Dillon 21 coloriée et réduite dans goart 1

Assise près du feu brillant
Une douce torpeur m'envahit
Mes paupières se ferment
Et je m'endors

Je ne suis plus une jeunesse, c'est sûr
Et depuis que je suis entrée par erreur
Dans ma soixante dixième année
Je pense à mon futur
Un peu mais pas trop quand même

Dans les brumes du rêve
- ou faut il dire du cauchemar ? -
Voilà qu'apparaît
La vieille tante Koba

Assise auprès de son poêle
Dans son fauteuil à bascule favori
La cafetière à portée de main
Un pied trempant dans l’eau chaude
Pour soigner son rhumatisme
Les yeux fermés de béatitude
Les bras croisés sur son corps amaigri
Les cheveux en pétard
Elle somnole et se souvient

Mais ce pyjama vert
Je le connais !
Ces bottines à lacets
Me rappellent quelque chose !
Ce grain de beauté sur le bras droit
Ces gros orteils trop longs
Mais
Ce sont les miens !
Mais ce n’est pas tante Koba
C’est moi
Moi très bientôt
Sur ce fauteuil a tète de chats
Qui est dans mon salon
Depuis qu’est partie
Tante Koba

D’ailleurs j’entends
Le grincement de la charrette de l’Ankou
Et le tintement des os
Et au moment où elle s’approche
Avec sa grande Faux
Je me réveille en sursaut
Cauchemar ou prémonition ?
Qui pourrait le dire ?