AEV 1819-04 Eliane 3094517787_1_3_0IgkWikoMandoline de Villejean porte des jupes longues, des chaussures compensées et des fleurs dans les cheveux. Elle est adepte du « Faites l'amour, pas la guerre. » et de l'amour libre. Elle a deux enfants et ne sait pas très bien qui en est le père. Elle laisse la communauté en être responsable autant qu'elle-même.

On lui a rapporté qu'un soir où il faisait particulièrement sombre, après avoir fumé plus que d'habitude, elle déambulait dans le quartier en demandant inlassablement : « Mais qui a éteint la pleine lune ? ».

Elle ne se pose pas la question de savoir ce que sera son avenir ou celui de ses enfants, elle pense qu'il y aura toujours quelqu'un pour elle. Elle pense que le passé n'a jamais épuisé l'avenir. Que tout est possible, qu'elle s'adaptera à la situation.

Mais elle finira sans doute par se poser et devenir une parfaite petite bourgeoise très sage.

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AEV 1819-04 Eliane les fonctionnairesGaston de Villejean travaillait aux PTT (Postes, Télégraphe et Télécommunications). Il était commercial, chargé de vendre des abonnements téléphoniques. Tâche dont il s'acquittait très bien. A 40 ans il était encore célibataire. Trop sérieux, trop tatillon. Les jeunes femmes s'ennuyaient très vite en sa compagnie. Et comme il n'était pas porté sur la bagatelle, il n'insistait pas. Il aimait bien son petit train-train quotidien.

Lors des réunions professionnelles, aux moments des pauses, il y avait toujours un petit rigolo pour lui lancer : « Eh, Gaston, y a le téléphon qui son ! » Cela ne le déridait même pas, il n'avait aucun sens de l'humour.

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Rosalie est une femme toute mignonne, rousse, bouclée. Elle est mariée depuis presque 10 ans avec Marius de Villejean. Ils habitent un coquet pavillon près de Rennes, ont deux enfants, ont des amis, reçoivent.

Rosalie s'acquitte très bien de son rôle d'épouse et de mère. En même temps elle s'investit dans une association d'aide aux devoirs à la Maison de quartier de Villejean à Rennes.

Marius est cadre bancaire.

Marius et Rosalie forment un couple exemplaire aux yeux de tous.

Mais que sait-on vraiment de leur intimité ? J'aimerais demander à leur porte d'entrée de livrer ses secrets. Car une porte regarde aussi bien dehors que dedans.

Pourtant il ne faudrait pas divulguer ses confidences car la parole est comme un œuf, à peine éclose elle a déjà des ailes.

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