaptée Marie-Th. » La mère faisait des crêpes dans la cheminée. C’était super bon. Y’avait de l’ambiance dans la grande pièce.

Après le goûter ils suivaient le père habillé d’une veste et d’un pantalon noir pour faire un tour dans les champs et voir l’état des cultures. Ils terminaient par le jardin. Là, c’étaient les femmes qui commentaient. «Nous aurons bientôt des petits pois, les poireaux sont malades, les carottes commencent à pousser, et les dahlias, regardez comme ils sont beaux, des rouges, des jaunes… ».

Quand ils dormaient là-bas, Marie-Th. entendait un vrai coq chanter à cinq heures du matin. Ça la faisait rire.

Moi le coq, figurine colorée, perché sur une étagère dans la cuisine depuis des dizaines d’années, je ne chante pas, mais je suis témoin de leurs joies et de leurs peines. Je les vois vivre, je les écoute. Aujourd’hui, j’apprends qu’ils vont être arrière-grands-parents, qu’ils n’ont pas vu le temps passer. Bernard dit qu’il ne faut pas perdre de temps, la vie passe trop vite. Alors ils s’activent, ils randonnent, ils lisent et écrivent, ils écoutent des infos et font des commentaires sur la politique.

J’espère qu’ils vivront le plus longtemps possible, je n’ai pas envie de finir dans une décharge, à moins que l’un de leurs enfants ne m’adopte.

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Animal on est mal. 1, La Grenouille / Jean-Paul

2022-11-15 - 285 2Allons bon ! Voilà que la maîtresse de maison a tout chamboulé à nouveau !

Foi de grenouille chinoise je n'avais jamais vécu ni vu une telle révolution. Bien sûr cela fait 20 ans qu'ils habitent là et il fut un temps où la fée du logis déménageait tous les 5 ans. Lui est plus stable, plus casanier, plus régulier, attaché surtout au bon ordonnancement de la cuisine dans laquelle il officie comme un chef.

Mais ce chef ne commande rien et c'est justement à sa cuisine qu'elle s'est attaquée : changement de tous les meubles, passage à la cuisinière hybride, mi-gaz mi-électricité, rachat d'un réfrigérateur, déplacement du radiateur, changement de place entre le micro-ondes et le frigo, rien ne lui a été épargné et surtout pas là gêne liée à ces travaux. Il y a même eu deux jours, une fois les meubles livrés, entreposés non montés et la cuisine vidée, où ils ont dû manger froid sur un tout petit coin de table dans leur arrière-cuisine mais nous n'allons pas plaindre ces humains de la classe moyenne occidentale. Je ne vais pas pleurer sur leur sort. Ils sont bien gentils les Crapaud’v - c'est leur nom de famille - mais se sont-ils jamais souciés du confort de leur grenouille ?

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C’est que ça n'est jamais la fête pour moi et pourtant quelquefois dehors, il pleut il mouille par ici, à Rennes, en Bretagne, quoi que lui en dise et quoi que prédisent ces spécialistes du réchauffement climatique qui vous mettent la tête au carré sur France Inter l'après-midi. La fonte de la banquise, la montée des eaux... mais je n'ai rien contre pour ma part ! Cela fait peut-être vingt ans que je n'ai pas fait trempette ici ! La baleine bleue dans laquelle le cuisinier pose la cuillère jaunasse avec laquelle il a touillé son poulet au curry, elle, elle va à la vaisselle au moins ! Le crocodile porte-savon, quand l'eau stagne dans la cuvette qu'il a sur le dos on le passe sous le robinet, on le brosse, on l’essuie

Pour moi par contre pas le moindre petit bénitier ; pas même une petite mare de Bourgogne ou un coup de chiffon de temps en temps. Moi, c'est simple, plus personne ne me remarquait, collée à la porte du réfrigérateur grâce à un aimant. Je date de l'époque déjà lointaine où ils avaient encore deux enfants à la maison. La gamine est revenue les voir ce week-end. Elle a dit à sa mère qu'elle se trouvait vieille ! Oh la déprime de l'autre trentenaire, hé ! Encore une qui écoute la tête au carré et les infos de midi à la radio !

Dans la nouvelle cuisine je me suis retrouvée un temps sur le côté du four à micro-ondes. C'était bien. De là j'avais vue sur le dehors et je voyais parfois les gouttes de pluie faire la course sur la vitre. J'avais entamé des conversations avec la bouilloire, avec le plant de basilic et puis voilà qu'un jour, récemment, ce gros nigaud de cuisinier s'est cogné le crâne dans le coin de la hotte aspirante qui est beaucoup plus basse qu'avant. Ça a hucheu comme on dit en pays gallo, on était à deux doigts de la scène de ménage façon M 6 alors, aux grands mots les grands remèdes, il m'a saisie par les pattes de derrière et il m'a collée sur le coin de la hotte aspirante. Amortisseur, je suis devenue.

2223-09 JK - bricoflexDepuis il ne s'est plus recogné et il s'habitue à faire la cuisine devant et surtout sur le côté de son piano. Vous imaginez la même chose à Pleyel ? Quand même, de temps en temps, il vient heurter mon dos avec son front. Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi ce balourd n'a jamais essayé de m'embrasser ! Ils ne connaissent plus les légendes d'autrefois, les Européens du 21e siècle ? Ils ne savent pas qu'il suffit d'embrasser une grenouille Copyright 1994 made in China by Safari Ltd pour que celle-ci devienne une princesse charmante ? Il en est si content que ça, l'autre, de sa déménageuse-perceuse-visseuse-bricoleuse ? Mais où je suis tombée, là, moi ?!!!

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Animal on est mal. 2, Le Crocodile / Jean-Paul

Rennes-Salon du vintage

Aujourd'hui on ne parle plus du passé en disant « C'est de l'antique » ou « C’est beau comme l’antique ». On n’utilise pas plus le mot brocante que le mot tocante. La brocante évoque désormais des breloques sans valeur plutôt que des reliques précieuses échappées à la course du temps. La tocante, montre à gousset, montre au poignet ? « Non merci, trop fatigant, l’heure est sur mon smartphone et je l’ai toujours à la main ». Même « Antiquité » n'a plus cours : maintenant on dit « vintage » (à prononcer "vinn-tèdje") et on le devient très vite !

Personnellement en tant que crocodile, animal à peau dure, réputé sans cœur, perfide et même cruel, je ne verserai pas une larme sur cette génération qui ne respecte plus le vocabulaire français quand elle disparaîtra. Si je les vois clamer du haut de leur suffisance de nouveaux maîtres des nouvelles technologies « Je me fous du passé » ou « N'en parlons plus, c'est du passé » je regrette surtout que cela n'évoque pas pour eux deux chansons d'Edith Piaf et de Lucienne Delyle (« C’est qui ces looseuses ? »).

Même les musées ne trouvent plus grâce aux yeux des plus sympathiques d’entre eux. Pour ces nouveaux protestataires, ce ne sont plus des lieux dans lesquels on réfléchit à partir d'éléments iconographiques certes datés sur l'histoire de l'occupation de cette planète par les humains, ce sont juste des décors de théâtre qu’ils prennent en otage pour des actes de militance provocatrice.

Malgré mon sourire jusqu'aux oreilles - façon de parler, les crocodiles n'ont pas d'oreilles, en tout cas pas aussi longues où larges que celles d’Ouvrard ou de Louis Leprince-Ringuet que tout le monde a oubliés aussi - malgré ma gueule fendue, j’avoue que cela me déprime. C'est que je rêvais d'y finir, moi, au musée en tant que

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« Porte-savon du 20e siècle fabriqué en Chine par des esclaves sous-payés. Produit en multiples exemplaires et commercialisé dans le monde entier, cet objet était déposé sur le bord de larges récipient appelés « baignoires » dans lesquelles les horribles gaspilleurs de ressources naturelles qui sévissaient à cette époque barbare se trempaient après les avoir remplies d'eau chaude. Le remplacement progressif des baignoires par des douches à l'italienne avec robot savonneur et brosse à reluire intégrée a provoqué l'extinction des crocodiles porte-savon. Ce fut une perte sans égale pour la biodiversité des accessoires domestiques. Notre musée est fier de vous présenter le dernier exemplaire, retrouvé dans les décombres d'une maison de la ville de Rennes, cité ensevelie sous les bombes russes en 2052. »

Purée ! Je déprime vraiment, moi, ici ! Faites quelque chose, s'il vous plaît ! Rendez-moi mon marigot et ma gaîté sauvage ! On peut pas me coller avec un aimant sur l’autre coin de la hotte aspirante où c’qu’y a la grenouille ?

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Animal on est mal / Laura

Laura - Lapin

Nous, les anciens de la cuisine (lapin, vache, papillon, chouette, oies, moineau, perroquet), nous avons connu son mari. 

 

Laura - Papilons 2Tout le monde disait qu’il gérait comme mec et c’est vrai qu’il gérait. Après, comme disait sa belle-sœur, de leur « chez eux » et à propos d’elle : quand on regarde dans les coins, il était comme tout le monde, pas si …. clean. 

 

Laura - PapillonAlors, quand il est mort, beaucoup ont cru qu’elle n’allait pas savoir gérer la cuisine. Nous, les vieux animaux, nous la connaissions en fait mieux que les autres. Nous l’avions vu agir dans notre paysage . Certes , elle ne gère pas comme lui mais elle gère … à sa façon. Quand elle a perdu une partie de notre environnement (tous les meubles de la cuisine) dans son déménagement, six mois après la grande Perte, et qu'on a été vache (pas comme notre copine Marguerite du frigo) avec elle, nous nous sommes inquiétés pour elle.

 

Laura - OiseauElle a vacillé - qui ne l'aurait pas fait ? - mais elle a utilisé les caisses de déménagement comme meubles de cuisine et elle s'est ajouté de nouvelles activités culturelles, seule envers et contre tous. Et elle a continué à remplir le frigo de légumes, fruits et crudités, fuyant les produits transformés, les mauvais gras et sucres et a perdu encore 20 kgs après son départ, 40 en tout. 

 


Laura - OiesDe la porte, on voyait que l'intérieur n'était pas aussi... qu'avant mais nous nous sentions bien avec elle. Elle passe plus de temps dans notre paysage commun, râle après elle de ne pas arriver à gagner plus de sous avec ses livres et tous ses écrits, pleure, crie mais elle vit, merde, peut-être plus pleinement elle-même qu'avant. 

Laura - Hibou

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