14 décembre 2021

Consigne d'écriture 2122-13 du 14-décembre 2021 : Petit éloge des vacances

Petit éloge des vacances

 

2122-13 Consigne - Petit éloge des vacances

C'est le titre d'un court recueil de nouvelles sur le thème des vacances. Il est dû à la plume de Frédéric Martinez.

L'animateur à relevé le titre, la première phrase et la dernière phrase de neuf d'entre elles.

A vous de jouer avec ces éléments.

Facultatif : vous pouvez (ré)utiliser les illustrations de la consigne précédente "Scrabble à Cléder" si elles vous inspirent. 

 

Titre

Première phrase

Dernière phrase

Passantes

— Où partez-vous ?

Rien ne sert de partir quand on ne sait plus voir.

Nostalgie du mardi soir

La jeune femme qui marche dans la rue Saint-Martin avec les gestes encore gauches de l’adolescence possède de grands yeux naïfs, prompts à s’émerveiller.

La parenthèse heureuse s’ouvrait dans la voiture où m’attendait mon grand-père et tandis que défilaient derrière les vitres de la Simca les immeubles et les maisons de la banlieue sud, je m’apprêtais à boire jusqu’à la dernière goutte ce concentré de vacances.

Une évasion

Une évasion désigne une fuite hors d’un endroit déterminé, le fait de s’échapper d’une prison pour un détenu.

C’est plus facile que ce qu’il pensait ; le voici déjà entre ciel et terre.

Sous les arbres

Aussi loin que je me souvienne, il y a le ciel et les tilleuls.

 

 

Quand tombait la première, lente, silencieuse, c’était pourtant comme une déflagration et je savais, le cœur serré, que les vacances filaient vers leur fin, que nous avions commencé de descendre la pente douce de l’été.

L’été sur toutes les lèvres

 

Je continue ma promenade dans Paris que les grandes vacances n’ont pas encore changé en ville fantôme.

Il faut fuir, s’arracher à la ville, à la torpeur moite qui s’y installe ; mais aucun train, aucun avion ne mène au pays que je voudrais rejoindre…

Vacances antiques

Tandis que Lola achevait son Coca, j’ai pu reprendre des forces.

Trouville, c’est parfait ; ça va me rafraîchir.

Sous la pluie

Ils me plaisent bien, ces deux-là ; je leur adresse mes vœux muets de bonheur tandis qu’ils tournent dans la rue Dupuis, pressent le pas sous l’averse qui éclate.

Un couple y échange des baisers clandestins ; je me demande si Pierre et Manon iront sur leur île grecque, y vivront un jour d’amour et d’eau fraîche.

La folle journée de Mme de B***

 

La marquise de B*** a trente ans, le teint frais, le nez court, les yeux noirs ; elle préfère l’été à l’automne et les remords aux regrets.

 

La voilà, mon île grecque !

D’amour et d’eau fraîche

La fatigue commence à alourdir mes pas.

— Où partez-vous ?

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Petit éloge des vacances / Marie-Thé

Tandis que Lola achevait son coca, j’ai pu reprendre mon équilibre.

Après deux verres de planteur sirotés à la descente de l’Airbus 340 en provenance de Paris, il me paraît normal de commencer mon séjour en Martinique par une boisson locale.

Mon amie Lola me prend le bras et nous quittons Fort-de-France pour découvrir notre location à Sainte Luce.

Le matin, sur la terrasse, des petits oiseaux noirs au jabot orange viennent picorer des miettes de notre pain quotidien. Le jour se lève sur un paysage idyllique. Des cocotiers bordent la plage. La mer couleur bleu-vert est agitée par quelques clapotis.

Lola enfile son maillot et se dirige vers la mer. Surprise par sa vitalité, je ne tarde pas à la suivre et là, nous entrons dans l’eau en poussant des cris de bonheur.

- Comment occuper ce temps que nous allons passer ici ? me demande mon amie.

- Moi je serais bien restée à me baigner, me re-baigner et profiter du soleil !

Pour Lola, pas question de se laisser aller à ce qu’elle appelle mon farniente !

Nous avons crapahuté dans les forêts tropicales, découvert un désert où la terre rouge contraste avec la mer émeraude sur laquelle s’étalent des sargasses oranges, longé des plages bordées de cocotiers, dégusté des acras, des christophines, des gratins de bananes. Dans des gargotes installées le long de la mer, on se croyait dans un resto 5 étoiles.

Comment être indifférentes aux fleurs multicolores, bougainvilliers, hibiscus, etc. ? Et des bains, toujours des bains dans une eau à 26° où l’on se laisse aller, bercées par les vagues. Voir des tortues marines au fond de l’eau, revenir s’allonger sur le sable et rêver, rêver d’une vie sous le soleil, toujours.

***

15 jours plus tard, nous sommes revenues à Trouville, brumeux, glacial. Nous avons repris le travail le moral dans les chaussettes. Ça nous a rafraîchi les idées !

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Évasion / Anne J.

200101 265 003

Une évasion désigne une fuite hors d’un endroit déterminé, le fait de s’échapper d’une prison pour un détenu.

Et d’évasion, le gros poisson doré en rêvait depuis longtemps. Déjà trois ans qu'il tournait en rond dans cet aquarium carré sans espoir d'en sortir. Mais ce matin là, le soleil était entré dans l'angle droit de l'aquarium et, caressant le dos du gros poisson doré, il lui déclara :

- Je peux te faire sortir de là mais où iras tu ? La mer est trop loin pour que tu survives au voyage et l'eau y est bien trop froide pour toi, rien à voir avec les mers chaudes qui t'ont vu naître. Mais je peux exaucer un de tes vœux, si tu le souhaites.

Le poisson doré réfléchit quelques minutes et, entrant dans le rayon du soleil, il lui chuchota :

- Je voudrais que celle qui m'a enfermé dans cet endroit connaisse un jour ce que cela me fait d'être coincé là, juste pendant quelques heures.

- Accordé, dit le rayon de soleil.

Et voilà pourquoi je me trouve assise depuis deux heures dans cet avion cloué au sol, coincée entre un Anglais trop gros qui joue aux échecs en pestant et une jeune chinoise tranquille qui lit des idéogrammes sur une tablette minuscule en mangeant une banane. Deux heures que le chef de bord nous dit tous les quarts d’heure que notre avion a un problème et que l 'équipe de maintenance tente de le résoudre au plus vite.

Le rayon de soleil mit deux bonnes heures à traverser la totalité de l'aquarium et quand la dernière lueur quitta le fond de l'eau, on annonça enfin : «  Nous remplissons les derniers papiers et nous allons bientôt décoller ».

Enfin j'allais cesser de me sentir comme un poisson dans un aquarium et me retrouver enfin entre ciel et terre.

Le poisson doré grimpa alors sur le dernier rayon du soleil couchant et disparut avec lui dans la mer en pensant : «C'est plus facile que je ne pensais de redevenir un poisson libre».

2122-13 Anne - s-l300

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Vacances, je n’oublie rien / Laura

 Vacances, je n’oublie rien [1].

2122-13 Laura - tuileries

Les « passantes» [2] baudelairiennes du Jardin des Tuileries devant les sculptures de la FIAC 2021. L’une demandait à l’autre : « Où partez-vous ? »

J’aurais pu répondre à sa place que « Rien ne sert de partir quand on ne sait plus voir » le ciel de nos paysages quotidiens. Pendant ma « Nostalgie du mardi soir », j’ai pensé à "La jeune femme qui marche dans la rue Saint-Martin avec les gestes encore gauches de l’adolescence possède de grands yeux naïfs, prompts à s’émerveiller. » C’était moi, à la recherche d’un des lieux de vie de Nerval avec toi qui faisais vivre mes rêves.

Ces vacances n’ont jamais été « une évasion » qui désigne une fuite hors d’un endroit déterminé, le fait de s’échapper d’une prison pour un détenu  ou les cadenas sur les ponts de Paname et d’ailleurs car je me suis toujours sentie libre avec toi, y compris de t’aimer. Je me demande souvent si ta mort était une fuite, un lâcher prise de notre vie à deux. Seul, t’es-tu laissé partir ? Se dit-il maintenant que «c’est plus facile que ce qu’il pensait ; le voici déjà entre ciel et terre. » ?  J’attends un signe de cet ange qui me dirait que nous deux, c’était pour de vrai.

[1] https://www.paroles.net/elegance/paroles-vacances-j-oublie-tout

[2] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2014/08/02/a-une-passante-5421716.html

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O comme odeur / Adrienne

2122-13 Adrienne - Grèce pexels-photo-3264723

Photo de Alex Azabache sur Pexels.com


– Eh bien? Qu’est-ce que vous faites? lance Cindy, tout étonnée de voir Mme de B*** assise à table en train de griffonner, au lieu de l’attendre dans son fauteuil comme d’habitude.

– Vous le voyez bien, ma petite Cindy : j’écris!

– C’est vos cartes de vœux, peut-être? Moi y a longtemps que j’en écris plus!

Cindy jette ses affaires au portemanteau et booiinng le casque de moto sur le petit meuble de l’entrée.

Inutile de s’énerver, pense Mme de B***, elle ne changera jamais.

Elle en est encore à se demander si elle va lui répondre qu’elle écrit une nouvelle pour un concours organisé par son magazine quand elle se rend compte que Cindy ne l’écoute déjà plus.

– Faudra que je retourne chez le docteur. Pour mon poignet. Je vais lui dire de me mettre en congé. Comme ça je serai à la maison pour Matteo. Rapport à ses examens de décembre…

– Ah oui, je vois.

– Bon, je vous laisse à vos écritures, je me mets au travail, plus vite ce sera fait, plus vite je peux rentrer !

« La marquise de B*** a trente ans, le teint frais, le nez court, les yeux noirs ; elle préfère l’été à l’automne et les remords aux regrets » relit-elle, dans le but de reprendre le fil de son écriture. Mais c’est compter sans l’ouragan qui sévit dans sa cuisine.

Pauvre Matteo, se dit Mme de B***, il serait bien plus tranquille pour préparer ses examens si sa mère allait au travail…

Son but est d’écrire une sorte de "folle journée de Mme de B***" , avec des quiproquos amoureux, des portes qui claquent, une petite touche de Mozart et de Beaumarchais, mais transposé sur une île grecque.

Oui, pourquoi une île grecque ? La voilà qui hésite.

Elle n’a jamais mis les pieds en Grèce.

Peut-on parler d’un pays dont on ne connaît même pas l’odeur ? Est-ce que la plage y sent plutôt la mer ou les pins ? Ou l’huile à bronzer ?

– Ben quoi, vous êtes où, là ? fait Cindy, campée devant elle, les poings sur les hanches. Ça fait bien trois fois que je vous parle et que vous répondez même pas !

– Oh ! pardon, ma petite Cindy. Je crois que j’étais en Grèce, sourit Mme de B***.

– En Grèce ? Qu’est-ce qu’y mangent, là-bas ? J’ai justement pas d’inspiration pour ce soir.

– De la moussaka ? propose Mme de B***. De la feta ? Des feuilles de vigne ?

– Beurk non, je vais plutôt faire des frites, tout le monde aime ça !

La voilà, mon île grecque ! se dit Mme de B*** en refermant son cahier.

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L’été sur toutes les lèvres / Jeanne

John Salminen12

Je continue ma promenade dans Paris que les grandes vacances n’ont pas encore changé en ville fantôme. A certaines périodes de l’année, et surtout en août comme aujourd’hui, les villes sont toutes changeantes. Du tout au tout elles ne deviennent plus que carcasses et bafouilles ou alors elles deviennent impénétrables.

Il n’est parfois plus possible de rentrer chez soi à l’heure dans sa propre ville. Touristes, fonctionnaires, touristes, touristes et encore touristes. Il m’arrive de ressentir un peu de rage, de petits soupçons seulement, mais cela me laisse de marbre devant mon volant. A ce moment-là, je désespère et je soupire devant une telle intensité dévastatrice qui s’appelle « la ville ».

Alors, sous la pluie tombant à flot, je regarde cette lignée de phares à la file derrière moi. Je coupe la radio et j’écoute… La pluie qui tapote violemment ma voiture, les essuie-glaces grincheux et les voitures qui passent à toute vitesse sur les voies alentour. J'aperçois deux personnes dans une voiture à ma droite, très charmantes d’apparences comme ça. Elles rigolaient ensemble, les yeux dans les yeux. Ce n’était pas simplement des rires vous voyez, c’était plus fin que ça et plus complexe en même temps. C’était poivré de complicité, d’affection, d’attente. Ce n’était qu’une vision de quelques secondes ou une minute peut-être mais ça se sentait que ces deux là n’avaient pas hâte d’arriver. Peut-être étaient-elles au cours d’un long voyage ou peut-être rentraient-elles du restaurant ? Je n’en savais rien, mais moi… j’avais hâte de rentrer. C’était ma plus grande hâte !

John Salminen8Ces personnes étaient heureuses à cet instant là, dans leur Clio, elles ne voulaient pas arriver. Pour eux, que l’été soit pluvieux, ils s’en foutaient puisqu’ils étaient amoureux. La ville me propose parfois des visions de bonheur et d’autres fois d’horreur. Celle-ci à vrai dire, je ne sais pas à quelle catégorie elle appartient. Elle me présente le bonheur complice de deux êtres mais elle me ramène surtout à une réalité à laquelle je n'ai pas su me faire : le fait que je suis seule. Personne ne m’attend à la maison, moi.

Alors là je me suis dit une chose qui est retournée aussi vite se loger là d’où elle venait : il faut fuir, s’arracher à la ville, à la torpeur moite qui s’y installe ; mais aucun train, aucun avion ne mène au pays que je voudrais rejoindre...

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Sous la pluie / Jean-Paul

210722 Nikon 082 recadrée

Ils me plaisent bien, ces deux-là ; je leur adresse mes vœux muets de bonheur tandis qu’ils tournent dans la rue Dupuis, pressent le pas sous l’averse qui éclate.

Et puis non, tiens ! Je vais aller leur dire tout de go qu’ils ont raison de s’aimer malgré les bonnes sœurs qui vous confisquent « Madame Bovary », malgré les curés qui mettent Emile Zola à l’index et l’index où il ne faut pas, malgré les talibans et les pétainistes.

Alors moi aussi je tourne dans la rue Dupuis et là j’ai la surprise de ma vie ! Je ne suis plus à Paris, je suis au Japon ! Les enseignes pleines d’idéogrammes clignotent, se reflètent dans les flaques. La pluie a constellé mes lunettes de gouttes qui me donnent une perception hamiltonienne du dépaysement soudain. Et malgré cela, le couple de jeunes gens, je l’identifie : c’est Pierre et Manon !

Qu’est-ce qui est arrivé à la rue Dupuis ? Suis-je tombé avec elle dans une faille spatio-temporelle ? Est-ce parce que j’ai mentionné David Hamilton, photographe des années 70 assez flou en son centre et peut-être pédophile sur les bords que je me retrouve entouré de Renault 16, de DS 19 et de Simca 1000 dans un Japon de pacotille ?

Et si Pierre et Manon ont vingt ans, est-ce que j’ai moi aussi retrouvé cet âge-là ? Pierre est né juste un jour avant moi. Un coup d’oeil dans une boutique de miroiterie me le confirme. J’ai sur mon nez mes premières lunettes à monture d’écaille, je suis coiffé avec cette raie à gauche dans les cheveux et cette mèche qui tombe sur l’oeil droit, je porte encore un pull à bandes horizontales et un K-Way vert franc sur un jean en velours. Il manque juste le sous-pull à col roulé mais c’est parce que le pull l’est déjà, à col roulé.

Par contre, dans la tête, je le sens bien, je suis toujours le même vieux crabe qu’en 2021 ! Est-ce que j’ai le droit, du coup, de m’approcher de mes anciens amis et de leur dire ce que je sais de leur avenir ?

Me croiront-ils seulement ? Sous le parapluie, le couple arrêté échange des baisers quasi-clandestins. Si je les préviens de ce qui les attend, je me demande si Pierre et Manon iront sur leur île grecque, s’ils y vivront un jour d’amour et d’eau fraîche et puis, à force d’y retourner tous les ans, d’autres jours de reproches et d’engueulades jusqu’à leur rupture définitve avec des mots cruels et aucun retour en arrière possible pour eux.

Ils ont repris leur marche à pas rapides. La fatigue commence à alourdir les miens. Je m’élance derrière eux, les rejoins, dégoulinant de pluie. Je tape sur l’épaule de Pierre.

Ce n’est pas Pierre, ce n’est pas Manon. Ce sont deux Japonais ! Je m’excuse en agitant stupidement les mains et en répétant plusieurs fois « Sorry ! Sorry ! ».Visiblement ils ne comprennent rien à la situation puis ils sourient et vont s’abriter sous le dais trempé d’un hôtel de luxe.

Que faire ? Que faire d’autre pour ne pas avoir l’air d’un con « lost in translation » sans aucune Scarlett qui me réconforte d’une présence et me nourrisse d’espoirs inavouables ?

Oui, c’est ça, disparaître, poursuivre mon chemin et tourner à droite pour me trouver hors de leur vue. Et la première à droite, justement, c’est encore autre chose.

La jeune femme qui marche dans la rue Saint-Martin avec les gestes encore gauches de l’adolescence possède de grands yeux naïfs, prompts à s’émerveiller. Elle aussi, je la connais. C’est la marquise de B***, elle a trente ans, le teint frais, le nez court, les yeux noirs. Elle préfère l’été à l’automne et les remords aux regrets.

210722 Nikon 049 recadréeIl n’y a plus d’enseignes japonaises ici mais des maisons à colombage, une atmosphère de ville de province. Au bout de la rue on aperçoit la mer. En bordure de plage une oriflamme arbore au vent les deux lions jaunes sur fond rouge qui symbolisent la Normandie. Trouville ! C’est parfait, ça va me rafraîchir ou plutôt me sécher. Déjà il ne pleut plus et la rue Dupuis n’est plus qu’un lointain souvenir. Je rejoins ma jeune épouse. Nous sommes mariés depuis une semaine. Tout va très bien avec Madame la marquise ! La voilà, mon île grecque à moi !

Si je veux perpétuer cet état de bonheur, je sais ce qui me reste à faire : oublier l’avenir et ne plus jamais tourner dans une rue à droite !

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