Un printemps ! Quel drôle de printemps !

AEV_1920_27_Eliane_geste_barri_reCela avait commencé bien avant les premiers jours d'avril.
La lettre du Président était formelle :

Il fallait éviter de se frotter à ses concitoyens,
D'abord respecter une distance de sécurité,
Se laver les mains souvent, dès que nous étions sortis
Et pas d'embrassade, se saluer avec le coude.

Puis il fallut rester confiné dans sa maison
Même s'il s'agissait d'une maison vide. 

AEV 1920-27 ElianeAffiche prévention-Coronavirus

Ce que je crains, disait le président,
C'est que le virus se propage à la vitesse de la lumière,
Que les malades se multiplient,
Envahissent les urgences, les salles de réanimation,
Que les soignants soient débordés
Ne puissent plus nous soigner.

Nous étions assommés,
Nous n'avions plus aucun libre arbitre,
Nous nous sentions comme
Un morceau de bois balloté par les événements
Dans une mer d'anxiété.

Mais comme il ne faut pas partir déjà
Nous nous sommes montrés bons élèves
Et avons respecté les consignes.

Pour certains la route était devenue solitaire,
Une chanson devenue vite trop monotone :
La joie est tombée dans l'herbe.

On se disait « Que c'est long ! »
Mais nous devions nous accrocher
Sinon la terre tournerait sans nous,
L'ennemi invisible aurait gagné.

S'accrocher, et puis après, demain,
Tu retrouveras la vie ;
Notre monde un jour retrouvera ses couleurs

Dans les rues, dans les villes, dans les campagnes,
Nous croiserons à nouveau les gens qui vont,
Nous nous réveillerons dans les matins bleus,
Il y aura un autre printemps plus lumineux
Bercé par la complainte de l'oiseau
Qui, lui, n'a jamais cessé de chanter.