Hier encore, tout enseignant, avait le droit de botter le train des élèves. Une de mes collègues de Villejean appelait ce geste : « l'électrochoc du pauvre ». Il faut savoir qu'il fallait pour bien faire être plutôt bien chaussé.

Pour cela, monsieur Jeannot le dernier botte-train de Paris tenait boutique à l'enseigne : « Au coup d'pied dans l'cul ». Lui-même, bien équipé, devait pouvoir dire à tout contrevenant : « Tu vas tâter de mon 51 fillette !».

Plonk 01 Bottetrain

Désormais, je ne vous apprendrai rien, c'est formellement interdit de même que le trousse-chemise pour donner la fessée. Tout cela est passé au titre des plaisirs démodés.

Je peux donc vous jurer sur ma vie que je n'ai usé d'aucun de ces sévices. Quand je grondais très fort et qu'au fond de moi, je me disais: « Ma fille, tu t'laisses aller », j'avais les deux guitares en moi qui se répondaient : « tu as raison, tu as tort, tu as raison, tu as tort ».

Jusqu'au jour où un enfant me dit :

- Quand tu grondes on n'a pas peur car tu grondes comme la Mamma. » Et pourtant combien de fois ai-je regretté un emportement passager.

A y bien regarder, au fond, le petit coup de pied au cul est assez drôle. C'est un classique des gags. Laurel et Hardy et les clowns le pratiquaient avec bonheur. Et si en souvenir de Monsieur Jeannot nous remettions cela au goût du jour, ne serait-ce que pour les politiques ? Il me revient une phrase entendue dans mon enfance : « Ah ! Il y a des coups de pied au cul qui se perdent ».

Qu'en pensez-vous?

- Bien profond, jusqu'au colon !